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Mobilisation en France: les lycéens de nouveau dans la rue avec l’appui inattendu de Greta Thunberg

«Ils ne nous écoutent pas, on va les chercher.»

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En colère, des milliers de jeunes toujours mobilisés en France malgré la reprise des cours Voyez notre entrevue avec le journaliste basé à Paris Pierre Tremblay.

Rejoints devant un lycée par la Suédoise Greta Thunberg et par des avocats, des élèves et étudiants ont repris les blocages en France mardi, avant de nouvelles manifestations que le gouvernement espère voir décélérer à l’approche des vacances scolaires.

La militante écologiste de 23 ans s’est jointe aux manifestants devant le lycée Paul-Eluard dans la commune populaire de Saint-Denis, au nord de Paris, un des épicentres de ce mouvement qui se poursuit depuis le 17 septembre, à six mois de l’élection présidentielle.

Devant cet établissement, une vingtaine d’avocats en robe noire sont venus organiser une «chaîne» pour «protéger les lycéens», alors que la mobilisation a été marquée par des violences et une dénonciation du comportement des forces de l’ordre envers des manifestants mineurs.

La militante Greta Thunberg prend la pose alors qu'elle participe à un rassemblement devant le lycée Paul-Éluard, lors d'une manifestation contre le manque de moyens dans les établissements scolaires à Saint-Denis, en banlieue parisienne, mardi 13 octobre 2026. La militante Greta Thunberg prend la pose alors qu'elle participe à un rassemblement devant le lycée Paul-Éluard, lors d'une manifestation contre le manque de moyens dans les établissements scolaires à Saint-Denis, en banlieue parisienne, mardi 13 octobre 2026. (John Leicester/AP Photo/John Leicester)

À Paris, où plusieurs lycées et universités ont été bloqués dès avant l’aube, la manifestation doit s’élancer à 14h pour aboutir sur l’esplanade des Invalides, non loin des bureaux du premier ministre Sébastien Lecornu et du ministère de l’Éducation.

«Ils ne nous écoutent pas, on va les chercher», a annoncé l’Union étudiante sur X, alors que des organisations lycéennes et étudiantes demandent depuis plusieurs jours à être reçues par M. Lecornu. Dans la capitale, un appel à une autre manifestation, non déclarée, circule sur les réseaux.

Quelque 200 lycées devraient être fermés ce mardi, selon le ministre de l’Éducation Édouard Geffray qui a évoqué sur France Inter une «décrue par rapport aux semaines précédentes».

«On ne lâchera pas»

À l’appel de cette cinquième journée d’action, l’Union syndicale des lycéens exige toujours la suppression de la plateforme d’orientation Parcoursup — également réclamée par le leader de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon — et un plan de 10 milliards d’euros pour les lycées.

À Rennes (ouest), la mobilisation a débuté avant l’aube devant le lycée Jean-Macé, sous le regard du personnel administratif de l’établissement. «On essaye d’organiser des roulements pour les blocus, car c’est compliqué de se lever vers 5h tous les jours», dit Lily, qui craint que la mobilisation ne «s’essouffle».

«Le 17 octobre va raviver le mouvement», veut croire Albane, autre élève de terminale en référence à un appel à manifester samedi «contre la vie chère».

Nouvelle journée de mobilisation de la jeunesse en France Des manifestations lycéennes étaient prévues dans les grandes villes de la France jeudi pour dénoncer l’insalubrité des bâtiments, des classes surchargées et des absences de professeurs non remplacés, particulièrement dans les quartiers populaires.

De son côté, le gouvernement dit constater une décélération du mouvement. Lundi, 96,5% des établissements étaient ouverts, et 130 établissements fermés, contre 172 vendredi, selon le ministère de l’Éducation, qui n’a toutefois pas communiqué sur les autres perturbations.

«On a conscience que le gouvernement attend les vacances, mais on ne lâchera pas tant qu’on n’a pas d’annonces», assène Enki Falqui, 16 ans, dont l’établissement à Montpellier (sud-est) est bloqué mardi.

Déploiement policier

La mobilisation doit se faire «dans le calme, dans l’ordre et dans le respect à la fois des personnes et des biens», a demandé le président Emmanuel Macron, dont la parole est rare depuis le début du mouvement.

Le déploiement policier constaté à Bayonne (sud-ouest) par une journaliste de l’AFP ce mardi matin semblait témoigner de cette volonté de maintien de l’ordre. Devant le lycée Louis-de-Foix, une dizaine de fourgons de CRS bouclaient le quartier avant 08H00.

Une forme d’intimidation, estiment Lucia, 16 ans, et Stella, 15 ans, critiquant ces moyens «disproportionnés». «On va essayer de faire une manifestation, mais on n’est pas sûr d’y arriver», ajoute Lucia.

Démarré mi-septembre en région parisienne, le mouvement s’est étendu partout en France pour demander plus de moyens et protester contre la pression de Parcoursup, les professeurs non remplacés, les bâtiments délabrés ou des emplois du temps trop chargés.

Des élèves brandissent une pancarte sur laquelle on peut lire « Qui nous protège de la police ? » alors qu'ils se tiennent devant l'école Hélène Boucher, l'une des écoles sous-financées de Paris, mardi 13 octobre 2026. Des élèves brandissent une pancarte sur laquelle on peut lire « Qui nous protège de la police ? » alors qu'ils se tiennent devant l'école Hélène Boucher, l'une des écoles sous-financées de Paris, mardi 13 octobre 2026. (Teresa Suarez/AP Photo/Teresa Suarez)

Après avoir privilégié le maintien de l’ordre face à des violences et des affrontements — un mineur a notamment eu une main arrachée et un autre a perdu un œil — le gouvernement a graduellement présenté des réponses plus politiques, sans convaincre les organisations lycéennes.

L’arrivée immédiate de 3000 professeurs remplaçants a été annoncé en fin de semaine dernière et selon la porte-parole du gouvernement, ce «déploiement a commencé».

Sébastien Lecornu a aussi indiqué que le gouvernement déposerait des amendements au projet de budget pour 2027 reprenant «certaines propositions formulées» par les lycéens.