Le Saguenay–Lac-Saint-Jean connaît une prévalence du diagnostic du trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité (TDAH) deux à trois fois plus élevée que le reste de la province, selon des chiffres de l’Association Panda Saguenay—Lac-Saint-Jean.
Les autorités concernées parlent de chiffres «anormaux», alors que la moyenne québécoise se situe entre 5 % et 7%. C’est une situation jugée préoccupante par la Santé publique et l’Association Panda Saguenay—Lac-Saint-Jean.
«Il y a une surreprésentativité au niveau du Saguenay—Lac-St-Jean, ça, c’est vrai, mais ça fait déjà plusieurs années qu’on se questionne. Il y a déjà eu un mandat d’initiative en 2019 à l’Assemblée nationale sur la surmédicalisation, donc sur le fait qu’il y avait beaucoup de prescriptions de psychostimulants dans la région», a commenté Dominique Simard, directrice générale de l’Association Panda SLJ.
Benoît Hammarrenger, neuropsychologue et directeur général de CERC Neuropsy, a précisé à Noovo Info que le taux de diagnostic du TDAH pour les régions de la Gaspésie, des Îles-de-la-Madeleine, de la Côte-Nord et du Bas-Saint-Laurent était autour de 14 %.
«Dans la région de Laval et Montréal, on est autour de 2 % ou 3 %. Il faut se pencher sur ce problème, notamment quand on dit qu’on se trompe sur le diagnostic une fois sur deux quand on est à 14 % et que l’enfant qui a un médicament le prend alors que ce n’est pas ça la difficulté», a-t-il partagé.
Plusieurs facteurs peuvent expliquer la surreprésentation du TDAH au Saguenay—Lac-Saint-Jean, comme la désinformation des parents sur le sujet ou encore des facteurs liés à la société et au système scolaire.
Le Dr Hammarrenger a souligné que le TDAH était diagnostiqué par des symptômes visibles. «L’enfant est agité, l’enfant bouge beaucoup. Il a de la difficulté à porter attention en classe, à rester concentré sur des tâches qui demandent longuement de l’attention, mais ces symptômes peuvent aussi être attribuables à autre chose qu’un TDAH », a-t-il expliqué.
Parallèlement, l’Association et le Service de police de Saguenay (SPS) présenteront un déjeuner-causerie qui aura lieu le mercredi 13 mai de 7h00 à 10h00 à Arvida et qui permettra de sensibiliser et d’informer la population sur les personnes ayant un TDAH dans un contexte judiciaire.
«Une personne avec un TDAH a quatre fois plus de chances d’avoir des démêlés avec la justice, entre autres au niveau de la conduite automobile pour la vitesse, l’omission d’un panneau de signalisation ou une lumière rouge parce qu’il n’a pas été attentif – c’est le genre de constats d’infraction qu’elle peut avoir, sinon aussi de la prise de stupéfiants », a précisé Dominique Simard de l’Associatio Panda SLSJ.

