La série Heated Rivalry (Rivalité passionnée) connait un véritable succès, autant au Canada qu’à l’international.
L’adaptation des livres de Rachel Reid a d’ailleurs été l’émission la plus visionnée de la plateforme Crave durant le temps des Fêtes.
La romance sportive, qui suit l’histoire d’amour torride de deux joueurs de hockey professionnel se penche aussi sur l’homophobie qui règne dans le milieu sportif.
Un tabou qui était aussi partagé dans les ligues féminines de hockey, il y a quelques années, mentionne Karell Émard, ex-joueuse et analyste en entrevue avec Noovo Info.
Or, depuis plus d’une dizaine d’années, les ligues féminines ont montré une plus grande ouverture d’esprit face à l’homosexualité, souligne-t-elle.
«On est peut-être une dizaine ou quinzaine d’années en avance sur le hockey professionnel des gars au niveau de l’inclusivité», mentionne l’analyste, ajoutant toutefois que des athlètes féminines ont passé par le même chemin que les personnages principaux de la série, en devant cacher leur relation.
Elle raconte qu’il y a déjà eu des règlements à l’époque qui interdisaient les femmes d’entretenir une relation amoureuse si elles étaient dans la même équipe afin d’éviter les «drames».
Ce sont lorsque certaines d’entre elles sont sorties devant les projecteurs pour annoncer leur sexualité que le tabou a commencé à se briser, ouvrant la porte à d’autres pour faire de même.
«Je pense à Charlène Labonté qui est sortie officiellement après les Jeux olympiques de Sotchi en 2014, ç’a ouvert les portes à d’autres. Ç’a permis aussi à d’autres gens de se voir à travers ces joueuses-là», avance Mme Émard.
Elle mentionne qu’une relation entre rivale comme celle de Shane Hollander et Ilya Rozanov dans la série de Crave sont des scénarios qui sont vus dans les ligues féminines de hockey. Mais comme dans la série, les femmes ne laissent pas leur relation affecter leur performance.
«On le voit au niveau professionnel, il y a des filles qui sont fiancées avec leur rivale. […] Ces cas-là existent et le monde du hockey féminin le rend beaucoup plus inclusif, ce n’est pas mal vu», souligne l’ex-joueuse.
Selon elle, les relations amoureuses cachées, comme celle montrée dans la série, pourraient être présentent dans les ligues masculines. Heated Rivalry, qui ouvre déjà la porte aux discussions sur l’homosexualité, pourrait aussi aider à s’attaquer au tabou de l’homophobie dans les vestiaires.
«Le message de ce show-là est beaucoup plus grand que la relation entre les deux personnages… C’est le vécu, c’est ce qu’ils passent au travers, toutes les étapes, comme de ne pas être capable de vivre des moments glorieux avec la personne à qui tu tiens. C’est vraiment quelque chose pour des athlètes de tout sport confondu qui sont encore dans la garde-robe ont déjà vécu», dit-elle.
Karell Émard soutient d’ailleurs qu’il faudra probablement qu’un joueur populaire de la Ligue nationale de hockey (LNH) sorte du placard pour rendre l’homosexualité plus acceptable dans le monde du hockey.
«Je pense que ce show-là fait en sorte que la conversation débute, mais il y a aussi une ouverture d’esprit à faire», souligne-t-elle.
Voyez son entrevue avec Noovo Info dans la vidéo.
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