Les appels en faveur du remplacement du pont Honoré-Mercier se multiplient. Plusieurs maires de la Rive-Sud se disant exaspérés par ces travaux incessants.
Des travaux de réparation d’urgence sont prévus ce week-end après qu’une fissure dans une poutre en acier a contraint mardi à la fermeture d’une voie en direction de Montréal. Une voie dans chaque sens reste ouverte pendant la durée des travaux.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.
Pierre Barrieau, expert en planification des transports, estime que ces réparations ont leurs limites.
«Chaque fois que nous découvrons de nouveaux problèmes, nous nous rapprochons un peu plus du point de non-retour», a-t-il lancé lors d’une entrevue.
Le pont date de 1934 et, après des décennies de réparations, la pression s’intensifie pour qu’il soit remplacé.
Le maire de Châteauguay estime que la mesure est comble.
«C’est horrible. Il y a des trous dans les poutres. Il y a de la rouille partout. Ce pont n’est pas en bon état», a lancé le maire Éric Allard.
«Il est temps de réfléchir, de construire autre chose, de bâtir un autre pont. Il faut bien qu’à un moment donné, on arrête d’y investir de l’argent. Et je sais que la construction d’un nouveau pont ne se fera pas du jour au lendemain, mais la décision doit être prise.»
Certains automobilistes estiment que le problème va bien au-delà du pont Mercier.
«Toutes les infrastructures et les routes au Québec… nous payons déjà assez d’impôts pour qu’elles soient en meilleur état que ça… et le pont Mercier ne fait pas exception», a déploré Ian Picard, un Montréalais.
«Nous avons des routes dans un état épouvantable et les gens en subissent les conséquences», a renchéri Stuart Lutterman, un résident. «Je ne sais pas ce qu’ils font, mais ils doivent agir un peu différemment de ce qu’ils ont fait ces 20 dernières années.»
Pour le chef de bande de Kahnawake, Arnold Boyer, la sécurité est la priorité.
«Nous avons des enfants qui traversent le pont pour aller à l’école et cela nous préoccupe toujours. Nous sommes constamment inquiets pour les membres de notre communauté qui l’empruntent», a-t-il soutenu.
Transports Québec affirme que le pont reste sûr, soulignant que l’usure visible ne reflète pas nécessairement son état structurel. Mais M. Barrieau estime que des réparations ne suffiront pas.
«Cela ne résout pas le problème sous-jacent d’une structure vieillissante qui arrive en fin de vie utile et qui doit être remplacée», a déclaré l’expert en planification des transports.
Alors que le débat sur le pont se poursuit, ce sont les automobilistes qui en font les frais.

