Santé

Des experts de la santé font des mises en garde au sujet du dépistage du hantavirus

Il existe deux types de tests sanguins pour les hantavirus: l’un recherche les anticorps, tandis que l’autre — un test PCR — détecte des fragments du virus lui-même.

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Hantavirus: «Notre travail n'est pas terminé», prévient le patron de l'OMS Le directeur général de l’OMS a fait le point après l’évacuation des passagers et membre d’équipage du MV Hondius où un foyer d’hantavirus avait été détecté. L’organisation estime que le risque sanitaire à l’échelle mondiale «reste faible», mais que son travail «n’est pas terminé».

Des experts du domaine de la santé préviennent que l’on ne sait toujours pas s’il est utile de tester les personnes qui auraient pu être exposées au hantavirus, mais qui ne présentent aucun symptôme.

Selon la médecin hygiéniste en chef de la Colombie-Britannique, la Dre Bonnie Henry, les responsables de la santé publique du monde entier débattent actuellement de cette question.

L’hantavirus s’est retrouvé sous le feu des projecteurs depuis que des cas ont été détectés sur un bateau de croisière. Les passagers ont été évacués et sont rentrés dans leur pays d’origine.

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La Dre Henry rappelle que les tests de dépistage de certains virus ne sont pas efficaces avant l’apparition des symptômes. Pour l’heure, on en sait peu sur l’efficacité de ces tests dans les rares cas d’infection au hantavirus.

Malgré tout, la Dre Henry assure que, si l’une des 10 personnes au Canada qui auraient pu être exposées au virus développe des symptômes, les autorités sanitaires seront prêtes à réagir.

Longue période d’incubation

Il existe deux types de tests sanguins pour les hantavirus: l’un recherche les anticorps, tandis que l’autre — un test PCR — détecte des fragments du virus lui-même.

Bryce Warner, qui est spécialiste des hantavirus à l’Université de la Saskatchewan, souligne que les autorités sanitaires se trouvent dans une situation «unique», car les médecins n’ont normalement aucune raison de suspecter ce virus rare tant qu’un patient ne présente pas de symptômes.

M. Warner, qui travaille au sein de l’Organisme de recherche sur les vaccins et les maladies infectieuses, affilié à l’Université de la Saskatchewan, précise qu’un test négatif chez une personne asymptomatique ne signifie pas nécessairement qu’elle n’est pas atteinte du hantavirus.

«Comme la période d’incubation peut durer plusieurs semaines, on ne peut pas conclure qu’un test PCR négatif au cours de la première semaine confirme que la personne n’est pas atteinte», mentionne-t-il.

«En réalité, il faudra peut-être attendre encore une, deux ou trois semaines pour que le résultat devienne positif», ajoute-t-il.

Nouveaux cas

L’évacuation des passagers du MV Hondius aux îles Canaries, en Espagne, s’est déroulée dimanche et lundi. Depuis, trois nouveaux cas ont été confirmés: un en France, un aux États-Unis et l’autre en Espagne.

Le plus récent bilan de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), fourni mardi, faisait état de 11 infections, dont trois décès. Tous les cas confirmés concernaient des passagers ou des membres d’équipage du bateau de croisière.

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Neuf des onze cas ont été confirmés comme étant le virus des Andes — le seul type d’hantavirus qui est connu pour se transmettre d’une personne à l’autre.

Les responsables de la santé publique et les médecins spécialistes des maladies infectieuses notent que la transmission du virus des Andes entre personnes nécessite un contact étroit et prolongé. Les risques que l’éclosion se transforme en pandémie sont donc faibles.

Avec la collaboration de Hannah Alberga

Nicole Ireland

Nicole Ireland

Journaliste