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Beaucoup de clients mécontents après des travaux inachevés menés par cet entrepreneur

«Ça fait mal. C’est beaucoup d’argent.»

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Tina Sharma, de Brampton, en Ontario, souhaitait aménager un appartement au sous-sol afin de percevoir un revenu supplémentaire. (Pat Foran/CTV News) Tina Sharma, de Brampton, en Ontario, souhaitait aménager un appartement au sous-sol afin de percevoir un revenu supplémentaire. (Pat Foran/CTV News)

L’équipe d’enquête W5 de CTV News a recueilli les témoignages de plusieurs propriétaires canadiens qui affirment avoir payé pour des rénovations qui n’ont jamais été achevées.

Ils ont tous un entrepreneur en commun, David Wolf, que W5 a interpellé dans le cadre d’une enquête de plusieurs mois sur ses activités.

Ce texte est une traduction d’un article de CTV News. Ceci est la première partie d’une série d’enquêtes consacrées aux rénovations résidentielles au Canada.

Tina Sharma, de Brampton, en Ontario, souhaitait aménager un appartement au sous-sol afin de générer un revenu supplémentaire. Selon Mme Sharma, le sous-sol était déjà partiellement aménagé: il comprenait une salle de bains terminée, deux pièces de rangement et environ la moitié de la charpente était déjà en place.

Il y a deux ans et demi, elle a embauché un entrepreneur pour terminer l’aménagement du sous-sol afin qu’il soit prêt à générer des revenus de location. Mme Sharma a remis 33 000 $ à l’entrepreneur, soit environ 90% des fonds prévus dans le contrat qu’elle avait signé. L’entrepreneur a commencé les travaux, mais elle affirme que de nombreux éléments n’ont pas été achevés, notamment la salle de lavage et la cuisine.

«Ça fait mal. C’est beaucoup d’argent», a lancé Mme Sharma.

Mme Sharma a expliqué que, lorsque l’entrepreneur n’est pas revenu, elle a dû engager une autre entreprise pour installer ses armoires de cuisine. Elle doit encore terminer les travaux d’électricité et la salle de lavage.

Tina Sharma dans son sous-sol non aménagé à Brampton, en Ontario. Tina Sharma dans son sous-sol non aménagé à Brampton, en Ontario.

«Il a été payé pour tout ça et j’ai dû encore une fois payer de ma poche pour faire faire le travail, parce que ça fait plus de deux ans», a-t-elle dit. «Il a tout simplement disparu. Il a simplement ignoré mes appels et m’a complètement laissée tomber.»

Mme Sharma a versé cette somme à David Wolf, propriétaire de Yours Construction, une entreprise d’Innisfil, en Ontario. Sur les réseaux sociaux, elle a trouvé d’autres personnes qui avaient fait appel à ses services et qui affirmaient avoir payé pour des projets non achevés.

Tony Chang, de Richmond Hill, en Ontario, a déclaré à W5 qu’il avait versé 55 000 $ à Wolf pour des rénovations dans sa maison. M. Chang a indiqué que, bien qu’il estime que Wolf ait achevé environ 80% des travaux, ceux-ci auraient pris six mois au lieu des six semaines promises. Il a ajouté qu’il avait dû engager d’autres entrepreneurs pour terminer le projet.

«À l’époque, c’était très frustrant d’emménager dans une maison inachevée et d’avoir tout ce poids sur nos épaules», a-t-il mentionné.

Imran Ghafoor, de Brampton, en Ontario, souhaitait lui aussi aménager un appartement au sous-sol pour générer un revenu après qu’une tumeur au cerveau l’ait rendu incapable de travailler.

M. Ghafoor a prélevé près de 15 000 $ du compte bancaire de son enfant, sur lequel ils épargnaient pour ses études, afin de financer la rénovation du sous-sol. Il espérait que les revenus de location lui permettraient de récupérer ces fonds.

Mais selon la famille, après avoir remis 14 900 $ à M. Wolf, celui-ci ne serait jamais revenu et n’aurait effectué aucun travail sur leur maison.

«Il n’a finalement rien fait. Il n’a rien commencé et a complètement disparu», a souligné Saman Imran, l’épouse d’Imran Ghafoor.

Des professionnels mis à pied, selon l’entrepreneur

W5 s’est entretenu avec d’autres propriétaires qui affirment que M. Wolf a empoché de l’argent pour des projets sans les mener à bien. L’équipe a également parlé à des artisans qui affirment avoir été embauchés par M. Wolf, mais ne pas avoir été payés pour leurs services.

Page Instagram de David Wolf Capital (Pat Foran/CTV News) Page Instagram de David Wolf Capital (Pat Foran/CTV News)

Marc Basile, de Brampton, est propriétaire d’une entreprise d’électricité et a été embauché par M. Wolf. Bien qu’il affirme que les deux premiers chantiers pour lesquels il avait été embauché se sont bien déroulés, il soutient que M. Wolf a refusé de le payer pour six chantiers distincts et supplémentaires, ce qui a coûté 30 000 $ à son entreprise.

M. Basile a ajouté qu’il y avait également un coût humain. «Ça fait mal», a-t-il confié. «J’avais des employés, et avec tout ce qui s’est passé, j’ai dû les congédier.»

Confrontation avec Wolf

W5 a vérifié auprès du Registre des entreprises de l’Ontario et les dossiers indiquent que David Wolf a fermé Yours Construction en mai 2023, puis a ouvert David Wolf Construction Group Inc. en avril 2025.

W5 a passé plusieurs appels à David Wolf Construction Group Inc. et laissé des messages. Nos appels sont restés sans réponse.

W5 a réussi à retrouver David Wolf dans une immense maison neuve à Innisfil, en Ontario. Après avoir frappé à la porte et sonné pendant plusieurs minutes, M. Wolf est apparu depuis son garage, mais il s’est rapidement glissé à l’intérieur et a fermé la porte du garage, ne laissant qu’une petite fente au bas.

«Bonjour, David. C’est Pat Foran, de CTV News. Nous avons reçu des plaintes selon lesquelles vous auriez entrepris des rénovations, encaissé de l’argent sans terminer les travaux», a dit le journaliste à M. Wolf.

Page Instagram de David Wolf Capital (Pat Foran/CTV News) Page Instagram de David Wolf Capital (Pat Foran/CTV News)

M. Wolf a répondu qu’il n’était plus dans le domaine de la rénovation résidentielle, mais il a ajouté qu’il n’était pas prêt à parler des allégations portées contre lui.

«Je serais plus qu’heureux d’en discuter», a-t-il dit.

«Nous sommes là. Pourquoi ne pas sortir pour en discuter?», a rétorqué le journaliste.

«Vous pouvez m’en parler, mais pas ici, pas tout de suite», a lancé l’entrepreneur.

Wolf a pris la carte d’affaires de CTV News, et n’a jamais rappelé le journaliste pour parler des allégations.

L’équipe de W5 a donné suite en laissant un autre message téléphonique à l’entreprise de M. Wolf après lui avoir parlé chez lui. Mais là encore, sans réponse.

Pour Tina Sharma, qui a versé 33 000 $ à M. Wolf, le processus visant à faire aménager son sous-sol a été long et difficile, et elle est frustrée qu’il n’y ait pas davantage d’aide pour les consommateurs lorsque les rénovations tournent mal.

«Beaucoup d’entre nous, les victimes, sommes laissés pour compte», a mentionné Mme Sharma.

Une personne sur quatre connaît des cas de travaux inachevés

Un sondage CTV News/Nanos a révélé que 26,7% des Canadiens ont déclaré qu’eux-mêmes, un membre de leur famille ou une de leurs connaissances avaient vécu une situation de rénovation résidentielle où l’argent avait été encaissé, mais où les travaux n’avaient pas été menés à terme.

Le sondage a révélé que, bien qu’à l’échelle nationale, 71% des répondants n’ont jamais connu de problèmes liés à des rénovations inachevées, 12,3% ont indiqué connaître quelqu’un dans cette situation. Neuf pour cent ont déclaré en avoir personnellement fait l’expérience, et 5,4 % ont indiqué qu’un membre de leur famille avait été confronté à un cas où le paiement avait été encaissé pour des rénovations résidentielles, mais où les travaux n’avaient pas été menés à terme.

Avec la collaboration de Farah Chandani

Pat Foran

Pat Foran

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Consumer Alert Video Journalist, CTV News Toronto