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De nouveaux professionnels de santé se mettent en grève au Congo

Le nombre de cas confirmés d’Ebola au Congo a atteint 2973, dont 1309 décès, selon les données gouvernementales publiées vendredi.

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Des détritus brûlent pendant une manifestation à Bunia, au Congo, le 25 juillet 2026. AP/Constant Same Bagalwa Des détritus brûlent pendant une manifestation à Bunia, au Congo, le 25 juillet 2026. AP (Constant Same Bagalwa)

Le personnel de santé d’un centre de traitement d’Ebola situé dans l’est du Congo s’est mis en grève samedi pour réclamer le paiement de ses salaires. Ce mouvement de grève a perturbé la prise en charge des patients dans l’épicentre de l’épidémie qui se propage rapidement dans le pays.

Le nombre de cas confirmés d’Ebola au Congo a atteint 2973, dont 1309 décès, selon les données gouvernementales publiées vendredi, dans ce que les autorités qualifient d’épidémie à la croissance la plus rapide jamais enregistrée.

Le centre de traitement d’Ebola Elikya, situé à Bunia, dans la province d’Ituri, s’est retrouvé paralysé après que des médecins, des infirmiers et le personnel de sécurité eurent cessé le travail.

Une centaine de professionnels de santé ont manifesté samedi devant le centre de traitement. Ils ont déclaré que le non-paiement des primes sapait leur moral et perturbait la prise en charge des patients. Ils ont appelé les autorités congolaises à régler les arriérés de salaire afin qu’ils puissent reprendre le travail.

«Nous devons être payés, car, entre-temps, la maladie se propage au sein du centre de traitement», a dit l’un des grévistes, Martin Bolombi. J’ai déjà vu mourir cinq personnes qui se trouvaient encore à l’intérieur. Il faut trouver une solution pour nous.»

Dans un communiqué publié vendredi, le personnel a indiqué avoir voté à l’unanimité en faveur d’une grève jusqu’à ce que des «solutions concrètes» soient trouvées pour régler la question des «deux mois de primes de performance impayées».

Cette grève intervient au lendemain de la visite de la première ministre congolaise, Judith Suminwa, en Ituri, où elle a visité les principaux centres de traitement, à Rwampara et à Mongbwalu, afin d’évaluer la réponse apportée à l’épidémie. Lors de sa visite à Mongbwalu, elle a été confrontée aux revendications urgentes du personnel de santé qui manifestait pour dénoncer les problèmes de paiement.

Le Dr Adelard Lufungula, responsable des opérations de lutte contre Ebola, a déclaré samedi que le problème de paiement était «en voie d’être résolu», les travailleurs étant désormais payés par virement mobile plutôt qu’en espèces, et que l’arriéré «devrait être réglé» dans les prochains jours.

La semaine dernière, les professionnels de santé de l’hôpital général de Bunia, le plus grand centre médical de la région, s’étaient déjà mis en grève pour protester contre le non-paiement de leurs salaires. Certains ont déclaré à l’Associated Press qu’ils n’avaient reçu aucun paiement depuis qu’ils avaient commencé à travailler au début de l’épidémie.

L’Organisation mondiale de la santé indique que plus de 100 professionnels de santé ont été infectés depuis le début de l’épidémie.

Ce pays d’Afrique centrale lutte depuis le 15 mai contre l’épidémie d’Ebola causée par le virus rare de Bundibugyo. Au total, 766 patients sont toujours en isolement ou hospitalisés, tandis que 540 se sont rétablis à ce jour, selon les données du ministère congolais de la Santé.

La province orientale de l’Ituri concentre près de 90 % des cas confirmés.

L’épidémie continue de se propager plus rapidement que les autorités sanitaires ne peuvent la suivre, malgré une mobilisation croissante. L’un des principaux défis réside dans le fait que le «patient zéro» n’a toujours pas été identifié, tandis que les déplacements de population liés au conflit armé et à l’exploitation minière illégale dans la région compliquent le traçage des milliers de personnes ayant été en contact avec des individus infectés.

La riposte est également entravée par un déficit de financement, des attaques contre des centres de santé, un conflit en cours dans l’est du Congo et la méfiance au sein des communautés locales.

Il n’existe par ailleurs aucun vaccin ni traitement approuvé contre le virus Bundibugyo, contrairement au virus Zaïre, plus courant, pour lequel il existe un vaccin et qui était à l’origine de la plupart des 16 épidémies de la maladie survenues au Congo par le passé.

Le recrutement pour une étude très attendue portant sur deux traitements potentiels contre Ebola a récemment débuté en Ituri.

L’OMS estime que le risque mondial de propagation de l’épidémie en dehors de l’Afrique centrale est faible, soulignant qu’Ebola se transmet par contact direct avec les fluides corporels d’une personne infectée plutôt que par voie aérienne, ce qui rend sa propagation beaucoup plus difficile que celle des virus respiratoires.