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Ce qui attend Christa Pike après son exécution ratée

«Nous nous trouvons dans une situation sans précédent avec Pike, dans la mesure où elle a survécu à son exécution.»

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Ce qui attend Christa Pike après son exécution ratée «Nous nous trouvons dans une situation sans précédent avec Pike, dans la mesure où elle a survécu à son exécution.»

L’exécution ratée de Christa Pike au Tennessee mercredi a fait grand bruit, alors que celle qui a été condamnée pour meurtre en 1995 se trouvait toujours dans un état critique mercredi.

En dépit de sa condition de santé précaire, son statut légal demeure toujours flou au moment d’écrire ces lignes.

Le gouverneur républicain Bill Lee a en effet annoncé qu’il suspendrait la dernière exécution prévue cette année dans l’État, le temps qu’une enquête indépendante soit menée afin de «déterminer ce qui s’est exactement passé» dans cette affaire, a rapporté l’Associated Press.

«Nous devons savoir ce qui s’est passé», a de son côté partagé à CNN le bureau du procureur général du Tennessee, Jonathan Skrmetti.

Bill Lee avait déjà suspendu les exécutions en 2022 afin de procéder à un réexamen, et plus tôt cette année, l’État n’avait pas pu procéder à l’injection létale d’un condamné à mort après avoir eu du mal à trouver une veine, rappelle CNN.

Selon Randy Spivey, l’un des avocats de Mme Pike, l’appel du gouverneur en faveur d’une révision du protocole d’exécution n’est pas suffisant. Il demande au gouverneur de commuer sa peine, puisqu’elle a selon lui subi un châtiment «plus lourd que celui de toute autre personne dans l’histoire de la peine de mort aux États-Unis».

Les avocats de Christa Pike affirment d’ailleurs qu’ils avaient prévenu le tribunal que les problèmes de veines de leur cliente étaient susceptibles de compliquer l’administration de l’injection létale.

«Nous ne nous réjouissons pas d’avoir eu raison, mais les inquiétudes soulevées par Mme Pike se sont avérées fondées : accès veineux difficile, veines éclatées, pentobarbital altéré, absence de soins médicaux d’urgence disponibles lorsque les choses tournent inévitablement mal, le tout dans le cadre d’un protocole qui reste entouré de secret», ont déclaré les avocats Spivey et Kelly Gleason dans un communiqué.

D’après l’avocat Stephen Ferrell, le dénouement dramatique de mercredi correspond d’ailleurs à «la plus grande crainte» de Christa Pike. «Ce n’était pas la peur de mourir. C’était la peur d’une mort prolongée, douloureuse et traumatisante. C’est ce qui s’est produit, à l’exception de la mort», a-t-il partagé.

Un événement extrêmement rare

Le professeur à l’Amherst College et auteur de plusieurs ouvrages sur la peine de mort et l’injection létale Austin Sarat a confié à CNN que s’il n’était pas nécessairement rare qu’une exécution ne se déroule pas comme prévu, il est «extrêmement rare» qu’elle n’aboutisse pas en la mort d’un condamné à mort.

«Les cas où des personnes survivent à une exécution posent un véritable dilemme au système judiciaire. Que faire alors? », s’est-il demandé.

Le professeur précise qu’il existe certains précédents juridiques selon lesquels des détenus ayant survécu à une exécution ont été mis à mort une nouvelle fois.

Il y a 80 ans, Willie Francis, 16 ans, a ainsi survécu à son passage à la chaise électrique en raison d’un dysfonctionnement de l’appareil. Il a tenté de faire appel de sa condamnation, mais a tout de même fini par être exécuté à son deuxième passage sur la chaise électrique.

En 2009, le personnel de l’Ohio a tenté d’exécuter Romell Broom par injection létale, mais n’a pas réussi à trouver une veine ni à mettre en place une voie intraveineuse. Il a lui aussi fait appel de sa condamnation à mort, mais a été débouté par la Cour suprême de l’Ohio. Broom est finalement décédé des suites du COVID-19 en 2020 alors qu’il se trouvait encore dans le couloir de la mort, selon le Death Penalty Information Center.

Le cas de Pike diffère cependant de celui de Broom, puisque les substances mortelles de l’injection létale ont réellement pénétré dans son organisme, souligne le professeur Sarat.

«Nous nous trouvons donc dans une situation sans précédent avec Pike, dans la mesure où elle a survécu à son exécution», souligne-t-il.

Robin M. Maher, directrice générale du Death Penalty Information Center, a souligné elle aussi que ce qu’avait vécu Mme Pike était «unique et sans précédent» dans la mesure où elle a survécu suffisamment longtemps pour être transférée à l’hôpital.

Sept autres personnes ont survécu à des problèmes médicaux dus à l’incapacité de l’équipe chargée de l’exécution à trouver une veine pour administrer les substances létales, mais personne n’est resté en vie après avoir reçu les substances utilisées lors des exécutions, a-t-elle précisé.

Mme Pike aurait été la 30e personne exécutée aux États-Unis cette année.

Avec de l’information de CNN et de l’Associated Press