Olga Valentin passe habituellement ses étés à sillonner l’Europe avec ses deux jeunes enfants, documentant leurs aventures en ligne pour son public de voyageurs en famille. Mais pas cette année.
«Tout est beaucoup plus cher et cela a certainement un impact sur nos décisions de voyage», a confié Mme Valentin, qui se fait appeler mini.jetsetter sur Instagram et a des enfants âgés de 4 ans et 7 ans. «Cet été, nous restons un peu plus près de chez nous.»
Elle n’est pas la seule.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.
Un nouveau sondage de la TD publié mardi révèle que 35% des Canadiens prévoient dépenser moins cet été, 61% des voyageurs réduisant activement leurs frais de voyage et 44% affirmant que la hausse des prix du carburant influence leurs choix de voyage. Ce sont 62% des Canadiens qui réorientent leurs dépenses vers des produits de première nécessité comme l’épicerie, le carburant et le logement.
Mme Valentin fait remarquer que les vols long-courriers sont «extrêmement chers en ce moment», et que pour les familles nombreuses, les coûts se multiplient.
«Si vous êtes une famille de quatre ou cinq personnes, ça finit par coûter très cher. Les hôtels sont ridicules aussi», a-t-elle ajouté.
Mme Valentin entend constamment ces enjeux via ses abonnés et constate un changement clair dans la façon dont les parents abordent l’été. Pour répondre à cette envie d’excursions plus près de chez soi, elle a contribué à la création d’un jeu de 50 cartes à gratter appelé le Play Day Passport, qui propose des itinéraires adaptés aux enfants à Toronto et dans ses environs.

Mme Valentin prévoit de faire du vélo avec sa propre famille dans la ville et de partir en voyage en voiture au Québec. «Je vois de plus en plus de gens qui restent près de chez eux, essayant de vivre davantage d’aventures locales», a-t-elle dit.
Selon le sondage, 79% des Canadiens prévoient de soutenir les entreprises locales ou canadiennes cet été et 48% affirment que c’est une priorité plus importante que l’année dernière.
«Tout le monde surveille un peu plus attentivement ses finances», a rapporté Leslie Logan, planificatrice financière principale chez TD. «Tout le monde établit simplement un budget un peu plus serré cet été que par le passé.»
Le conseiller en voyages McKenzie McMillan, de The Travel Group, estime que la situation est quelque peu nuancée. Il indique que les réservations ont ralenti, mais que ceux qui voyagent encore semblent prêts à dépenser davantage pour s’assurer que leurs voyages se concrétisent.
Il note qu’il y a eu un recul initial des voyages en Europe suite aux manchettes sur les coûts du carburant et le rationnement du kérosène à l’étranger, mais il estime que cette tendance s’inverse.
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«Ce que nous observons actuellement, c’est que les gens recommencent à réserver. Nous constatons en fait une forte augmentation des réservations pour l’Europe depuis deux semaines», a mentionné M. McMillan, qui estime que les prix des voyages continueront d’augmenter cet été.
Il souligne également l’intérêt croissant pour les voyages intérieurs.
«Sur les liaisons entre Vancouver et Toronto, où l’on observe habituellement surtout des voyages d’affaires, nous voyons beaucoup plus de voyageurs d’agrément décider de faire ces réservations», a précisé M. McMillan. «Sur la côte Ouest, nous constatons également que beaucoup de gens s’intéressent aux vols vers les Maritimes. Les vols vers des destinations comme Moncton, Halifax et St. John’s se remplissent assez rapidement cet été.»
Par ailleurs, une génération semble aller à contre-courant de la tendance générale. Le sondage de la TD a révélé que près d’un quart des répondants de la génération Z prévoient en fait d’augmenter leurs dépenses estivales, 32% d’entre eux affirmant que les pressions sociales influencent leurs décisions.
Leslie Logan explique que les souvenirs de la pandémie de la COVID-19 jouent un rôle important. «Ils sont jeunes, ils veulent sortir, ils veulent vivre leur vie. Ils ont ces confinements en mémoire, et ils veulent juste sortir», a-t-elle avancé.
Pour tous ceux qui se sentent à bout, la planificatrice financière principale chez TD a une solution qui ne coûte rien.
«Il y a une tendance à revivre un été des années 90. Passer à l’analogique. Éteindre nos écrans, sortir», a-t-elle dit, soulignant un engouement pour des activités comme le vélo et le fait de créer des liens avec les voisins, les amis et la famille.
«Il n’y a rien de mal à passer ce genre d’été plutôt que de subir la pression sociale de la comparaison avec ce que font les autres», a-t-elle soutenu.
Elle compte y prendre part aussi. «Je vais me déconnecter de mes réseaux sociaux personnels en juillet et en août pour retourner dans les années 90, et être vraiment présente et impliquée dans l’été», a-t-elle mentionné.

