Estrie

Projet immobilier à Austin: des citoyens craignent un golf illégal 2.0

Le promoteur affirme qu’il s’agit de travaux pour le passage d’une ligne d’Hydro-Québec, mais au vu de l’étendue des travaux, plusieurs en doutent.

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Projet immobilier à Austin: des citoyens d’Austin craignent un golf illégal 2.0

De nombreux citoyens se sont présentés au conseil municipal d’Austin lundi soir pour partager leurs inquiétudes concernant des travaux de déboisement réalisés entre le chemin Galvin et la rue du Lac-des-Sitelles.

Le promoteur affirme qu’il s’agit de travaux pour le passage d’une ligne d’Hydro-Québec, mais au vu de l’étendue des travaux, plusieurs en doutent.

Ce que les sceptiques craignent, ce sont des travaux faits illégalement qui auront des impacts néfastes sur l’environnement, un peu comme ce qu’a connu la municipalité de l’Estrie l’an dernier avec le dossier du golf illégal. Des multimillionnaires ont ravagé des terres zonées agricoles et une érablière pour se construire illégalement un terrain de golf.

Francis Normandin, président de l’Association des Riverains du lac Peasley, voit des signes avant-coureurs.

«Des travaux de déboisement majeur, des sols dégarnis pour des raisons qu’on ne comprend pas vraiment…»

—  Francis Normandin, président de l’Association des Riverains du lac Peasley

«Ce terrain donne en plein dans le bassin versant du lac des Sitelles. Le déversement a déjà commencé, soit dit en passant», déplore M. Normandin.

M. Normandin et d’autres citoyens soupçonnent qu’on soit en train de créer un nouveau chemin pour le promoteur immobilier Steven Patterson et son projet, mais aussi parce que la municipalité a déjà parlé de la nécessité d’avoir une deuxième sortie pour désenclaver les quartiers.

«L’autorisation qui a été donnée à Hydro-Québec, c’est pour une servitude de passage de ligne électrique qui prévoit du déboisement», statue toutefois la mairesse Lisette Maillé, qui assure quand même une diligence du côté de son administration.

«Nécessairement, Hydro-Québec doit pouvoir déboiser. […] Dans quelle mesure on est allé au-delà de ce qui est permis? C’est ce qu’il nous reste à déterminer.»

—  Lisette Maillé, mairesse d’Austin

Le promoteur Steven Patterson a assuré à Noovo Info que les travaux se font à l’intérieur du cadre réglementaire d’Hydro-Québec, qu’il a fait faire une étude par un biologiste et qu’il est communication avec le ministère de l’Environnement. Il souligne toutefois que certains citoyens semblent utiliser l’environnement comme prétexte pour justifier du «pas dans ma cour».

Au final, la municipalité «comprend» l’inquiétude citoyenne et a demandé l’arrêt des travaux le temps de comprendre ce qu’il s’y passe.

«Notre inspecteur municipal en environnement est allé et s’est fait accompagner d’un ingénieur forestier», a précisé la mairesse Maillé. «Il va nous faire son rapport.»

La mairesse note cependant que «des fois, on a tendance à mal interpréter la réglementation et ses limites». «C’est une question de voisinage. Personne n’aime voir son voisinage changer.»

François Normandin, lui, dénonce «l’attentisme» dans ce dossier, «qui fait qu’on se retrouve devant un fait accompli, comme c’est arrivé au golf». «On n’est pas contre le développement, mais on veut l’encadrer.»

Patricia Ferron, une résidente de la rue du Lac-des-Sitelles, aimerait bien être «informée de la suite des choses» – «au moins pour savoir ce qui nous attend».

Le spectre du golf illégal

Dans le dossier du golf illégal, Glenn Chamandy et Amel Murad avaient fait des demandes de permis pour aménager un verger sur leur terrain. Cette demande leur avait été octroyée, mais une enquête de la CPTAQ a permis de constater des travaux de remblai, de l’entreposage d’amas de sol et l’aménagement d’un muret de pierres sur le terrain.

Au bout de plusieurs développements, le ministère de l’Environnement a ordonné en mai 2026 aux propriétaires de remettre en état les milieux humides et les plans d’eau qui ont été détruits.

Le ministère a indiqué qu’un premier avis de non-conformité avait été envoyé en août et qu’à ce jour, «aucun plan de restauration acceptable n’a été déposé».

Avec de l’information de CTV News