Transport

L’est de Montréal prêt pour le REM; la mairesse y tient

«On est prêt dans l’est à développer un système performant, et ce système, ça doit être un REM», croit Soraya Martinez Ferrada, même si le projet est tombé au point mort en 2024 en raison des coûts.

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Soraya Martinez Ferrada La mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, s'adresse aux journalistes le vendredi 19 juin 2026. (CTV News)

La mairesse de Montréal estime qu’il est grand temps qu’on dote l’est de la métropole d’un projet de transport en commun structurant et souhaite qu’il prenne la forme d’un tronçon du Réseau express métropolitain (REM).

En point de presse, mardi, dans le cadre de l’annonce de la programmation du 60e anniversaire du métro de Montréal, Soraya Martinez Ferrada a réitéré qu’elle croit que l’est de Montréal est prêt pour ce type de projet, même s’il a été abandonné en 2022, en raison notamment d’un coût exorbitant et d’une forte opposition citoyenne.

«Nous avons collectivement payé pour des études, on est prêt dans l’est à développer un système performant, et ce système, ça doit être un REM», a soutenu la mairesse. «Allons de l’avant.»

Soraya Martinez Ferrada est d’ailleurs d’avis que le succès du REM dans l’ouest de la métropole démontre à lui seul l’intérêt à faire de même pour l’est de Montréal.

«Nous avons développé plusieurs REM dans l’ouest de la ville et on le voit, ce que cela a donné», dit-elle. «Connecter Deux-Montagnes au centre-ville de McGill en 28 minutes environ, c’est extraordinaire pour le développement d’une ville, c’est la même chose pour l’est de Montréal.»

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Du côté de la Société de transport de Montréal (STM), on accueille favorablement tout projet structurant de transport collectif, «connecté au réseau actuel».

«Il s’agit d’offrir plus de mobilité et plus d’achalandage pour l’ensemble des réseaux», a commenté Marie-Claude Léonard, directrice générale de la STM. «Le développement, d’aller chercher plus d’achalandage, [ce] sera toujours le bienvenu.»

Le projet de REM de l’Est | Dans sa mouture initiale, le réseau de métro léger devait relier le centre-ville de Montréal à Pointe-aux-Trembles et Montréal-Nord. Est venu ensuite en 2024 le «Projet structurant de l’Est». Proposé par l’ARTM, il prenait la forme d’un réseau de tramway au coût estimé à 18,6 milliards de dollars. À ce jour, ce projet semble être au point mort.

Gardons Lisette

Cependant, avant même d’appuyer un projet de transport en commun - que ce soit le prolongement du REM vers Laval ou le projet de REM dans l’est de la métropole -, il faut d’abord s’adresser au gouvernement du Québec afin de garder au Québec le tunnelier Lisette, croit la mairesse Martinez Ferrada.

Le tunnelier Lisette, c’est la machine-usine géante utilisée pour le prolongement de la ligne bleue du métro de Montréal qui terminera son travail d’excavation vers Anjou en 2028.

La Ville de Montréal n’a pas encore eu de discussions officiellement avec le gouvernement du Québec au sujet du tunnelier Lisette.

«Donnons-nous un outil important, celui du tunnelier qui vient d’Allemagne, pour lequel on va donner notre intention à savoir qu’on a potentiellement d’autres projets à faire. C’est le premier signal à avoir», a cependant dit la mairesse.

Le tunnelier Lisette.
Le tunnelier Lisette Le tunnelier Lisette. (Facebook | artm.quebec)

De toute façon, Soraya Martinez Ferrada croit aussi qu’il y a encore plusieurs étapes à franchir afin de déterminer «quel projet est le plus prêt», faisant notamment référence au projet de l’est de Montréal, mais aussi au désir de Laval de voir la ligne orange être prolongée.

«Ce sont des populations qui attendent depuis longtemps des projets, mais soyons lucides à savoir quel projet est le plus prêt à être réalisé et allons de l’avant», a-t-elle mentionné tout en ajoutant que les autorités municipales doivent aussi se fixer des objectifs pour «augmenter leur capacité à transporter des gens» et «pour avoir une mobilité performante».

STM: les besoins financiers sont grands

Autrement, le président du conseil d’administration de la STM, Aref Salem, a rappelé mardi que les besoins en matière de maintien d’actifs sont grands pour son organisation.

«Les besoins sont d’environ 660 millions de dollars d’ici 2030. On a un déficit de 7 milliards de dollars en ce moment dans nos actifs et si on continue avec les mêmes montants d’argent, on grimpera à 9 milliards en 2030», a-t-il expliqué aux médias.

La STM a fait des représentations au niveau du gouvernement fédéral et espère pouvoir profiter de l’entente survenue entre Québec et Ottawa en juin dernier où une enveloppe de 6 milliards de dollars a été annoncée pour le transport en commun. «Maintenant, il va falloir voir comment l’entente va arriver dans les enveloppes et les crédits et comment la STM pourra en profiter pour entretenir son réseau», a souligné Aref Salem.

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Le président du conseil d’administration de la STM a par ailleurs réitéré que, dans le cadre des élections provinciales qui approchent, il avait écrit à tous les partis politiques afin de les inviter à venir dans le métro de Montréal. «Pour comprendre un peu c’est quoi cette colonne vertébrale du transport collectif à Montréal et quels sont les besoins. Je réitère aux chefs des partis de venir vers nous, on va les attendre», a-t-il lancé.

La ligne bleue: comme sur des roulettes?

Concernant les travaux de prolongement de la ligne bleue, Marie-Claude Léonard, directrice générale de la STM, a fait savoir qu’ils avancent «comme prévu».

«L’excavation est pratiquement terminée pour l’ensemble des stations. Le tunnelier a commencé à avancer. C’est un projet que l’on suit de très près avec l’ensemble de nos partenaires», a-t-elle précisé.

La STM estime à ce moment que le projet de prolongement de la ligne bleue sera toujours livré au cours de 2031, «selon le budget qui a été prévu».