Les chauffeurs d'autobus et opérateurs de métro de la Société de transport de Montréal (STM) menacent de faire de nouveau grève les 15 et 16 novembre si aucune avancée n'est faite sur la table des négociations.
La grève des 4500 chauffeurs d’autobus et opérateurs de métro de la Société de transport de Montréal doit avoir lieu samedi pour une journée seulement.
«Une chose est claire et on veut que le message passe, on est en mode solution, mais maintenant la solution ne se fera pas à coût nul», a expliqué samedi matin le président de la section locale 1983 du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), Frédéric Therrien, en conférence de presse devant le Palais des congrès de Montréal.
Il a indiqué qu'un médiateur sera présent au cours des prochaines rencontres entre la STM et les syndicats, qui se seraient déjà rencontrés plus d'une soixantaine de fois depuis le début des négociations.
«Que le médiateur soit là ou qu'il ne soit pas là, on va avoir d'autres rencontres parce qu'on veut que ça avance et qu'on trouve des solutions, mais le temps était venu de passer un message clair à la STM, à la Ville de Montréal puis au Gouvernement», a-t-il dit tout en reconnaissant que la grève qui a lieu toute la journée de samedi ne faisait pas l'unanimité au sein de la population.
«Ne pas donner de services a Montréal, on le sait que ça l'encombre et que les gens ne seront pas contents de la situation, mais on était rendus là», a-t-il dit, ajoutant que de nombreux autres moyens de pression avaient été mis en place par le passé pour éviter toute conséquence sur le service à la population.
«C'est important que la population sache qu'on se bat pour eux aussi aujourd'hui, on ne se bat pas seulement pour nos conditions de salaires, mais pour la qualité du transport en commun à Montréal», a expliqué M. Therrien.
Le président du SCFP a pointé du doigt le sous-financement du transport en commun par la Ville de Montréal et le gouvernement québécois.
«Tous les gens qui nous disent aujourd'hui qu'on les prend en otage, je dirais que c'est beaucoup plus le gouvernement de la CAQ qui a décidé de les prendre en otage, a-t-il dit. C'est encore nous qui subissons le problème du financement du transport en commun.»
Le président du SCFP a toutefois souligné que le service de transport adapté était maintenu toute la journée. C'est la première fois depuis 38 ans qu'un tel arrêt de service a lieu.
M. Therrien a dénoncé les différentes décisions prises par la Ville de Montréal, la STM et Québec, qui ont aggravé la situation financière du transport en commun et mené au contexte actuel.
«Ça fait plus de deux ans et demi que je le dis à toutes les tribunes qu'on manque de financement dans le transport, que le gouvernement de la CAQ a décidé de sabrer dans les conditions et, dans le financement on avance jour après jour avec de plus en plus de difficulté, a lancé M. Therrien. Si vous trouvez le transport en commun important, dites au gouvernement de prendre les choses en main et de le financer comme il faut.»
Le président du SCFP-Québec, Patrick Gloutney, a également pris la parole pour dénoncer le sous-financement du transport en commun par les paliers gouvernementaux.
«Le sous-financement du transport en commun fait en sorte qu'il y a des conséquences sur l'écologie, des conséquences sur le trafic et des conséquences, comme aujourd'hui, le gouvernement de la CAQ a une note de zéro pour ce qui est des services publics (...) tous les services publics sont en perte d'autonomie.»
Le SCFP a avancé que près de 3000 manifestants étaient présents samedi matin aux abords du Palais des congrès où se tiennent le Congrès annuel et le Salon du transport collectif de l'Association canadienne du transport urbain. Selon M. Therrien, environ 50% des employés en arrêt de travail de long terme le sont pour des raisons psychologiques en lien avec les conditions de travail.
«La pression sur les membres du 1983 n'a jamais été aussi élevée et c'est inacceptable», a souligné le président du SCFP.
La STM a réagi par courriel aux menaces de grève, affirmant espérer que la présence d'un médiateur aux négociations «facilitera les échanges afin d'en arriver à une entente».
«Nous savons à quel point les grèves peuvent chambouler le quotidien de notre clientèle. C'est pourquoi nous faisons tout pour les éviter par des blitz de négociations», a expliqué la STM.
La grève des chauffeurs et des opérateurs de métro se déroule en même temps que celle des 2400 employés d'entretien. Ces derniers ont eux aussi cessé le travail le 1er novembre, mais ils ne le reprendront que le 28 novembre.
Les services essentiels prévus durant la grève des employés d’entretien prévoient des plages horaires de 6 h 15 à 9 h 15 pour les autobus, puis de 15 h à 18 h et de 23 h 15 à 1 h 15.
Pour le métro, les services essentiels seront fournis de 6 h 30 à 9 h 30, puis de 14 h 45 à 17 h 45 et de 23 h à l’heure de fermeture.

