Alors que la grève d’un mois des 2400 employés d’entretien de la Société de transport de Montréal (STM) prendra fin dimanche soir, ce ne sera vraisemblablement pas la fin des moyens de pression du syndicat.
En entrevue avec La Presse canadienne, le président du syndicat, Bruno Jeannotte, a évoqué la possibilité de transmettre un cinquième avis de grève.
«On va quand même prendre le temps de tout analyser avant d’envoyer un nouvel avis de grève. C’est sûr que c’est fort à parier qu’on doive utiliser encore ce type de moyens de pression-là pour faire cheminer les choses», a-t-il affirmé.
«On sent déjà qu’il va falloir remettre d’autres moyens de pression en place pour avoir, peut-être, d’autres rencontres. On est à analyser, actuellement, comment on va placer la suite des choses.»
Cette grève du syndicat rattaché à la CSN, qui prend la forme d’un refus de faire des heures supplémentaires, avait débuté le 11 décembre dernier. Elle prendra fin à 23h59 dimanche soir.
Il s’agit de la quatrième grève de ce syndicat, qui avait débrayé une première fois en juin, une deuxième fois en septembre-octobre et une troisième fois en novembre.
De son côté, la STM a indiqué avoir tenu 120 rencontres de négociation avec ce syndicat, 20 mois de négociation, six mois de médiation et une conciliation de 45 jours.
La dernière rencontre en personne entre les parties remonte à la période avant Noël. Et vendredi dernier, aucune autre date de rencontre n’était encore fixée.
La question du recours à la sous-traitance reste au coeur du litige avec ce syndicat.
Le ministre?
Reste à savoir si le ministre du Travail, Jean Boulet, sera appelé à intervenir dans ce conflit.
«On est conscient de ça. Pour nous, ça reste pas clair. On ne connaît pas encore la portée, comment le ministre va intervenir. Est-ce que, dans un avis de grève qui toucherait directement le public, est-ce que le ministre tenterait de nous assujettir au (critère) du bien-être (de la population)? C’est une des choses. Peut-être aussi qu’on est à l’aise avec ce phénomène-là d’aller plaider les conditions du bien-être?» répond M. Jeannotte.
Ce critère des services devant assurer le «bien-être de la population» va au-delà des services essentiels. Il est inclus dans la nouvelle loi du ministre Boulet, qui est entrée en vigueur le 30 novembre. La loi précise qu’il s’agit des «services minimalement requis pour éviter que ne soit affectée de manière disproportionnée la sécurité sociale, économique ou environnementale de la population».
Dans ce contexte incertain, M Jeannotte ajoute qu’«on reste prudent dans nos avis de grève».
Trois ententes avec la FTQ
Par ailleurs, trois autres grands syndicats se sont entendus avec la STM depuis la mi-novembre, soit celui des 4500 chauffeurs d’autobus et opérateurs de métro, celui des 1300 employés administratifs et techniques et celui des 800 professionnels.
Il s’agit, dans ces trois cas, de syndicats rattachés à la FTQ, soit par le biais du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), soit par le biais du Syndicat des employé(e)s professionnel(le)s et de bureau (SEPB).
M. Jeannotte se dit conscient de ces ententes avec les syndicats de la FTQ, mais ajoute qu’«on n’a pas les mêmes enjeux».

