Un chantier de construction situé dans le quartier de Pointe-Saint-Charles, à Montréal, est désormais fermé pour une durée indéterminée après que des analyses du sol ont confirmé la présence de contaminants dangereux sur le terrain.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.
Depuis des semaines, les résidents se plaignaient des émanations et se disent soulagés que les travaux aient cessé, mais ils attendent toujours des réponses.
Loretta Snoeren habite dans le secteur et évite de s’approcher du chantier.
Elle a fait une exception samedi, non pas parce qu’elle se sent en sécurité, mais parce qu’elle souhaite que ses préoccupations soient entendues.
«Je n’ouvre pas mes fenêtres parce que j’ai un bébé de trois mois à la maison, et je ne veux pas qu’il soit exposé à ça», a-t-elle dit.
«Je ne veux pas passer à côté. Quoi que ce soit, ça sent mauvais.»
— Loretta Snoeren
Au coin des rues Island et Augustin-Cantin, le site est désormais silencieux.
La santé publique de Montréal indique que le niveau de contamination détecté lors des travaux d’excavation est plus élevé que prévu.
Les analyses du sol ont révélé la présence d’hydrocarbures pétroliers, d’hydrocarbures aromatiques polycycliques et de métaux lourds.
L’épidémiologiste environnemental Scott Weichenthal affirme qu’une exposition de quelques mois n’est pas susceptible d’augmenter de manière significative le risque de cancer, mais sa principale préoccupation concerne la suite des événements.
«Le risque à long terme réside probablement dans le fait que, si l’on construit un immeuble sur ce site sans traiter adéquatement le sol, la contamination pourrait en quelque sorte s’infiltrer dans l’air intérieur de l’immeuble qui y sera érigé», a déclaré M. Weichenthal.
La santé publique précise que les résultats préliminaires ne laissent pas entrevoir de risque immédiat pour la santé, mais souligne que les odeurs peuvent provoquer des maux de tête et des nausées.
Le site restera fermé pendant l’examen des résultats d’analyses supplémentaires.
M. Weichenthal affirme que l’odeur, les symptômes signalés et le reflet arc-en-ciel sur l’eau stagnante indiquent tous une fuite de mazout qui pourrait avoir contaminé le sol depuis des années.
Comme d’autres analyses de l’air doivent encore être effectuées, il souligne qu’il faut mesurer les bons contaminants.
«Ils devraient mesurer certains composés organiques, comme les composés organiques volatils, qui sont probablement à l’origine de certains symptômes, tels que les maux de tête, les nausées et ce genre d’irritation des voies respiratoires supérieures», a indiqué M. Weichenthal.

Pour de nombreux résidents du voisinage, l’incertitude persistante est tout aussi frustrante que l’odeur.
«On ne nous a jamais dit quoi que ce soit du genre “oh, vous devriez garder vos fenêtres fermées”», a dit Katie Scribner, une résidente.
«Nous ne savons pas s’il y a un danger lié à ce que nous respirons.»
— Katie Scribner
«Quelle part de ces renseignements nous est réellement communiquée?», a demandé Tay-Son Nguyen. «Que savons-nous réellement de ce qui se passe, et quelle quantité d’information vont-ils partager avec nous?»
Pour Mme Snoeren, la suspension des travaux apporte un certain soulagement, mais pas encore la tranquillité d’esprit.
«Pour l’instant, on est toujours en plein dedans», a-t-elle exprimé. «Rien n’a vraiment cessé. Ça s’est arrêté pour les autres, mais pas pour nous. On continue de respirer ces particules.»
