Transport

Un pompier de LaGuardia a entendu «Arrête, arrête» avant l’accident, selon un rapport

Il s’agissait du premier accident mortel à LaGuardia en 34 ans.

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Des pompiers de l'aéroport dégagent les débris d'un avion d'Air Canada Express, le mercredi 25 mars 2026, à proximité de la piste où il est entré en collision avec un camion de pompiers, dimanche soir, à l'aéroport LaGuardia de New York. (Photo AP/Yu... Des pompiers de l'aéroport dégagent les débris d'un avion d'Air Canada Express, le mercredi 25 mars 2026, à proximité de la piste où il est entré en collision avec un camion de pompiers, dimanche soir, à l'aéroport LaGuardia de New York. (Yuki Iwamura/Associated Press)

Un pompier dont le camion est entré en collision avec un avion d’Air Canada le mois dernier sur une piste de l’aéroport LaGuardia à New York, causant la mort des deux pilotes, a entendu un contrôleur aérien crier «stop, stop, stop», mais ne savait pas à qui s’adressait cet avertissement, ont indiqué jeudi les enquêteurs fédéraux.

Le Bureau national de la sécurité des transports a indiqué dans un rapport préliminaire qu’un système de prévention des collisions n’avait pas déclenché d’alerte sonore ou visuelle dans la tour de contrôle, et que les feux d’entrée de piste, qui servent de feux d’arrêt pour le trafic transversal, étaient allumés jusqu’à environ trois secondes avant la collision du 22 mars. Le système est conçu pour éteindre les feux deux ou trois secondes avant qu’un avion n’atteigne une intersection, précise le rapport.

Après l’avertissement initial du contrôleur aérien, l’opérateur de la tourelle du camion de pompiers a entendu le contrôleur dire : «Camion 1, arrêtez-vous, arrêtez-vous, arrêtez-vous», et a compris qu’il ordonnait au camion de s’arrêter, indique le rapport. À ce moment-là, le camion se trouvait déjà sur la piste alors que le vol 8646 d’Air Canada Express atterrissait et fonçait vers lui.

L’opérateur de la tourelle, l’un des deux membres d’équipage du camion de pompiers, s’est souvenu qu’au moment où le véhicule tournait à gauche, il a vu les feux de l’avion sur la piste, indique le rapport, résumant un entretien que les enquêteurs ont mené avec lui.

Cet avertissement affolé est survenu après qu’un contrôleur aérien eut autorisé le camion à traverser la piste à peine 12 secondes avant que l’avion ne touche le sol, ont déclaré les enquêteurs.

L’avion, un jet régional CRJ900 en provenance de Montréal, transportait plus de 70 personnes. Les pilotes Antoine Forest, 24 ans, et Mackenzie Gunther, 30 ans, ont été tués. Environ 40 personnes, dont les deux occupants du camion de pompiers, ont été transportées à l’hôpital.

Une agente de bord, toujours attachée à son siège, a survécu après avoir été projetée sur le tarmac.

Collision mortelle à l’aéroport LaGuardia: une survivante vante les actions des pilotes La façon dont ont agi les pilotes de l’avion qui est entré en collision avec un véhicule d’urgence dimanche à l’aéroport LaGuardia de New York a probablement permis de sauver des vies, selon la passagère Rachel Mariotti, qui s’est entretenue avec CTV News.

Le camion de pompiers était en tête d’un convoi de six véhicules, dont quatre camions de pompiers, un camion à échelle et un véhicule de police, intervenant sur une urgence liée à une forte odeur signalée dans la cabine d’un avion de United Airlines en partance.

La tour de contrôle de LaGuardia était plus occupée que d’habitude la nuit de l’accident, car les retards de vols ont fait passer le nombre d’arrivées et de départs après 22 h à plus du double de ce qui était prévu, selon les données de la société d’analyse aéronautique Cirium.

Des avions atterrissaient toutes les quelques minutes, avec une douzaine de vols arrivant entre 23 h et le moment de l’accident, survenu moins de 40 minutes plus tard. Parallèlement, la tour coordonnait l’intervention d’urgence suite à cette odeur inhabituelle qui rendait malades les agents de bord.

LaGuardia est l’un des 35 grands aéroports américains dotés d’un système avancé de surveillance au sol destiné à éliminer les incursions dangereuses sur les pistes et à prévenir les accidents. Les contrôleurs de ces aéroports disposent d’un écran dans la tour censé afficher la position de chaque avion et véhicule.

Le système, connu sous le nom d’ASDE-X, n’a pas fonctionné comme prévu à ce moment-là car le camion de pompiers n’était pas équipé d’un transpondeur, ont indiqué les enquêteurs. Il y avait également des véhicules d’urgence derrière le camion, et la proximité des véhicules qui se rejoignaient a empêché le système de déclencher une alarme, ont précisé les enquêteurs.

D’après les communications du contrôle aérien, le vol 8646 a reçu l’autorisation d’atterrir sur la piste 4 à 23 h 35.

Environ deux minutes plus tard — et 25 secondes avant l’accident — l’équipe de pompiers a demandé à traverser cette même piste, qui se trouvait entre la caserne de pompiers de l’aéroport et l’endroit où l’avion de United Airlines s’était garé.

Cinq secondes plus tard, alors que le vol 8646 approchait de la piste à un peu plus de 30 mètres au-dessus du sol, un contrôleur aérien a autorisé le camion de pompiers à traverser la piste.

Puis, à peine neuf secondes avant l’accident, le contrôleur a crié frénétiquement aux pompiers : «Stop, stop, stop, stop. Camion 1. Stop, stop, stop, stop.» Une seconde plus tard, le train d’atterrissage de l’avion touchait le sol.

Il s’agissait du premier accident mortel à LaGuardia en 34 ans.