Environnement

La mairesse de Montréal annonce zéro artificialisation des sols nette d'ici 2030

«En ville, la végétalisation est le meilleur moyen de rafraîchir l'air ambiant.»

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Sommet Climat Montréal: Valérie Plante promet l’implantation de 11 000 bornes de recharge Sommet Climat Montréal: Valérie Plante promet l’implantation de 11 000 bornes de recharge

La mairesse Valérie Plante a profité de l’ouverture de son dernier Sommet Climat Montréal, mardi, pour annoncer un engagement de zéro artificialisation nette d'ici 2030, de l’implantation de 11 000 bornes de recharge et d’une collaboration de la Ville avec des assureurs pour améliorer l’adaptation aux changements climatiques. 

L'artificialisation des sols — l’asphaltage, par exemple — «amplifie les risques d'inondations, la perte de biodiversité, le réchauffement climatique, les pollutions et la réduction de la capacité des terres agricoles à nous nourrir», a fait savoir l’administration municipale dans un communiqué.

L’idée est de prendre en compte les conséquences environnementales de l’artificialisation des sols.

Ainsi, lorsqu'on détruit un espace végétalisé pour créer un stationnement, par exemple, il faut compenser la perte de cet espace végétalisé en créant ou en aménageant un milieu naturel équivalent.

«La transition écologique est le legs dont je suis la plus fière», a indiqué Valérie Plante lors de l'annonce.

«En ville, la végétalisation est le meilleur moyen de rafraîchir l'air ambiant. Le remplacement des surfaces végétales par des surfaces pavées renforce les îlots de chaleur en zone urbaine», a également fait valoir la Ville.

Une analyse des surfaces végétales et minérales réalisée par la Ville il y a quelques années a montré que «l'agglomération de Montréal comprenait 38 % de surfaces végétales et perméables et 62 % de surfaces minérales et imperméables».

La Ville souhaite ne pas dépasser 62 % de surface minérale et imperméables.

«À très court terme, on veut maintenir ce taux-là et à l'horizon 2050, on veut l'avoir augmenté à 40 %», a précisé la responsable de la transition écologique de l'administration, Marie-Andrée Mauger.

L'imperméabilisation des sols, souligne l’administration Plante, «altère fortement les micro-organismes et la faune des sols, contribuant à la destruction des espèces qui vivent sur ces territoires».

Valérie Plante est l’hôtesse du Sommet Climat Montréal, auquel participent notamment le ministre de l’Environnement du Québec, Benoit Charette, et le ministre fédéral Steven Guilbeault.

Des centaines de personnes des milieux des affaires, philanthropiques, syndicaux, politiques, communautaires, environnementaux et de la société civile sont attendues au Grand Quai du Port mardi, lors de l'événement qui en est à sa quatrième édition.

Annonce de 11 000 bornes de recharge

La Ville a également indiqué mardi qu’elle ajoutera 11 000 points d'accès publics à la recharge électrique de véhicules sur le territoire de l'agglomération de Montréal d'ici 2030.

«C'est important pour nous d'évaluer toutes les options concernant où les installer», a indiqué la mairesse Plante en ajoutant que les bornes de recharge pourraient être installées en bordure de rue, dans les stationnements accessibles au public et sur des terrains privés accessibles au public.

La mairesse n'a pas spécifié combien coûteront ces nouvelles bornes, mais la conseillère municipale Marie-Andrée Mauger a indiqué que «cette année, on est à 11 millions $ à peu près pour des points d'accès public à la recharge».

La conseillère municipale a ajouté que Montréal misera sur des incitatifs et des collaborations pour favoriser une plus grande participation du secteur privé dans l'offre de recharge publique.

«On va avoir besoin de mobiliser tous les acteurs de la société civile. Donc on parle des commerces, des industries, des institutions, des stationnements d'école».

Création d'un groupe de travail avec l'industrie de l'assurance 

La mairesse de Montréal a aussi annoncé «la création d'un groupe de travail stratégique avec l'industrie de l'assurance de dommages pour accélérer l'adaptation du territoire face aux impacts croissants des événements météorologiques extrêmes».

«Devant les impacts grandissants des changements climatiques et les sinistres répétés subis par la population, un nombre grandissant de résidentes et résidents se tournent vers la Ville et leurs assureurs pour obtenir de l'aide. On souhaite renforcer la collaboration entre la Ville et les partenaires du secteur de l'assurance pour marquer un tournant dans notre manière de planifier l'adaptation climatique et mieux répondre aux besoins de la population», a déclaré Valérie Plante.

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«Nous sommes déterminés à mettre notre expertise à contribution pour faire une différence, atténuer les risques et bâtir des communautés résilientes. Nous sommes fiers de contribuer à un avenir plus résilient pour Montréal», a indiqué Alain Fortin, premier vice-président, Intact Assurance, Québec.

Intact Assurance, Desjardins Assurances, le Bureau d'assurance du Canada et d'autres partenaires font partie du groupe.

Entente entre Concordia, Énergir et Hydro-Québec

L’Université Concordia, Énergir Développement inc. (EDI) et Hydro-Québec ont profité du sommet pour annoncer la conclusion d’une entente pour notamment décarboner le campus universitaire de l'ouest de l'île et explorer de nouvelles technologies.

«C'est une entente de faisabilité pour faire du travail sur notre campus Loyola qui regroupe 30 bâtiments. On veut préparer une feuille de route pour faire la décarbonation de l'ensemble des bâtiments. Il n'y a aucun projet de cette échelle ailleurs au Québec», a expliqué Graham Carr, recteur et vice-chancelier de l’Université Concordia.

«C'est plus que la décarbonation de notre campus», a ajouté le recteur en indiquant «qu'on veut aussi explorer le stockage d'énergie» et même éventuellement fournir de l'électricité aux bâtiments du quartier, donc à l'extérieur du campus. 

L'initiative vise notamment à ajouter une nouvelle centrale thermique et intégrer des technologies qui pourraient inclure la géothermie, l'énergie photovoltaïque, le stockage thermique et chimique ainsi que le gaz naturel renouvelable.

«L'idée est aussi de partager l'information, partager l'expertise, pour qu'on soit capable de vraiment bâtir un centre de recherche à la fine pointe, ici à Montréal», a résumé Graham Carr.

Stéphane Blais

Stéphane Blais

Journaliste