Plus de 300 ressortissants étrangers ont été arrêtés lors d’une descente menée contre un réseau présumé de jeux d’argent en ligne dans la capitale indonésienne, a annoncé samedi la police, dans le cadre de l’une des plus importantes opérations de répression menées dans le pays contre les réseaux illégaux de paris en ligne.
Les 321 étrangers, principalement originaires du Vietnam, ont été arrêtés dans un immeuble commercial situé près du quartier chinois de la ville, que les enquêteurs ont décrit comme une plaque tournante pour plus de 70 sites de jeux d’argent en ligne ciblant des joueurs hors d’Indonésie, d’après les registres et les preuves numériques recueillies lors de la descente.
Parmi les personnes arrêtées figurent 228 Vietnamiens, 57 Chinois et le reste venait du Laos, du Myanmar, de Thaïlande, de Malaisie et du Cambodge, a déclaré Wira Satya Triputra, directeur de la brigade criminelle de la police nationale indonésienne. Il a indiqué que les enquêteurs étaient toujours à la recherche des organisateurs et des bailleurs de fonds derrière ce réseau.
«Nous avons arrêté les suspects en flagrant délit alors qu’ils menaient des activités liées aux jeux d’argent en ligne», a déclaré M. Triputra lors d’une conférence de presse samedi. Il a précisé que l’opération était organisée de manière structurée, avec des employés affectés à des rôles tels que le service client, le télémarketing et l’administration financière. La police estime que l’opération était en place depuis environ deux mois.
Les autorités ont indiqué que de nombreux syndicats du jeu déplaçaient fréquemment leurs opérations pour échapper à la détection, recrutant souvent des travailleurs étrangers pour gérer les sites web et les services à la clientèle.
M. Triputra a précisé que bon nombre des suspects étaient entrés en Indonésie avec des visas de visiteur de courte durée et avaient dépassé la durée de validité de leur permis tout en travaillant pour le réseau, et que «des infractions à la législation sur l’immigration ont été découvertes en plus des infractions présumées liées aux jeux d’argent et au blanchiment d’argent».
La police a saisi des espèces en plusieurs devises, des ordinateurs, des téléphones portables, des passeports et d’autres équipements qui auraient servi à gérer les sites de jeux d’argent. Les autorités estiment que le groupe exploitait au moins 75 plateformes de paris.
Samedi, 275 des personnes détenues avaient été officiellement désignées comme suspects, tandis que d’autres étaient toujours en cours d’interrogatoire, a affirmé M. Triputra. Les personnes inculpées risquent jusqu’à neuf ans de prison en vertu des lois pénales et d’immigration indonésiennes, ainsi qu’une amende de 2 milliards de roupies (158 000 $ CAN).
Des opérations criminelles transnationales similaires ont été découvertes ces derniers mois à Surabaya, Bali et Batam, soulignant la nécessité d’une coordination plus étroite entre les forces de l’ordre et les agences gouvernementales pour lutter contre les jeux d’argent en ligne et les escroqueries associées, a relevé Untung Widyatmoko, secrétaire du bureau indonésien d’Interpol.
Il a indiqué que les autorités avaient détecté des signes indiquant que des opérateurs de jeux d’argent en ligne précédemment basés au Cambodge délocalisaient leurs activités vers d’autres pays, dont l’Indonésie, après la répression menée par les autorités cambodgiennes.
«Après les mesures de répression au Cambodge, nous avons commencé à observer un déplacement vers l’Indonésie, ce à quoi nous nous attendions», a expliqué M. Widyatmoko.
Les jeux d’argent en ligne sont illégaux en Indonésie, le pays à majorité musulmane le plus peuplé au monde, qui a renforcé ses mesures de répression face aux inquiétudes liées au crime organisé et aux cyberopérations transfrontalières. La police a indiqué que l’enquête pourrait déboucher sur de nouvelles arrestations liées à des réseaux internationaux.
