Le patron de la Banque Laurentienne n’exclut pas de faire d’autres mises à pied alors que l’institution financière montréalaise tente d’améliorer sa rentabilité.
Questionné par un analyste à savoir si la banque devrait prendre d’autres charges de restructuration, son président et chef de la direction, Éric Provost, ne l’a pas exclu lors d’une conférence téléphonique avec les analystes, vendredi, pour discuter de ses plus récents résultats trimestriels.
Il a souligné que la Laurentienne visait un ratio d’efficacité de 60 %. Ce ratio, qui calcule les coûts par rapport aux revenus, atteint plutôt 75,7 % au troisième trimestre clos le 31 juillet.
«Pour atteindre notre but, nous devons avoir un mélange de croissance des revenus, une meilleure rentabilité du contenu de notre portefeuille, mais aussi continuer de faire des avancées pour être une organisation plus efficace, a répondu M. Provost. Nous devons donc travailler sur les revenus, mais aussi garder les dépenses alignées sur (nos objectifs d’efficacité).»
La Banque Laurentienne avait mis à pied 2 % de ses effectifs au printemps 2024. Elle avait également procédé à une autre vague de licenciements de la même ampleur en décembre 2023.
L’institution rapporte qu’elle compte 2800 employés. Au moment où M. Provost a pris les commandes de la Laurentienne en octobre 2023, après la panne informatique qui a perturbé ses activités, elle comptait près de 3000 employés.
L’employeur a versé 96,7 millions $ en salaires et avantages sociaux au cours du troisième trimestre. Cette baisse de 3 millions $ est attribuable «en grande partie» à la réduction des effectifs par rapport à l’an dernier, selon le rapport trimestriel de la Banque Laurentienne.
Si la banque régionale a dévoilé un bénéfice plus élevé que les prévisions, les investisseurs sont restés sur leur faim.
L’analyste Darko Mihelic, de RBC Marchés des capitaux, juge que les résultats trimestriels «ne sont pas de la meilleure qualité».
«Des revenus plus faibles que prévu et des dépenses plus élevées ont été compensés par des réserves plus basses pour les pertes de crédits, a-t-il souligné dans une note. Dans l’ensemble, cette surperformance par rapport au consensus est de piètre qualité.»
Pour sa part, M. Provost s’est dit «satisfait du dévoilement de résultats forts», dans son message d’introduction aux analystes. «Cela reflète notre attention continue et notre discipline. Ces efforts nous ont permis de bien gérer les défis liés à un contexte économique volatile.»
La société a dévoilé un bénéfice net de 37,5 millions $ au troisième trimestre, en hausse par rapport à un bénéfice de 34,1 millions $ au même trimestre l'an dernier. Le bénéfice ajusté par action est de 0,78 $.
Avant la publication des résultats, les analystes anticipaient un bénéfice ajusté de 0,73 $ par action, selon LSEG Data & Analytics.
Les provisions pour pertes sur créances de la banque ont totalisé 11,1 millions $ au cours du trimestre, contre 16,3 millions $ au même trimestre l'an dernier.
L’action de la Banque Laurentienne perdait 1,13 $, ou 3,57 %, à 30,55 $ à la Bourse de Toronto en fin d’avant-midi.

