Conflit au Moyen-Orient

Kristi Noem blâme les «manifestants violents» pour les troubles devant le Sénat

Mme Noem a défendu le traitement réservé par son agence aux immigrants pris dans les descentes et a reproché aux activistes les attaques contre ses agents.

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La secrétaire américaine à la Sécurité intérieure, Kristi Noem, témoigne au Sénat, à Washington, le 3 mars 2026. Photo AP/J. Scott Applewhite La secrétaire américaine à la Sécurité intérieure, Kristi Noem, témoigne au Sénat, à Washington, le 3 mars 2026. (J. Scott Applewhite)

La secrétaire américaine à la Sécurité intérieure, Kristi Noem, a témoigné mardi devant le Sénat.

Il s’agissait de sa première comparution devant le Congrès depuis que la mort par balle de deux manifestants à Minneapolis a suscité une opposition généralisée à la manière dont l’administration Trump met en œuvre son programme de déportation massive.

La comparution de Mme Noem devant la commission judiciaire intervient également après une fusillade survenue cette fin de semaine dans un bar du Texas, faisant l’objet d’une enquête pour acte terroriste potentiel et suscitant des inquiétudes quant aux répercussions que l’escalade du conflit en Iran pourrait avoir sur la sécurité aux États-Unis.

Les mesures prises par son département en matière d’immigration ont déclenché un conflit au Congrès au sujet de son financement, qui reste en suspens.

Mme Noem a défendu le traitement réservé par son agence aux immigrants pris dans les descentes et a reproché aux activistes les attaques contre ses agents. Elle a également critiqué les démocrates pour la confrontation sur le financement au Congrès.

Mme Noem était apparue au Congrès pour la dernière fois en décembre. Depuis, le programme du président Donald Trump en matière d’immigration et son application par le département de la Sécurité intérieure ont rencontré une résistance farouche dans le Minnesota, qui a culminé avec la mort de deux manifestants, tous deux citoyens américains, aux mains des agents fédéraux de l’immigration.

Dans le cadre d’une initiative initialement présentée comme un effort pour éradiquer la fraude dans le Minnesota, le département de la Sécurité intérieure a finalement envoyé des centaines d’agents de l’ICE (Immigration and Customs Enforcement) et du CBP (Customs and Border Protection) dans cet État.

Ils ont été accueillis par des manifestants qui ont organisé des marches, patrouillé dans les quartiers pour interrompre les opérations de l’ICE et apporté de la nourriture à des migrants trop effrayés pour quitter leur domicile.

Renee Good a été tuée par balle par un agent de l’ICE le 7 janvier, déclenchant de vives protestations de la part des politiciens et des habitants du Minnesota. Puis, le 24 janvier, des agents des douanes et de la protection des frontières ont ouvert le feu sur un autre habitant de l’État, Alex Pretti, qui filmait les opérations de contrôle.

Mme Noem, dont les premiers commentaires présentaient Mme Good et M. Pretti comme les agresseurs, a été vivement critiquée par les démocrates et même par certains républicains, qui ont demandé sa démission.

Après l’indignation publique suscitée par ces décès, le président Trump a envoyé son tsar des frontières, Tom Homan, à Minneapolis pour prendre le contrôle des opérations sur le terrain.

M. Homan a depuis annoncé le retrait des agents de l’ICE et du CBP qui avaient été envoyés dans le Minnesota, tout en affirmant que le programme de déportation massive du président se poursuivrait.

Mme Noem a dû répondre aux questions des démocrates, qui affirment que les agents sous son contrôle ont abusé de leur pouvoir, fait usage d’une force excessive et violé les droits constitutionnels des personnes dans le cadre de la mise en œuvre du programme d’expulsion.

Le sénateur Dick Durbin, principal démocrate de la commission, a interrogé Mme Noem à plusieurs reprises sur les commentaires qu’elle a faits immédiatement après la mort des deux victimes de l’ICE. Il lui a demandé de présenter ses excuses.

«Vous et votre agence vous êtes empressées de qualifier ces victimes de “terroristes nationaux”, a rappelé M. Durbin. Nous disposons de nombreuses preuves vidéo et de témoignages oculaires qui prouvent que vous avez tort. Vos déclarations ont causé une douleur incommensurable à ces familles.»

Mme Noem a affirmé qu’elle s’était appuyée sur les informations fournies par des personnes présentes sur les lieux et a reproché aux «manifestants violents» d’avoir contribué au chaos auquel les agents ont été confrontés.

Le département de la Sécurité intérieure a souvent imputé les conflits dans des villes comme Minneapolis et Chicago, où il mène des opérations de contrôle de l’immigration, aux politiciens démocrates qui, selon lui, encouragent les gens à s’opposer aux agents lorsqu’ils tentent de procéder à des arrestations.

Mme Noem doit également comparaître mercredi devant une commission de la Chambre des représentants.