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La NASA reporte une nouvelle mission lunaire à la suite d’un problème de fusée

Le mois d’avril est désormais la date la plus proche à laquelle les quatre astronautes d’Artemis II pourraient s’envoler vers la Lune.

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NASA Artemis Moonshot La fusée SLS (Space Launch System) Artemis II de la NASA avec le vaisseau spatial Orion est visible au complexe de lancement 39B du Centre spatial Kennedy, dimanche 1er février 2026, à Cap Canaveral, en Floride. (John Raoux/AP)

Nouveau revers pour le retour d’astronautes sur la Lune, la NASA a reporté une nouvelle fois le vol très attendu de la fusée Artemis après l’apparition d’un nouveau problème sur la fusée samedi.

Le mois d’avril est désormais la date la plus proche à laquelle les quatre astronautes d’Artemis II pourraient s’envoler vers la Lune.

La NASA a révélé ce nouveau problème au lendemain de la fixation du 6 mars pour Artemis II, le premier vol habité vers la Lune depuis plus d’un demi-siècle. Durant la nuit, l’alimentation en hélium de l’étage supérieur de la fusée a été interrompue, ont indiqué les responsables.

L’hélium solide est essentiel pour purger les moteurs et pressuriser les réservoirs de carburant.

Ce problème d’hélium est sans lien avec les fuites d’hydrogène qui ont perturbé une répétition générale du compte à rebours de la fusée Space Launch System (SLS) plus tôt ce mois-ci et qui ont nécessité un nouvel essai.

L’administrateur de la NASA, Jared Isaacman, a déclaré qu’un filtre, une vanne ou une plaque de connexion défectueux pourrait être à l’origine de l’interruption de l’alimentation en hélium. Quelle qu’en soit la cause, a-t-il dit, le seul moyen d’accéder à la zone et de résoudre le problème est de ramener la fusée de 98 mètres dans son hangar pour réparation.

«Nous allons entamer les préparatifs de son retour, ce qui exclut de fait la fenêtre de lancement de mars», a indiqué M. Isaacman via X.

«Je comprends la déception que suscite cette situation, a-t-il ajouté. Cette déception est particulièrement ressentie par l’équipe de la NASA, qui a travaillé sans relâche à la préparation de cette mission d’envergure.»

Plus tôt dans la journée, la NASA avait annoncé se préparer à ramener la fusée au bâtiment d’assemblage des véhicules du Centre spatial Kennedy, tout en évoquant la possibilité d’effectuer les travaux sur le pas de tir.

La situation évolue, a annoncé la porte-parole Cheryl Warner. Que les réparations soient effectuées sur le pas de tir ou dans le hangar, les préparatifs de retour à la fusée à eux seuls excluent toute possibilité de lancement en mars, a-t-elle précisé.

Des fuites d’hydrogène avaient déjà retardé d’un mois le survol lunaire d’Artemis II. Un deuxième test de remplissage des réservoirs, effectué jeudi, n’a révélé quasiment aucune fuite, ce qui a permis aux responsables d’envisager un décollage en mars avec confiance.

Les quatre astronautes ont entamé leur quarantaine de deux semaines vendredi soir, une mesure obligatoire pour éviter toute contamination.

Selon M. Isaacman, le système d’hélium de la fusée a parfaitement fonctionné lors des deux répétitions générales. Ce «développement inattendu» est survenu plus tard lors de tests de routine, obligeant les ingénieurs à veiller toute la nuit pour analyser la situation.

L’interruption du flux d’hélium est circonscrite à l’étage de propulsion cryogénique intermédiaire de la fusée SLS. Cet étage supérieur est essentiel pour placer la capsule Orion sur l’orbite terrestre haute requise pour les vérifications, après le décollage.

Il est ensuite censé se séparer d’Orion et servir de cible aux astronautes à l’intérieur de la capsule, leur permettant de s’entraîner aux techniques d’amarrage pour de futures missions lunaires.

Durant le programme Apollo de la NASA, 24 astronautes ont marché sur la Lune de 1969 et 1972. Le nouveau programme Artemis n’a effectué qu’un seul vol à ce jour: une mission orbitale lunaire sans équipage en 2022.

Ce premier vol d’essai a également été marqué par des fuites d’hydrogène avant le décollage, ainsi que par un problème d’hélium similaire à celui survenu samedi.

Le premier alunissage habité dans le cadre du programme Artemis n’est pas prévu avant plusieurs années.