Travail

Violence au bloc psychiatrique du CHUL: le retour d’un agent de sécurité réclamé à grands cris

«Aucun travailleur ne devrait avoir peur de se présenter au travail.»

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CHUL CHU de Quebec (image: Noovo Info)

Deux mois après la sortie publique d’une infirmière qui s’était fait tabasser par un patient de l’aile psychiatrique du CHUL de Québec, des syndicats réclament le retour «immédiat» d’un agent d’intervention dans le bloc.

On affirme vouloir agir ainsi pour la sécurité du personnel, mais aussi des usagers. «Aucun travailleur ne devrait avoir peur de se présenter au travail», fait-on valoir.

«Depuis l’abolition, en novembre 2024, du poste d’intervenant spécialisé en pacification et en sécurité dédié à ce secteur, le personnel se retrouve trop souvent à devoir gérer lui-même des situations dangereuses, sans la formation ni le soutien requis pour y faire face», dénonce le Conseil central de Québec-Chaudière-Appalaches par voie de communiqué.

Le 19 août dernier, l’infirmière Patsy Van Damme confiait à Jean-Simon Bui de Noovo Info avoir été agressée à l’urgence psychiatrique au bloc E du CHUL pendant un quart de travail. Ses collègues et elle tentaient alors d’intervenir auprès d’un patient agressif. Celui-ci avait roué de coups le collègue de Patsy, qui était intervenue et qui avait ensuite été attaquée.

Après son agression, l’infirmière avait dénoncé l’absence d’un gardien de sécurité attitré à l’aile psychiatrique, poste qui a été supprimé après des compressions budgétaires. Dans un courriel envoyé à Noovo Info, le CHU de Québec avait confirmé être au courant de l’incident, qui était alors en cours d’analyse.

On mentionnait néanmoins que des agents de sécurité sont présents dans l’ensemble de ses installations. «Au CHUL comme dans les autres hôpitaux de l’établissement, les agents de sécurité ne sont pas dédiés à des unités spécifiquement, mais font des tournées régulières sur l’ensemble des départements», soulignait-on.

Deux mois plus tard, le Conseil central de Québec-Chaudière-Appalaches dénonce que les équipes de soin sont laissées à elles-mêmes avec des patients parfois dangereux.

«À l’urgence psychiatrique, des personnes arrivent parfois escortées par des policiers, en pleine désorganisation, puis sont confiées aux équipes soignantes sans qu’un agent d’intervention soit disponible pour assurer la sécurité des lieux», déplore le syndicat.

On demande donc à Santé Québec et aux établissements de santé concernés de rétablir une présence continue d’intervenant spécialisé en pacification et sécurité (ISPS) à l’urgence psychiatrique du CHUL, de renforcer la prévention de la violence et d’assurer une meilleure coordination des responsabilités en matière de sécurité. On souhaite aussi que les incidents soient mieux documentés.

«Le personnel ne peut continuer d’être exposé à des dangers évitables alors que des ressources spécialisées peuvent contribuer à prévenir les agressions et à soutenir les équipes.»

Enfin, le syndicat demande de «rapatrier à l’interne les activités de sécurité actuellement confiées à des agences privées».