Le café glacé est devenu, contre toute attente, le sujet d’une controverse au travail.
Une vidéo TikTok publiée par Caitlin Wehniainen, une recruteuse d’entreprise basée en Floride, a déclenché un débat : est-ce que se présenter à une entrevue d’emploi avec un café glacé ou un latte, c’est juste une petite dose de caféine inoffensive, ou un signe que le candidat ne prend pas l’entrevue au sérieux?
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.
Mme Wehniainen, qui a 16 ans d’expérience en recrutement et qui travaille surtout avec des entreprises du Fortune 500, explique dans la vidéo qu’arriver avec une boisson froide peut donner l’impression que l’entrevue n’est qu’une étape de plus dans une journée bien remplie de courses.
«On dirait que vous êtes passé chez Target, puis chez Starbucks. Maintenant, vous faites un saut à votre entrevue, puis vous passez à autre chose», a-t-elle dit dans cette publication virale. «Ça me semble un peu trop décontracté.»
La vidéo a suscité de nombreuses réactions, certains se demandant pourquoi une boisson devrait avoir une incidence sur une décision d’embauche. Mme Wehniainen précise toutefois que le but n’était pas de suggérer qu’un café glacé devrait déterminer si quelqu’un obtient un emploi.
«Si vous êtes vraiment convaincu de vos propres compétences et que vous avez travaillé très fort pour y arriver, je crois qu’on en tire une certaine fierté», a-t-elle expliqué lors d’une entrevue avec CTVNews.ca. «Lors d’une entrevue d’embauche, je veux que ce soit là le cœur de la conversation. Je ne veux pas nécessairement que la conversation s’égare vers quoi que ce soit d’autre qui détourne l’attention du fait que je fais ce que je fais, que je suis bonne dans ce que je fais, et que vous devrez être embauché.»
Mme Wehniainen a ajouté que le milieu de travail en général est déjà en train de changer, et que les attentes en matière de comportement professionnel pourraient continuer d’évoluer à mesure que les jeunes générations, en particulier la génération Z, font leur entrée sur le marché du travail.
«On a peut-être l’impression que les choses pourraient changer, ou qu’elles sont peut-être en train de changer au cours des 5 à 10 prochaines années, d’après ce qu’on observe», a-t-elle dit.
Cal Jungwirth, directeur des services de placement permanent chez Robert Half, une agence de recrutement basée au Canada, a affirmé que les employeurs recherchent des candidats engagés et professionnels.
«S’il y a quelque chose, par exemple un café glacé, qui risque de ne pas donner la meilleure première impression, mon conseil est de le laisser à la maison», a-t-il prévenu lors d’une entrevue avec CTVNews.ca.
«Mettez-vous en valeur. Vous n’avez qu’une seule chance. »
— Cal Jungwirth, directeur des services de placement permanent chez Robert Half
M. Jungwirth a aussi souligné l’évolution du milieu de travail et le fait que, pour certains jeunes professionnels, les entrevues d’embauche et les environnements de travail ont été entièrement virtuels. Ça veut dire qu’ils découvrent pour la première fois les subtilités d’une entrevue en personne.
«Regarder au-delà des exigences du poste»
Sweta Regmi, stratège en carrière et en CV, fondatrice et chef de la direction de Teachndo, a un point de vue différent sur ce que la vidéo virale révèle au sujet du processus d’embauche.
Selon elle, les recruteurs doivent faire attention à ne pas laisser leurs préjugés personnels influencer leur évaluation des candidats. «On nous explique comment mener les entrevues. Il y a une structure à respecter, mais parfois, ce genre de préjugés entre en jeu, et c’est là que les organisations doivent faire très attention à voir au-delà des exigences du poste», a-t-elle soutenu.
Mme Regmi a ajouté que l’accent devrait rester sur la capacité d’un candidat à faire le travail, plutôt que sur un jugement personnel quant à la façon dont il se présente.
«C’est carrément un biais de perception, pas vrai? Un biais d’opinion aussi. L’opinion n’a absolument pas sa place dans le recrutement. Sinon, le système de recrutement est complètement défaillant», a-t-elle indiqué
Cal Jungwirth a convenu que les attentes en milieu de travail évoluent, mais cela ne veut pas nécessairement dire que les idées traditionnelles sur le professionnalisme ont disparu.
Il a fait remarquer que les attentes concernant la tenue vestimentaire, par exemple, ont changé avec le temps et peuvent varier considérablement d’un milieu de travail à l’autre.
«Le mot-clé dans tout ça est simplement d’être conscient de la situation, et c’est bien d’avoir les yeux grands ouverts et de t’adapter. Si vous prévoyez une entrevue avec une organisation où les gens ont tendance à s’habiller un peu plus chic que dans d’autres, alors vous devez vous assurer de vous adapter à leur niveau», a-t-il recommandé.
Mme Wehniainen a précisé que la leçon la plus importante consiste à comprendre l’environnement dans lequel un candidat évolue et à se concentrer sur l’entrevue elle-même.
«Pour moi, c’est une évidence, mais pour quelqu’un d’autre, ça peut être déconcertant de comprendre qu’on vous évalue pendant l’entrevue pour vos compétences, et que minimiser les distractions ne peut que vous aider», a-t-elle répliqué. «L’important, c’est de bien se présenter, se préparer et d’être prêt à en découdre.»

