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Les Canadiens se sentent peu protégés contre les entrepreneurs frauduleux

Une majorité estime que les gouvernements font un travail «médiocre» à ce sujet, selon un sondage de Nanos Research.

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Gino and Cristabell Carletti Gino et Cristabell Carletti, de Mississauga, en Ontario, ont été victimes d’une escroquerie de la part d’entrepreneurs. (Pat Foran/CTV News)

Un nouveau sondage de Nanos Research, réalisé exclusivement pour CTV News, révèle que plus du tiers des Canadiens estiment que les gouvernements font un travail médiocre, voire très médiocre, pour protéger les propriétaires contre les entrepreneurs peu scrupuleux ou frauduleux.

L’équipe d’enquête W5 de CTV News a recueilli les témoignages de nombreux propriétaires canadiens qui ont payé pour des rénovations qui n’ont jamais été achevées, ou qui ont été victimes d’escroquerie après avoir payé des travaux qui n’ont été que très peu, voire pas du tout, réalisés.

Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.

Doreen Johnson, de Brampton, en Ontario, a embauché une entreprise l’année dernière pour construire une entrée distincte à sa maison afin de pouvoir aménager un appartement au sous-sol pour son fils. Elle a versé 28 000$ d’avance à l’entreprise, car l’entrepreneur avait prétexté avoir besoin de cet argent pour acheter des matériaux. Mme Johnson a déclaré que dès qu’elle lui a remis les fonds, il n’est jamais revenu.

«J’ai l’impression de m’être fait voler. Je me sens stupide, j’ai l’impression d’avoir été escroquée», a confié Mme Johnson.

Doreen Johnson Doreen Johnson.

CTV News a également interviewé Gino et Cristabell Carletti, de Mississauga, en Ontario, qui disposaient déjà d’un sous-sol aménagé, mais qui avaient décidé l’année dernière d’y ajouter une cuisine et une entrée indépendante afin d’en faire un appartement en sous-sol conforme aux normes.

Ils ont trouvé une entreprise qui affirmait pouvoir réaliser les travaux pour 85 000$. Les entrepreneurs de cette entreprise ont démoli l’étage inférieur de leur maison et ne sont jamais revenus pour terminer les travaux, une fois qu’ils ont été payés.

«Je me sens triste et déçue, car je ne sais pas comment nous allons terminer ce projet», a déclaré Cristabell Carletti.

Ils ne sont pas les seuls dans cette situation.

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Le sondage a révélé que 39,1 % des Canadiens estiment que les gouvernements font un mauvais travail (23,8 %) ou un très mauvais travail (15,3 %) pour protéger les propriétaires contre les entrepreneurs peu scrupuleux ou frauduleux, tandis que seulement 5,2 % estiment que les gouvernements font un très bon travail (1,4 %) ou un bon travail (4,8 %) pour protéger les propriétaires contre ces entrepreneurs.

Gino and Cristabell Carletti of Mississauga, Gino and Cristabell Carletti. (CTV News)

W5 a contacté l’unité chargée de la lutte contre la criminalité financière du Service de police de Toronto.

Le détective David Coffey a indiqué que des signalements d’escroqueries liées à la rénovation résidentielle avaient été enregistrés quotidiennement cette année.

«Officiellement, nous avons reçu environ 150 signalements d’escroqueries liées à la rénovation (depuis le début de l’année)», a souligné M. Coffey.

Souvent, lorsque des propriétaires sont victimes d’une escroquerie, ils contactent la police. Les enquêteurs peuvent enregistrer une plainte, mais ils n’interviennent pas toujours.

W5 a demandé à M. Coffey : «Souvent, lorsque les gens se font escroquer dans le cadre d’une arnaque à la rénovation, ils pensent que la police va les aider. Mais ce n’est pas le cas, n’est-ce pas?»

«Parce qu’il y a cette ligne floue, cette zone grise entre le fait qu’il s’agisse d’une affaire criminelle ou d’une affaire civile… c’est la première chose que nous devons déterminer», a expliqué M. Coffey, ajoutant : «je sais que cela frustre les gens.»

Doreen Johnson's La maison de Doreen Johnson à Brampton, en Ontario. (Pat Foran/CTV News)

La police n’intervient que si elle peut clairement prouver la fraude, le vol et l’intention de tromper.

«Il ne s’agit pas simplement de prouver qu’un entrepreneur est malhonnête, car il existe des entrepreneurs malhonnêtes qui ne savent tout simplement pas tenir leurs promesses. C’est une chose. Cela relève du droit civil; nous devons démontrer l’intention criminelle», a affirmé M. Coffey.

L’Association canadienne des constructeurs d’habitations (ACCH) a indiqué que les consommateurs peuvent essayer de se protéger en vérifiant les références, en obtenant plusieurs soumissions et en établissant un contrat détaillé.

Doreen Johnson's home in Brampton, Ont. (Pat Foran/CTV News) La maison de Doreen Johnson à Brampton, en Ontario. (Pat Foran/CTV News)

Kevin Lee, chef de la direction de l’ACCH, a indiqué que l’un des meilleurs moyens de se protéger consiste à établir un échéancier de paiement, et que les versements ne devraient être effectués qu’au fur et à mesure que les travaux sont achevés. «Bon nombre des histoires d’horreur que l’on entend concernent des gens qui continuent d’effectuer des paiements alors qu’il ne se passe rien sur le chantier, ce qui est vraiment un bon indicateur qu’il ne faut plus avancer d’argent.»

M. Johnson et les Carletti ont tous deux déclaré à CTV News qu’ils auraient souhaité qu’il y ait davantage de règlements en place pour protéger les propriétaires lorsque les rénovations tournent mal, car les répercussions financières peuvent être dévastatrices.

«Nous payons pour quelque chose que nous n’avons pas obtenu», a dit Gino Carletti.

M. Johnson a conclu : «Je veux récupérer mon argent afin de pouvoir confier le travail à quelqu’un d’autre.»

Pat Foran

Pat Foran

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Consumer Alert Video Journalist, CTV News Toronto