De nombreux locataires montréalais qui vivent dans des immeubles du même propriétaire sont aux prises avec des problèmes d’insalubrité. Sur le terrain, Noovo Info a pu constater les dégâts. Plusieurs de ces locataires ont refusé de témoigner à visage découvert par peur de représailles.
Sur le Plateau-Mont-Royal, un locataire d’un immeuble de 28 logements est entré en contact avec Noovo Info. Dans ce dossier, l’homme affirme qu’il y a des coquerelles et des souris, que ça dure depuis des semaines, voire des mois, mais que rien n’est fait adéquatement pour qu’on puisse s’en débarrasser.
Le locataire en question nous a fait parvenir ses photos et ses vidéos en preuve. Il y a des trous, et des pièges sont posés partout dans son appartement.
Selon son témoignage, un exterminateur est venu à trois reprises au cours des derniers mois pour faire le ménage, mais des insectes sont toujours présents.
«Ça vient du bâtiment», croit le locataire. «Tu peux éradiquer pendant deux mois, mais je pense que ça reviendra tout le temps.»

«Ce n’est pas vrai»
D’autres locataires qui vivent dans cet immeuble ont confirmé à Noovo Info avoir des problèmes récurrents de coquerelles. Certains ont procédé à des travaux de calfeutrage par eux-mêmes.
«Ce n’est pas vrai», répond le propriétaire anglophone, du tac au tac, lorsque interrogé par Noovo Info au téléphone. «Je répare les problèmes, je m’occupe de mes problèmes et ça ne concerne pas les journalistes. C’est entre moi, les locataires et la Ville [de Montréal].»
Noovo Info a interrogé la Ville de Montréal pour voir son niveau d’implication dans ce dossier. L’arrondissement du Plateau Mont-Royal a confirmé qu’il y a eu une inspection le 28 juillet.
L’équipe d’inspection a constaté la présence d’un insecte non identifié, d’un élément s’apparentant à un excrément de souris, ainsi que de plusieurs pièges à vermine.
Le locataire a confirmé que trois exterminations professionnelles ont eu lieu dans les dernières semaines, et que les équipes de la Ville vont entrer en contact avec le propriétaire afin de lui demander les rapports d’extermination.
Des dizaines et des dizaines d’autres logements insalubres?
Selon nos vérifications, le même propriétaire possède au moins 200 portes à Montréal, incluant des immeubles à logement dans Villeray. Tuiles de plancher très endommagées, blattes, coquerelles… Noovo Info y a constaté le même genre de problème auprès d’un locataire.
«Le concierge m’avait déjà dit qu’il enverrait quelqu’un, mais personne n’est venu.» Ça, c’est pour son unité; il dit toutefois avoir eu connaissance de la présence d’un exterminateur contre la présence de rats.

En 2025, une locataire a poursuivi ce propriétaire devant le Tribunal administratif du logement (TAL) en raison d’un problème de coquerelles. Le TAL lui a ordonné d’effectuer les traitements nécessaires.
Noovo Info a interrogé les arrondissements où se situent les différents immeubles de ce propriétaire. Dans certains cas, on nous a expliqué qu’il y a eu des inspections sommaires. Ailleurs, on nous a conseillé de plutôt faire une demande d’accès à l’information auprès de la Ville de Montréal.
D’ici là, plusieurs de ces locataires vivent avec des problèmes d’insalubrité à l’intérieur des immeubles de ce propriétaire et plusieurs d’entre eux tentent de les régler par eux-mêmes.
Insalubrité dans mon logement: que faire?
Auprès de la Ville | «Le locataire doit d’abord contacter le propriétaire. Si celui-ci n’agit pas rapidement, le locataire peut alors signaler le problème à la Ville, qui évaluera si une inspection est nécessaire. […] La Ville a le droit d’intervenir dans un logement locatif qui présente un problème de salubrité, d’entretien ou de sécurité.» Source : Ville de Montréal
Auprès du TAL | «Un locataire peut introduire un recours pour résilier le bail ou obtenir une ordonnance obligeant le locateur à exécuter des travaux lorsque leur inexécution risque de rendre le logement impropre à l’habitation ou lorsque le logement est devenu impropre.» Source : TAL

