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Les performances du CH affectent le moral des Québécois et des Québécoises

«Si l’équipe a du succès, je récolte au passage ce succès. Ça vient aider l’humeur.»

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Canadiens de Montréal
Canadiens de Montréal Canadiens de Montréal (Christopher Katsarov/The Canadian Press)

Si vous partagez votre vie avec un partisan ou une partisane des Canadiens de Montréal, il est à parier que l’ambiance à la maison est plutôt festive alors que l’équipe entame dimanche sa série de premier tour face au Lightning de Tampa Bay. Mais, est-ce que le succès du Tricolore a bel et bien un effet sur le moral des Québécois et des Québécoises?

La Dre Geneviève Beaulieu-Pelletier, psychologue, est d’avis que «oui».

«Est-ce que le succès du CH a le même effet sur tout le monde? Pas nécessairement, mais ça peut avoir un effet bénéfique», a-t-elle expliqué en entrevue avec Noovo Info.

Dossier Noovo Info | 🔵⚪️🔴 Canadiens de Montréal

Selon Dre Beaulieu-Pelletier, le sentiment d’appartenance à une équipe sportive peut être très élevé.

«Quand je suis investi au niveau d’une équipe sportive, j’en viens à m’identifier à eux, à “prendre” pour l’équipe et à faire partie de l’équipe. Il y a une connexion très importante avec l’équipe, et d’une certaine façon, si l’équipe a du succès, je récolte au passage ce succès. Ça vient aider l’humeur», a-t-elle précisé.

La Dre Geneviève Beaulieu-Pelletier, psychologue, conférencière, autrice.
Dre Geneviève Beaulieu-Pelletier La Dre Geneviève Beaulieu-Pelletier, psychologue, conférencière, autrice. (Facebook | psygbeaulieupelletier)

La psychologue est aussi d’avis qu’il faut prendre en compte tout l’aspect collectif lié au succès d’une équipe comme les Canadiens de Montréal.

«Quand on pense aux séries de la LNH, ou encore aux Jeux olympiques, il y a plusieurs personnes en même temps qui partagent cet engouement et il ne faut pas négliger cet aspect», a-t-elle souligné.

Dre Beaulieu-Pelletier affirme que les rassemblements liés au CH et les échanges sur les réseaux sociaux, entre autres, créent socialement des moments «super riches».

«On a besoin de ça socialement. Comme être humain, nous avons besoin du contact aux autres, et ça, c’est une belle façon de connectée», a-t-elle partagé.

«Prenez quelques personnes devant un match, des partisans de la même équipe, c’est comme si les différences entre nous n’existaient plus. On est là pour un même but, que l’équipe gagne. C’est fabuleux. Il n’y a pas beaucoup de choses qui créent ça dans la vie.»

—  La Dre Geneviève Beaulieu-Pelletier, psychologue

La Dre Beaulieu-Pelletier invite d’ailleurs les gens qui sont moins intéressés - ou même pas du tout - par le CH de faire l’effort, une fois de temps en temps, pour participer à des événements sociaux liés à l’équipe.

«Je peux y aller pour profiter de l’engouement. On va être dans le bonheur, dans les rires. C’est un événement rassembleur.[...] On peut même se surprendre à “être dedans” et à vraiment vouloir que l’équipe gagne», a-t-elle expliqué.

En couple, sans être obligé d’être toujours aux côtés de votre partenaire, la psychologue suggère de vous intéresser «au moins une fois» à ce que l’autre écoute.

«Il y a peut-être quelque chose qu’on peut partager à travers ça … ou pas. Mais, au moins, on aura eu accès, un peu, à son monde, à ce qu’il le fait vibrer, et juste ça, c’est intéressant», a-t-elle souligné.

CH Un supporter acclame les Canadiens de Montréal alors qu'ils entrent sur la glace pour s'échauffer avant leur match des séries éliminatoires de la LNH contre les Capitals de Washington, à Montréal, le vendredi 25 avril 2025. (Christinne Muschi/La Presse Canadienne)

Notons, sans vouloir porter malchance, le moral des Québécois et des Québécoises peut aussi être affecté par une défaite du CH.

«Si c’est comme un peu notre succès, c’est aussi un peu notre défaite, donc oui ça peut affecter le moral ou l’humeur de certains», a affirmé Dre Beaulieu-Pelletier.

Advenant ce scénario, cette année ou dans les années futures, la psychologue suggère de parler de vos émotions avec d’autres personnes autour de nous, de vivre votre déception.

«C’est normal, c’est correct. Là où il faut faire attention, c’est si le niveau est très élevé, il faut prendre un recul», a-t-elle conseillé.

Le succès du CH augmente-t-il le bonheur au travail?

«On sent quelque chose de positif. Les gens sont généralement un peu plus sympathiques et souriants», a affirmé d’entrée de jeu à Noovo Info Annie Boilard, présidente du Réseau Annie RH, en rappelant que l’ancien premier ministre du Québec, Robert Bourassa, avait déjà dit que «le Québec était plus facile à gouverner quand le Canadien de Montréal gagnait».

Annie Boilard, présidente du Réseau Annie RH.
Annie Boilard Annie Boilard, présidente du Réseau Annie RH. (Facebook | annie.boilard.94)

Lors d’une enquête menée l’an dernier sur LinkedIn, alors que le Canadien s’était incliné contre les Capitals au premier tour des séries (2025), Mme Boilard avait demandé à ses abonnés si la présence des Canadiens de Montréal dans les séries, et le retour du beau temps, entraînaient des conséquences sur leur bonheur au travail.

Selon les réponses alors obtenues, environ 20% des répondants disaient voir «absolument un effet positif» alors que 40% ressentaient «somme tout un effet positif».

«C’est donc près de 60% des gens qui avaient répondu que le succès des Canadiens de Montréal influençait positivement leur réalité au travail», a commenté la spécialiste en leadership et en gestion d’équipe.

Mais, pourquoi les Québécois ressentent-ils un peu plus de bonheur au travail lorsque le CH fait les séries?

Annie Boilard semble avoir trouvé une réponse dans les études de Brickman et Campbell, deux chercheurs qui se sont intéressés aux ingrédients du bonheur au travail.

Les chercheurs affirment que le bonheur est construit à l’aide de trois composantes : environ 50% du bonheur viendrait de notre état naturel, 10% du bonheur viendrait de l’environnement externe et 40% du bonheur dépendrait des décisions que nous prenons au fil des jours.

«Quand on pose la question : “Est-ce que les gens sont plus heureux au travail quand les Canadiens font les séries?” Je dirais qu’une grande partie de ce bonheur leur appartient. Juste le fait que le CH soit en séries, c’est 10% du bonheur à peu près. Si on en profite pour faire quelque chose avec nos collègues de travail comme un “pool” de hockey ou aller voir le match dans un resto-bar, là ça peut vraiment devenir significatif», a exprimé Mme Boilard.

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Canadien de Montréal Nick Suzuki (14), du Canadien de Montréal, et Andrei Vasilevskiy (88), du Lightning de Tampa Bay, lors de la troisième période du match présenté le jeudi 9 avril 2026 au Centre Bell, à Montréal. (Christopher Katsarov)

Selon Annie Boilard, les patrons auraient intérêt à utiliser l’engouement créé par l’entrée du CH dans les séries à leur propre avantage.

«Les patrons peuvent créer des activités autour de cet engouement et nourrir une certaine consolidation de leur équipe», a-t-elle partagé.

Mme Boilard conseille aussi aux patrons de rester inclusifs dans l’organisation des activités.

«Il faut que tout le monde soit invité et impliqué. Tout le monde dans l’équipe doit faire l’effort d’inclure les gens, d’être à l’écoute, d’être indulgent, répondre aux questions, éviter le “boysclub”», a-t-elle précisé.

Doit-on s’attendre à ce que le climat de travail soit affecté advenant un ou des défaites du Tricolore?

«On ne devrait pas voir une différence sur la prestation de travail, mais on pourrait voir des gens avec la mine un peu plus basse», a conclu Annie Boilard.

Le CH en séries, au diable les dépenses?

Il a été été démontré, par des chiffres publiés par Moneris, que l’enthousiasme des partisans du CH pouvait se traduire par une grande victoire pour les bars et les restaurants, non seulement à Montréal, mais aussi à l’extérieur de la métropole.

Selon Moneris, fournisseur de solutions commerciales au Canada, l’an dernier, malgré l’élimination des Canadiens de Montréal en première ronde, «les dépenses dans les restaurants locaux à l’échelle de Montréal ont bondi de 41 % au match #3 et de 45 % au match #4».

On précise également que lors du parcours du CH en finale de la Coupe Stanley en 2021, les partisans se sont mobilisés alors que le Canadien évitait l’élimination au match #4, générant des hausses importantes des dépenses dans les restaurants.

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«Près du Centre Bell, les dépenses ont grimpé de 183% avant le match, alors que les partisans se sont rassemblés pour manger et boire et après la victoire du Canadien en prolongation, les partisans sont restés dans les rues pour célébrer. Vers 23 h 30, les dépenses ont bondi de 160 % près du Centre Bell, de 245 % partout à Montréal et de 137 % partout au Québec», a-t-on récemment expliqué dans un communiqué.

«Quand des équipes canadiennes font les séries, dont le CH à Montréal, ça remonte le moral et ça fait du bien aux ventes. Que ce soit au Centre Bell ou ailleurs, l’énergie des partisans se transforme en vrai soutien pour les restaurants et les bars du coin», avait commenté Pasquale Pizzi, chef des comptes principaux et d’envergure chez Moneris.

Le CH en séries

Le CH s’est officiellement qualifié pour les séries 2026 et affrontera le Lightning du Tampa Bay.

Le Tricolore a joué son dernier match à domicile le 11 avril dernier contre les Blue Jackets de Colombus et jouait son dernier match de la saison régulière mardi contre les Flyers à Philadelphie.

Jeudi marquait la fin officielle du calendrier régulier de la LNH alors que le début des séries éliminatoires est prévu pour samedi.