Depuis sept ans, Charbel Hannan et sa famille gèrent Lahmajoune Villeray, une boulangerie familiale qui sert des plats arméniens et moyen-orientaux.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.
Afin de partager l’histoire de sa famille et d’atteindre davantage de clients, la boulangerie a décidé d’utiliser les réseaux sociaux et de publier des vidéos sur TikTok.
«C’est un moyen de permettre aux gens de mieux connaître les coulisses de notre famille. L’histoire de notre famille et, bien sûr, d’améliorer notre marketing», explique Charbel Hannan, dont la famille gère Lahmajoune Villeray.
Il y a deux jours, Lahmajoune Villeray a reçu une lettre de l’Office québécois de la langue française (OQLF), après que l’organisme de surveillance de la langue française a indiqué avoir reçu une plainte concernant les publications de la boulangerie sur les réseaux sociaux, en particulier sur TikTok.
Au début, la famille a pensé que la lettre était peut-être fausse, mais elle s’est rapidement rendu compte qu’elle était authentique, ce qui l’a laissée stupéfaite.

«Nous étions un peu frustrés et inquiets, car nous ne sommes pas vraiment des experts en droit», a déclaré M. Hannan.
Dans une déclaration à CTV News, l’OQLF a affirmé: «En vertu de la Charte de la langue française, toutes les publications commerciales diffusées par une entreprise au sujet de produits ou de services destinés au marché québécois doivent être en français, y compris celles diffusées sur les réseaux sociaux.»
Cela ne signifie pas qu’une entreprise ne peut pas publier en anglais. L’OQLF précise: «Une entreprise peut également avoir deux versions du même compte sur les réseaux sociaux, par exemple une version anglaise et une version française du même compte Facebook. Dans ce cas, l’entreprise doit s’assurer que tout contenu publié destiné au marché québécois dans la version anglaise de son compte est simultanément publié en français dans la version française de ce dernier.»
M. Hannan explique que certaines publications de la boulangerie sont en anglais et d’autres en français.
«La plupart du temps, c’est en français et en anglais», souligne-t-il.
«Parfois, c’est uniquement en anglais, parfois uniquement en français. Nous ne nous sommes pas vraiment penchés sur cette question ; nous n’avons jamais voulu privilégier une langue par rapport à l’autre.»
— Charbel Hannan
Avant de rendre la situation publique, il explique que sa famille a appelé l’OQLF.
«Nous avons essayé de les contacter, nous avons essayé de les appeler plus de six fois, mais cela n’a pas fonctionné», explique M. Hannan. «Un agent nous transférait à un autre agent, nous n’arrivions jamais à joindre la bonne personne.»
Il admet que la boulangerie devra désormais faire plus attention lorsqu’elle utilisera les réseaux sociaux pour développer sa petite entreprise.

