Justice

«Il ne peut pas y avoir un autre Nooran»: la famille Rezayi poursuit le SPAL et la Ville de Longueuil

L’adolescent de 15 ans est mort sous les tirs de policiers le 21 septembre dernier.

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La famille Rezayi poursuit le SPAL et la Ville de Longueuil PAR LILI MERCURE | Seulement dix secondes se sont écoulées entre l'arrivée des policiers de Longueuil dans un quartier résidentiel de St-Hubert et le moment où un agent a abattu Nooran Rezayi, âgé de 15 ans. Des images inédites révèlent une partie de la scène qui s'est jouée le 21 septembre dernier.

La famille de Nooran Rezayi, cet adolescent de 15 ans mort sous les tirs d’agents du Service de police de l’agglomération de Longueuil (SPAL) en septembre dernier, a annoncé mardi qu’elle intentait une poursuite contre le corps policier.

La poursuite civile d’un montant d’approximativement 2,2 millions de dollars (M$) vise la Ville de Longueuil et les agents du SPAL impliqués dans l’intervention. Les proches de Nooran reprochent aux policiers «d’avoir fait un usage déraisonnable et disproportionné de la force en ouvrant le feu extrêmement rapidement à deux reprises sur Nooran, causant ainsi son décès».

La famille dit être à la recherche d’une compensation pour les «nombreux dommages» qu’elle subit, mais ajoute qu’elle souhaite aussi mettre en lumière «l’imputabilité des responsables du décès de Nooran».

«Nous voulons la justice. Nous voulons que ce policier soit puni [...] Il ne peut pas y avoir un autre Nooran.»

—  Fahima Rezayi, mère de Nooran

Les proches de Nooran déplorent également de ne pas avoir accès aux résultats de l’enquête portant sur le drame.

La mère de Nooran a ajouté qu’elle avait perdu toute confiance envers les corps policiers. «Pour moi, les policiers ne sont plus des protecteurs. Chaque fois que je vois des policiers, je les vois comme des tueurs potentiels. Ils ont tué mon enfant», a-t-elle laissé tomber.

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Lors de la conférence de presse, les avocats de la famille Rezayi ont reproché aux policiers du SPAL d’avoir fait preuve de profilage racial.

Selon les informations diffusées par les autorités, les policiers sont intervenus vers 14h48 le 21 septembre à la suite d’un appel signalant un groupe de personnes armées en déplacement dans un lieu public. Questionnés à savoir ce qu’ils faisaient dans le quartier, les jeunes auraient répondu qu’ils s’apprêtaient à tourner une vidéo dans le boisé voisin.

Les agents seraient arrivés sur les lieux et seraient entrés en contact avec des membres du groupe dans le secteur des rues Joseph-Daigneault et Monaco.

Lors de l’intervention, l’adolescent a été atteint par un tir policier. Les premiers soins lui auraient été prodigués par les policiers sur place jusqu’à l’arrivée des ambulanciers. Son décès a été constaté en centre hospitalier.

Le Bureau des enquêtes indépendantes (BEI) a ouvert une enquête à la suite de l’intervention ayant causé la mort de l’adolescent âgé de 15 ans. Celle-ci est toujours en cours.

En moyenne, la durée d’une enquête menée par le BEI dure six mois.

Le BEI a également précisé qu’il est responsable de faire la lumière sur l’intervention policière, mais il ne peut pas décider si des accusations seront portées contre le policier concerné. Cette décision revient au Directeur des poursuites criminelles et pénales.

Avec de l’information d’Olivier Demers pour Noovo Info et de La Presse canadienne