Les pays du monde entier investissent plus que jamais dans leur armée. C’est le cas du Canada qui va maintenant y investir 2% de son PIB.
Mais il existe des nations qui ont fait un tout autre choix.
Pas de soldats. Pas de tanks blindé.. Pas de missiles. Et pourtant, elles tiennent bon.
C’est le cas du Costa Rica, un petit pays qui a décidé de miser sur autre chose que la guerre.
L’emblématique pays d’Amérique centrale est devenu le premier endroit au monde à avoir officiellement aboli son armée dans sa constitution.
1948: des élections générales mouvementées
Ça fait plus de 75 ans qu’il n’y a plus d’armée au Costa Rica.
En 1948, les élections générales au Costa Rica ont été marquées par des controverses, des violences et de la fraude électorale.
C’est que le Congrès a refusé la victoire du candidat de l’opposition, Otilio Ulate Blanco, au profit du parti au pouvoir.
L’opposition crie alors à la fraude, ce qui provoque une révolte populaire et une guerre civile de 44 jours, menée par José Figueres Ferrer.
Sa «Légion des Caraïbes» prend rapidement le dessus. Résultat: environ 2 000 morts. Figueres devient président temporaire et instaure une démocratie.
Le 1er décembre 1948, il abolit l’armée, une décision historique pour un pays indépendant.
Sa dissolution n’a pas suscité de débat national, ni de grandes réactions politiques.
Il faut dire que l’armée au Costa Rica était une institution faible avec des effectifs d’environ 1000 militaires, peu entraînés.
José Figueres a aussi pris cette décision par préservation: il craignait que cette armée, même faible, ne devienne un allié de ses adversaires politiques.
Des fonds réinvestis
Un an plus tard, en 1949, l’abolition de l’armée est officialisée par l’adoption d’une nouvelle constitution.
L’argent qui servait à financer l’armée a été redirigé vers l’éducation et la santé. Et ça semble porter ses fruits.
Par exemple, l’espérance de vie à la naissance au Costa Rica est de 77,7 ans, ce qui est supérieur à l’espérance de vie moyenne à la naissance de la population mondiale.
Près de 98% des Costaricains savent aujourd’hui lire et écrire.
Les actions de Figueres Ferrer ont eu un impact significatif sur le développement du Costa Rica, favorisant la stabilité politique, le développement social et l’investissement dans l’éducation et la santé.
Cela explique pourquoi Figueres Ferrer a été l’un des politiciens les plus importants de l’histoire du pays.
Se défendre sans armée
Un pays sans armée s’expose-t-il aux agressions étrangères? Pas selon l’ancien président costaricain Óscar Arias Sánchez, qui a reçu le prix Nobel de la paix en 1987:
«Certains pensent que nous sommes vulnérables parce que nous n’avons pas d’armée. C’est exactement le contraire. C’est parce que nous n’avons pas d’armée que nous sommes forts.»
Sans armée pour se défendre, le Costa Rica enverrait donc aussi le message qu’il n’a aucune volonté d’envahir ou de déclarer la guerre à ses voisins.
Mais c’était quand même un pari risqué… le Costa Rica pouvait craindre un conflit avec le Nicaragua, gouverné par la dictature de Somoza.
Pour éviter de tels développements, le Costa Rica a signé plusieurs pactes de non-agression et des accords de protection au fil des années.
L’abolition de l’armée ne signifie pas que le Costa Rica ne dispose pas d’une force armée.
Il existe un corps de police, bien plus nombreux que l’ancienne armée, avec plus de 5000 hommes qui luttent contre le commerce de drogue ou la contrebande de médicaments.
En cas de conflit par exemple, le pays d’Amérique centrale pourrait recevoir du soutien des États-Unis, avec qui il entretient de bonnes relations depuis des décennies.
La démilitarisation du Costa Rica a aussi contribué à améliorer ses relations avec les autres pays d’Amérique centrale.
D’autres nations sans armée
Le Costa Rica n’est pas un cas unique: près d’une trentaine de pays dans le monde n’ont pas d’armée.
Islande
L’Islande n’a pas d’armée permanente depuis 1869. Le pays nordique fait par contre partie de l’OTAN, ce qui veut dire qu’il bénéficie d’accords de défense, notamment avec les États-Unis et d’autres pays membres.
Panama
Petit pays d’Amérique centrale, Panama n’a plus d’armée depuis les années 90.
Le pays possède tout de même une police nationale et un service national des frontières entre autres.
Liechtenstein
Le Liechtenstein, un pays situé entre l’Autriche et la Suisse n’a pas d’armée depuis 1868.
C’est que la principauté a décidé de supprimer l’armée parce que ça coûtait trop cher!
Depuis, le pays européen est protégé par la Suisse.
Le Liechtenstein dispose quand même d’une unité spécialisée pour maintenir la sécurité à l’intérieur du territoire.
