Donald Trump a répété son intention de rebaptiser l’intelligence artificielle (IA) en «super intelligence» mardi, lorsqu’il a dévoilé la plateforme America.gov, un point d’accès pour différentes agences gouvernementales.
Le président américain a même affirmé qu’il signerait bientôt un décret pour modifier le nom de l’intelligence artificielle en «super intelligence». D’après lui, le président chinois Xi Jinping, qui a visité les États-Unis la semaine dernière, a accueilli très favorablement cette éventuelle appellation.
«Quand vous dites “intelligence artificielle”… c’est artificiel. C’est de l’intelligence extrême! C’est de l’intelligence supérieure, suprême. Le terme super est le meilleur. Nous l’appellerons donc “SI” [NDLR; super intelligence]. Nous ne voudrons plus entendre artificiel, parce que ce n’est pas artificiel, c’est très puissant, très brillant», a-t-il développé.
Le président américain a par ailleurs fait un lien entre la connotation négative véhiculée par le terme intelligence artificielle et les «fake news». Il a évoqué l’idée de maintenant utiliser l’appellation «artificial news».
Trump a ensuite soutenu que les États-Unis menaient à la course à l’intelligence artificielle dans ce qu’il a mentionné être une compétition à deux contre la Chine.
«Celui qui gagnera la super intelligence, gagnera. Il y aura un gagnant et un perdant… Et il n’y aura probablement pas de deuxième place. Nous gagnons présentement face à la Chine et n’importe qui d’autre et je veux garder ça comme ça […] La seule façon de continuer est de ne pas ralentir la croissance», a-t-il insisté.
Des craintes sur l’IA
La volonté de s’appuyer sur l’«intelligence supérieure» s’inscrit alors que des experts de l’IA ont dernièrement sonné l’alarme sur des dérives potentielles de cette technologie. Jacob Coxon, un chercheur de 27 ans qui a travaillé chez OpenAI (le créateur de Chat GPT) et Anthropic (le créateur de Claude), a par exemple prévenu plus tôt en septembre que «les gens qui construisent l’IA croient sincèrement qu’elle pourrait tous nous tuer d’ici la fin de la décennie». Il a également accusé les deux entreprises de «jouer avec nos vies».
Trump, lui, s’oppose à ce qu’un quelconque garde-fou soit imposé aux entreprises d’IA. Il a qualifié de «canular» la possibilité que l’IA puisse anéantir l’humanité et s’oppose à un quelconque ralentissement du développement de la technologie. Pourtant, le patron d’Anthropic, Dario Amodei, a plaidé plus tôt en septembre pour une décélération sur l’IA afin de permettre de mieux appréhender les risques découlant des nouvelles capacités de l’intelligence artificielle, un point de vue soutenu par son homologue d’OpenAI, Sam Altman, et Elon Musk. Amodei a même évoqué une IA «capable de prendre le contrôle de l’intégralité d’internet» d’ici 6 à 12 mois.
America.gov
D’après un communiqué de presse de la Maison-Blanche, America.gov devrait permettre d’ici la fin de l’année aux Américains de renouveler leurs passeports, par exemple, directement à partir de la plateforme. Il est souligné dans cette même communication que les citoyens américains passent environ «10 milliards d’heures» chaque année à composer avec la paperasse fédérale.
«Au lieu de forcer les citoyens à fouiller dans le labyrinthe sans fin de dizaines de milliers de sites web gouvernementaux affreux... vous aurez désormais une seule porte d’entrée pour chaque question», a mentionné le président américain en révélant la plateforme, qui prend la forme d’un robot conversationnel aux allures de Chat GPT ou Claude.
Directement sur America.gov, il est mentionné que la plateforme permet de retrouver de l’information provenant de 29 000 sites Web.
Alors que des craintes de confidentialité pourraient émerger, il est souligné sur la plateforme qu’aucune information personnelle ne peut y être partagée, qu’il n’y a pas de système d’archivage des conversations, qu’aucune localisation spécifique n’est utilisée et qu’aucun outil de suivi n’est utilisé.
Avec de l’information de l’Agence France-Presse
