Dans l’objectif d’améliorer le sentiment de sécurité dans son réseau de métro, la Société de transport de Montréal (STM) reconduit jusqu’au 30 avril 2027 l’obligation de circuler dans ses installations.
La STM justifie sa décision par l’analyse des données de la période hivernale et explique que «l’occupation des installations pour des raisons non liées au transport» affecte le sentiment de sécurité de la clientèle et des employés.
«Cette mesure a été appliquée près de 2500 fois par mois par les constables spéciaux durant la période hivernale, contribuant à une amélioration de certains indicateurs opérationnels», précise la société de transport par communiqué transmis mardi.
D’après la STM, l’obligation de circuler a permis de «limiter les comportements indésirables dans le métro».
Pour illustrer sa position, la STM a partagé une comparaison de ses indicateurs opérationnels de novembre 2025 à mars 2026 avec les chiffres de l’année précédente:
- Raccompagnements vers l’extérieur à la fermeture : -36%
- Raccompagnements vers l’extérieur en opération : -2%
- Intervention des constables pour incivilités : -2%
- Agression envers les employés : ±0 %
- Arrêts de service : -22% du nombre d’arrêts de service de 5 minutes et plus causés par des méfaits volontaires
«La fiabilité du service s’est améliorée grâce à une diminution du nombre d’arrêts de service liés à des méfaits. Les raccompagnements en fermeture sont en diminution, grâce à davantage de raccompagnements durant la journée, permettant ainsi de faciliter la fermeture des stations pour les employés.»
— Société de transport de Montréal
La STM reconnaît néanmoins que l’obligation de circuler ne représente pas la seule façon d’améliorer la sécurité et la fiabilité de son réseau.
L’obligation de circuler avait d’abord été appliquée en mars 2025 pour limiter le flânage et limiter les impacts de la «crise des vulnérabilités» dans ses infrastructures.
Au début du mois d’avril 2026, la STM avait décrété la fermeture de deux accès des stations McGill et Square-Victoria-OACI. L’entrée nord de la station De Castelnau demeure fermée depuis le 30 mars dernier et l’entrée du Square Cabot de la station de métro Atwater a été fermée pendant l’hiver.
Augmentation des agressions dans le métro entre 2024 et 2025
En février dernier, le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) révélait que le nombre d’agressions signalées dans le métro de Montréal a augmenté de 15% en 2025 par rapport à l’année précédente.
Le SPVM indiquait qu’il y a eu 726 cas d’agression en 2025, contre 631 en 2024 et 652 en 2023. Cette augmentation est due à une hausse des agressions signalées en janvier 2025, pour des raisons qui ne sont pas tout à fait claires, rapportait la commandante Angélique Beaudet lors d’une entrevue.
Le nombre d’agressions en 2025 a été plus élevé qu’à tout autre moment depuis le début de la pandémie de COVID-19 en 2020, qui a entraîné une baisse importante de la fréquentation des transports en commun. La police indique que les données antérieures à 2020 ont été collectées différemment et ne sont donc pas comparables à celles des années suivantes.
Les responsables des transports en commun ont exprimé leur inquiétude quant au nombre de personnes souffrant de toxicomanie et de troubles mentaux qui utilisent les stations de métro comme refuges non officiels. En juin, la STM a réintroduit une règle interdisant le vagabondage dans les tunnels du métro de la ville. Les responsables ont soutenu à l’époque que cette mesure avait contribué à réduire les agressions contre le personnel et à renforcer le sentiment de sécurité des usagers lorsqu’elle avait été mise en œuvre à titre de projet pilote au début de l’année.
Cependant, Mme Beaudet a fait remarquer qu’il n’y avait pas nécessairement de lien entre l’afflux de personnes marginalisées dans le réseau de métro et la criminalité.
Selon Mme Beaudet, les comportements qui constituent une agression comprennent notamment le fait de cracher, de bousculer, de frapper ou de donner des coups de pied. Elle a souligné que bon nombre de ces incidents impliquaient des personnes qui se connaissaient.
Malgré la hausse du nombre d’agressions signalées, le métro de Montréal restait sûr, selon Mme Beaudet.
«Malheureusement, il y a quelques (agressions) tout au long de l’année... mais elles restent isolées», a-t-elle conclu.
Avec de l’information de La Presse canadienne

