Société

Jeux de hasard et d’argent: la pratique chute à Montréal, mais le jeu en ligne triple

Alors que la participation globale des Montréalais aux jeux de hasard est en baisse, une transformation numérique rapide s’opère en arrière-plan, selon la Direction régionale de santé publique de Montréal.

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Jeux de hasard et d’argent: la pratique chute à Montréal, mais le jeu en ligne triple (Montage Noovo Info) Jeux de hasard et d’argent: la pratique chute à Montréal, mais le jeu en ligne triple (Montage Noovo Info)

Alors que la participation globale aux jeux de hasard et d’argent – comme la loterie, les bingos ou les casinos – a chuté dans les dernières années à Montréal, une transformation numérique s’opère en arrière-plan, révèle jeudi un portrait de la Direction régionale de santé publique (DRSP) de Montréal.

L’enquête, menée en collaboration avec la Chaire de recherche sur l’étude du jeu de l’Université Concordia, dévoile que les jeux de hasard et d’argent sont en perte de popularité, alors que la participation globale des Montréalais est passée de 74 % en 2002 à 39 % en 2025.

À l’inverse, les chiffres indiquent que la proportion d’adultes jouant en ligne a triplé en sept ans, allant de 4,4% en 2018 à 13,3% en 2025 - une tendance déjà étudiée par l’Université de Concordia.

«Il y a une transformation assez importante des pratiques et le phénomène se transforme en cohérence avec d’autres comportements qu’on observe dans la société, comme une plus grande utilisation des écrans et des normes sociales qui évoluent », a partagé à Noovo Info Jean-François Biron, expert sur les dossiers de jeux de hasard et d’argent à la DRSP de Montréal.

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Le portrait de la Direction régionale de santé publique de Montréal n’a pas étudié la question des motivations des joueurs de jeux de hasard et d’argent, mais la littérature existante, notamment celle du Centre québécois d’excellence pour la prévention et le traitement du jeu (CQEPTJ) de l’Université Laval, met en lumière plusieurs facteurs dont le gain monétaire, le plaisir ou l’excitation, et la dimension sociale.

Des méfaits plus concentrés

La baisse de popularité des jeux de hasard et d’argent auprès des Montréalais a évidemment un effet direct sur le nombre de gens pouvant en subir les méfaits.

«On note que les méfaits sont moins répandus, parce qu’il y a moins de gens exposés aux jeux de hasard et d’argent, mais ils sont plus concentrés autour des activités où les mises sont plus grandes et plus rapides, comme les casinos ou le pari sportif en ligne, des jeux plus propices aux excès», a exprimé Jean-François Biron.

Selon l’étude de la DRSP de Montréal, ce sont d’ailleurs les hommes âgés entre 18 et 34 ans qui sont le plus attirés par les jeux de hasard et d’argent «risqués» et qui sont ainsi davantage touchés par du jeu «problématique».

Un autre volet de l’étude portant sur les habitudes des Montréalais vis-à-vis des jeux de hasard et d’argent porte sur l’acceptabilité sociale et la prévention du risque.

À la grande surprise de la Direction régionale de santé publique de Montréal, les gens perçoivent des risques assez élevés par rapport aux jeux de hasard et d’argent en ligne. «Les gens évaluent le risque presque au même niveau que le tabac, et ça, on ne le savait pas», a partagé Jean-François Biron.

La perception du risque que posent les jeux de hasard et d’argent est toutefois moins élevée chez les jeunes adultes, précise M. Biron. «Les populations qui sont les plus vulnérables à vivre des problèmes perçoivent moins de risque dans leur pratique.»

Appels à une réglementation de la publicité

Malgré une perception du risque nuancée, ce sont environ les trois quarts des Montréalais qui affirment être en faveur d’une interdiction de la publicité sur les jeux de hasard et d’argent en ligne, que ce soit des publicités de Loto-Québec ou de sites non régulés.

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La Direction régionale de santé publique de Montréal estime que le portrait des jeux de hasard et d’argent en ligne doit ouvrir la porte à des questionnements sur les modèles de régulation existants au Québec.

«On pense que les résultats apportent des éclairages importants sur plusieurs points, et on souhaite que ça mène à une réflexion sur la façon dont l’on commercialise les jeux de hasard et d’argent au Québec», a conclu Jean-François Biron.