Économie

Immobilier au Québec: vers une stabilisation progressive du marché

Royale LePage note, entre autres, que le prix des maisons recule à Québec pour la première fois en trois ans.

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Immobilier au Québec: vers une stabilisation progressive du marché Le marché immobilier québécois montre enfin des signes d’essoufflement après des années de surchauffe. Entrevue avec Marc Lefrançois.

Bien que le prix de vente des maisons soit toujours à la hausse, le marché immobilier québécois montre enfin des signes d’essoufflement après des années de surchauffe.

Selon le dernier rapport de Royal LePage publié mardi, les acheteurs font preuve d’une plus grande rigueur financière, ce qui pousse le marché vers une stabilisation progressive, malgré des réalités très différentes d’une région à l’autre.

«Le premier signe avant-coureur d’un ralentissement dans le marché immobilier, c’est une augmentation de l’inventaire dans plusieurs marchés et c’est ce que l’on voit en ce moment : l’inventaire augmente et le nombre de transactions diminue», a fait savoir à Noovo Info Marc Lefrançois, courtier immobilier chez Royal LePage Tendance.

Synthèse des prix des maisons de Royal LePage - T2 2026.
Royal LePage - T2 2026 Synthèse des prix des maisons de Royal LePage - T2 2026. (Royal LePage)

La Capitale-Nationale se démarque

Le fait saillant de ce rapport est sans contredit le coup de frein observé dans la Capitale-Nationale. Pour la première fois en plus de trois ans, la région de Québec enregistre une baisse du prix des propriétés d’un trimestre à l’autre.

«Québec vivait une situation complètement exceptionnelle alors qu’il n’y avait jamais eu de ralentissement», a expliqué M. Lefrançois. «Québec était le seul marché qui semblait ne jamais être sorti de la folie de la pandémie. Il y a eu à peine un ralentissement quand les taux d’intérêt ont augmenté. Et là, on voit un premier ralentissement.»

Le prix médian d’une maison unifamiliale détachée à Québec s’élevait à 497 800$ au deuxième trimestre de 2026, soit une variation de -2,1% par rapport au premier trimestre de la même année (508 500$).

Selon Royal LePage, les incertitudes liées aux prochaines élections provinciales et les coupes budgétaires annoncées dans la fonction publique incitent les acheteurs locaux à la prudence.

«Les prix ne baissent pas»

À l’échelle provinciale, le prix de l’agrégat atteint 487 500$ (une hausse de 3,8% sur un an). Le prix médian d’une maison unifamiliale se situe désormais à 524 900$, tandis que le condo moyen se vend à 407 700$.

La panique des dernières années semble s’estomper. Les acheteurs ne veulent plus acquérir n’importe quoi à n’importe quel prix. « Les prix ne baissent pas, mais, dans beaucoup de marchés, l’inventaire augmente, alors la dynamique change», a affirmé M. Lefrançois. «L’acheteur ne va pas nécessairement ajouter une prime pour être certain d’avoir la maison et si une maison reste plus longtemps sur le marché, le vendeur peut songer à sacrifier un peu le prix.»

Les maisons coûtent de plus en plus cher à Saguenay Le prix moyen des maisons augmente à Saguenay. Le marché de Saguenay commence à se rapprocher de celui de Québec de plus en plus. À travers une visite de maison, un courtier immobilier nous aide à comprendre le phénomène.

Bien que la stabilisation des prix du marché immobilier soit une bonne nouvelle, la situation n’est pas une garantie pour l’avenir, a prévenu le courtier immobilier. «J’ai déjà vu des marchés démontrer un ralentissement pour finalement repartir en flèche.»

Marc Lefrançois croit tout de même que le Québec entre dans une «nouvelle ère» où l’équilibre entre les vendeurs et les acheteurs sera meilleur. Il reste qu’un climat d’incertitude plane toujours sur le marché immobilier québécois, particulièrement pour l’automne prochain.

M. Lefrançois est d’avis que le premier facteur de risque important réside dans la Banque du Canada et les taux d’intérêt. «Si l’inflation causée par l’augmentation du prix du pétrole, en raison du conflit entre les États-Unis et l’Iran, se poursuit, la Banque du Canada pourrait ne pas avoir le choix d’augmenter le taux d’intérêt pour forcer d’autres prix à baisser, pour protéger le pouvoir d’achat des Canadiens», a-t-il affirmé.

Parmi les autres facteurs de risque pouvant affecter le marché immobilier au Québec, on retrouve les élections provinciales, les négociations de libre-échange et les élections de mi-mandat aux États-Unis. «Ce sont tous des facteurs qui peuvent affecter l’économie et nuire au marché immobilier. Peut-être aussi qu’on va passer à travers tout ça, que ça va être correct […]», a mentionné le courtier immobilier.

Grand Montréal

Au deuxième trimestre de 2026, le marché du Grand Montréal affiche une progression globale de 4,9% sur un an, hissant le prix de l’agrégat à 650 500$.

Tandis que l’effervescence persiste sur les rives Nord et Sud, où la pénurie d’inventaires maintient les vendeurs en position de force, l’île de Montréal subit les effets structurels de l’exode urbain.

«Ce ne sont toutefois plus les familles qui quittent Montréal en grand nombre, mais les Babyboomers et les retraités», a expliqué Marc Lefrançois.

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Si le segment des maisons unifamiliales montréalaises fait preuve de résilience, le marché des copropriétés s’enfonce quant à lui dans un engorgement historique, marqué par une stagnation critique des transactions dans des secteurs clés comme Ville-Marie ou Griffintown.

Gatineau

Au deuxième trimestre de 2026, la région de Gatineau enregistre une hausse modeste de son prix de l’agrégat de 2,4% sur un an (476 500$), malgré un rebond technique de 3,3% par rapport au trimestre précédent.

Cette dynamique globale cache toutefois une divergence majeure par produit : le prix médian des maisons unifamiliales progresse légèrement (+2,8% à 599 300$), tandis que celui des copropriétés subit un net recul (-4,7 % à 318 900$).

Sherbrooke

Au deuxième trimestre de 2026, la région de Sherbrooke affiche une solide croissance annuelle de 5,7% de son prix de l’agrégat, atteignant 413 500$, portée par une progression de 5,9% du prix médian des maisons unifamiliales (461 400$).

Cette performance à long terme camoufle néanmoins un repli trimestriel de 2,3%, attribuable à une forte baisse de confiance des consommateurs face à la hausse du coût de la vie et à l’instabilité de l’emploi.

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Bien que Sherbrooke glisse progressivement vers un marché équilibré avec des délais de vente plus longs, la valeur des propriétés démontre une grande résilience. Anticipant un été calme et stable, Royal LePage maintient des perspectives optimistes pour la fin de l’année, prévoyant une hausse annuelle de 8,0 % au quatrième trimestre de 2026.

Trois-Rivières

Au deuxième trimestre de 2026, la région de Trois-Rivières confirme sa stabilité avec une hausse annuelle de 4,5% de son prix de l’agrégat, s’établissant à 401 300$, appuyé par une progression de 5,5% du prix médian des maisons unifamiliales (448 600$).

Contrairement à d’autres secteurs de la province, le marché trifluvien affiche une croissance trimestrielle positive (+0,3%).

Anticipant un été actif, mais sans surchauffe, Royal LePage ajuste néanmoins légèrement ses prévisions à la baisse en tablant sur une croissance annuelle de 7,5% pour le quatrième trimestre de 2026.