La sénatrice canadienne et 14 fois médaillée d'or paralympique Chantal Petitclerc s'exprime après avoir chuté sur un trottoir de Montréal le jour d'Halloween.
Dans une entrevue, Chantal Petitclerc, qui se déplace en fauteuil roulant, rentrait chez elle avec son fils de 11 ans et quelques amis et membres de sa famille lorsqu'elle a heurté une importante fissure dans le trottoir de la rue Saint-Hubert, dans l'arrondissement Ville-Marie.
Ce texte est une traducton d'un article de CTV News.
«C'était plutôt un grand trou, de quelques centimètres de profondeur», a raconté Chantal Petitclerc. «Assez profond pour que mes petites roues avant tombent dedans au lieu de rouler dessus, ce qui m'a fait tomber de mon fauteuil roulant.»
Elle a subi de multiples blessures lors de sa chute.
«Le premier jour, je n'avais qu'une grosse contusion et une bosse sur le front, mais cela s'est transformé en un gros œil au beurre noir qui a duré environ 10 jours et a laissé des cicatrices. C'est la partie qui me déplaît le plus», a-t-elle dit.
Mme Petitclerc a insisté sur la nécessité de corriger l’état déficient des trottoirs et de réduire les obstacles quotidiens auxquels font face les personnes à mobilité réduite.
«À cause des trous, des fissures, des rampes inégales ou manquantes et des chantiers de construction, il me semble que personne ne se préoccupe vraiment de la manière dont l'état des rues et des trottoirs peut avoir un impact disproportionné sur les personnes handicapées, et c'est pourtant le cas», a expliqué la sénatrice.
Mme Petitclerc soutient qu’au quotidien, elle doit choisir soigneusement où elle va et quelles rues elle emprunte en raison de l’état des trottoirs.
Elle a ajouté qu'elle évite parfois de sortir, même pour des activités courantes comme aller chercher son fils, en raison des obstacles constants et de la nécessité de surveiller chacun de ses pas.
«Je suis très mobile et indépendante, c'est pourquoi j'ai décidé de rendre cette situation publique», a-t-elle affirmé, soulignant qu'elle avait même eu du mal à voter lors des élections municipales du mois dernier en raison des travaux.
Walter Zelaya, de Moelle épinière et motricité Québec (Mémo-Québec), un groupe provincial de défense des personnes atteintes de lésions médullaires et de handicaps moteurs, a expliqué que la chute de Mme Petitclerc mettait en évidence un problème systémique: les personnes handicapées sont régulièrement négligées dans l'aménagement urbain, alors qu'elles sont exposées à des risques disproportionnés sur les trottoirs endommagés.
Il a ajouté que les avertissements lancés depuis des années par les groupes de défense des droits des personnes handicapées sont restés lettre morte, laissant des milliers de personnes à mobilité réduite se heurter à des obstacles qui ne devraient plus exister en 2025.
«Les personnes handicapées font partie des oubliés de notre société.»
«Malheureusement, il faut qu'une personnalité publique "tombe sur le nez", comme on dit, pour que quelqu'un y prête attention. Mais des dizaines de personnes sont confrontées aux mêmes problèmes chaque jour», a dénoncé M. Zelaya.
Il a souligné que pour résoudre ce problème, il faudra que tous les niveaux du gouvernement et de la société agissent, en traitant l'accessibilité comme une priorité plutôt que comme une réflexion après coup.
Dans un communiqué, la Ville de Montréal a déclaré qu'elle compatissait avec Mme Petitclerc à la suite de l'accident.
«Dès que nous avons été informés de la situation, nous nous sommes rendus sur place pour évaluer l'état du trottoir et nos équipes ont effectué les réparations nécessaires afin que la zone soit sécurisée pour tous les usagers», a indiqué Hugo Bourgoin, porte-parole de la Ville de Montréal.
«Cette partie du trottoir sera reconstruite lorsque les conditions météorologiques le permettront, au printemps prochain.»
M. Bourgoin a également exhorté les résidents à signaler les problèmes de sécurité dans les rues ou sur les trottoirs en appelant le 311 ou en utilisant l'application Montréal – Services aux citoyens, soulignant qu'aucune plainte n'avait été déposée au sujet de ce tronçon de trottoir au cours des cinq dernières années.
«Je pense que c'est inacceptable. En tant que Montréalaise, contribuable et personne handicapée ayant des droits, ce n'est pas une faveur que je demande», a déclaré Mme Petitclerc.
«Je pense que lorsque mon droit de vivre dans une ville et d'exercer mes activités, mon travail et mes responsabilités en tant que parent est entravé par l'état d'une rue, cela devient une question de droits humains.»


