L’état du pont Alary, situé sur la rue Saint-Joseph à l’entrée de Sainte-Adèle, inquiète. Le ministère des Transports et de la Mobilité durable (MTMD) a accepté de faire des travaux pour retirer les trottoirs et les rambardes, mais la mairesse de la municipalité des Laurentides est toujours mécontente du traitement du dossier.
Nadine Brière a rappelé lundi en entrevue à Noovo Info que les élus de Sainte-Adèle font des revendications concernant l’état du pont Alary depuis 2008, le jugeant «abîmé et dangereux», et que les travaux prévus à l’heure actuelle par le MTMD ne seront pas suffisants.
«Actuellement, il y a un trou dans lequel on peut rentrer une jambe au complet, c’est inacceptable», a réagi la mairesse. Elle a ajouté que plus aucun lampadaire n’éclaire le pont, puisqu’ils ont dû être retirés il y a quelques années, étant à leur fin de vie, et que le MTMD aurait refusé l’installation d’un nouvel éclairage, jugeant que la structure ne pourrait pas le supporter.

Nouvelle citoyenne à Sainte-Adèle, Nathalie Lefebvre a aussi alerté Noovo Info sur l’enjeu de sécurité découlant de l’état du pont Alary. «Le pont est sérieusement dangereux», a-t-elle écrit, précisant qu’elle craint la sécurité des usagers du pont.
«Je crains un effondrement du viaduc comme à Laval il y a quelques années. Un accident ou un piéton qui se blesse, même mortellement.»
— Nathalie Lefebvre, citoyenne de Sainte-Adèle
Le pont Alary, construit en 1963, est traversé par plus de 8900 voitures par jour, selon des données de 2025 du MTMD, et ce, sans compter les piétons.
Le pont étant un pont municipal, sa gestion est partagée par Sainte-Adèle et le ministère des Transports et de la Mobilité durable. Notons que c’est le MTMD qui détermine si les travaux doivent être effectués.

Un pont «sécuritaire», assure le MTMD
Dans un échange de courriels, le ministère des Transports et de la Mobilité durable a confirmé vendredi dernier à Noovo Info que le pont Alary démontre «des signes de détériorations visibles», mais qu’il demeure «sécuritaire».

«Les structures du réseau routier municipal, comme celles du réseau routier supérieur, sont inspectées annuellement, dont une inspection générale complète de tous les éléments aux trois ans», a-t-on partagé, indiquant que la dernière inspection du pont Alary a été effectuée le 20 juillet 2026 et que, «jusqu’à récemment, l’état de la structure ne nécessitait pas d’intervention majeure urgente».
Le ministère ajoute que le pont Alary n’est pas inscrit dans la liste des projets pour des interventions majeures en 2026-2028, mais qu’une évaluation en continu est effectuée afin d’identifier les interventions à faire «selon les besoins de la structure et les priorités organisationnelles».
Des trottoirs plus dégradés que prévu
Si le pont Alary est jugé sécuritaire, le MTMD a aussi convenu que les trottoirs étaient dans un état de dégradation «plus avancé qu’anticipé» et que le retrait de ceux-ci était en cours de planification.
«Dans les scénarios présentés, la durée des travaux est estimée entre six et 12 semaines. De plus, pour toutes les options analysées, le ministère propose le maintien du lien piétonnier. Les travaux sont prévus au cours de cet automne», a-t-on précisé.
Selon Nadine Brière, les plans du MTMD visent à garder une petite section du trottoir sur le pont, qui passe par-dessus l’autoroute 15, et à aménager un escalier de bois de l’autre côté du pont pour que les gens puissent ensuite traverser la rivière via une autre structure.
«Ils vont enlever les trottoirs, mais il n’y a pas de plan pour savoir si un jour on les retrouvera. Ça veut dire que les gens vont quand même marcher sur le pont, avec les voitures et les camions qui vont circuler, et ce, sans éclairage», a déploré la mairesse.
Mme Brière craint aussi que les travaux ne laissent une drôle d’image de Sainte-Adèle. «On enlève les trottoirs et les rambardes et on va mettre des murets et de la clôture... On va avoir l’air de petits pauvres. J’ai honte quand je regarde ça», a-t-elle partagé, pensant notamment aux nombreux touristes qui transitent par l’autoroute 15 pour se rendre dans le secteur de Mont-Tremblant.
Vision et transparence réclamées
Nadine Brière juge qu’il est très difficile de travailler avec les fonctionnaires du ministère des Transports et de la Mobilité durable dans ce dossier. «Ils sont dans leur bureau. Je ne suis même pas certaine qu’il y a vraiment quelqu’un de ces bureaux qui est venu à Sainte-Adèle pour voir le pont», a-t-elle partagé.
Mme Brière est d’avis que le gouvernement du Québec devrait accorder une place plus prioritaire à l’entretien de ces infrastructures existantes. «Est-ce que c’est faute de budget ? Est-ce que c’est un manque de vision à long terme ? Si on n’entretient pas nos infrastructures, ça va juste coûter plus cher pour les générations à venir. Pour l’instant, on “patch”. »
Selon le ministère des Transports et de la Mobilité durable, le pont Alary a fait l’objet de quelques travaux depuis sa construction en 1963: travaux d’élargissement en 1979, remplacement de joint en 1991, réparation des éléments structuraux en 2011 et réparation des poutres de béton précontraint en 2017.
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