Santé

Une clinique pédiatrique de Montréal fermera ses portes en raison de la loi 2

«C’était le coup de grâce.»

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La clinique Tiny Tots du Square Décarie fermera ses portes en janvier 2026. La clinique Tiny Tots du Square Décarie fermera ses portes en janvier 2026. (CTV News)

Une autre clinique médicale de Montréal a annoncé qu’elle fermait ses portes, en partie à cause de la loi controversée du gouvernement québécois sur les salaires des médecins.

Une affiche sur la porte de la clinique pédiatrique Tiny Tots, située au square Décarie, indique qu’elle cessera progressivement ses activités au début du mois de janvier 2026.

Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.

«Soyez assurés que nous travaillons activement à trouver des solutions de relocalisation afin d’assurer la continuité des soins et de maintenir la qualité du service», a-t-on indiqué dans une affiche.

La clinique est gérée par ELNA Médical, une société basée à Montréal qui se présente comme l’un des plus grands réseaux de cliniques médicales, comprenant plusieurs centres de soins primaires dans la région de Montréal.

Seule la clinique pédiatrique au Square Décarie, qui accueille plus de 20 000 patients, ferme ses portes.

Oren Sebag, conseiller municipal de Côte Saint-Luc qui gère également les cliniques ELNA, a confié mardi soir que le groupe médical avait connu des difficultés financières au cours de l’année écoulée et que l’«exode» des médecins constituait un défi permanent.

Après avoir demandé la protection contre ses créanciers, la société a été vendue l’été dernier à un groupe d’investisseurs.

Le nombre de médecins a diminué pour atteindre une «équipe réduite» d’environ neuf à dix personnes, a-t-il dit.

Les tensions récentes autour du projet de loi provincial sur la rémunération des médecins, connu sous le nom de projet de loi 2, ont aggravé la situation, a ajouté M. Sebag.

La loi 2 «a été le coup de grâce», a-t-il lâché.

La loi, qui a été adoptée en octobre afin d’accélérer son adoption, lie 10% du salaire des médecins à des indicateurs de performance fixés par la province.

Si les objectifs ne sont pas atteints, notamment celui de voir plus de patients, une partie de leur salaire peut être récupérée.

Elle prévoit également des sanctions sévères pour les médecins qui boycottent ou contestent la nouvelle loi dans le cadre d’une action «concertée».

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D’autres cliniques ont fermé leurs portes ou ont déclaré qu’elles pourraient être contraintes de le faire en raison des implications de la loi.

Fin novembre, le Dr Rachel Tessier, copropriétaire du Centre médical pour enfants LaSalle, a annoncé à ses patients qu’elle fermerait sa clinique au printemps, citant le projet de loi 2 comme principale raison.

Le GMF Hudson Medicentre, à l’ouest de Montréal, a également annoncé sa fermeture à compter du 1er avril 2026 en raison de la réforme.

Les médecins ont vivement critiqué la loi qui autorise les inspecteurs à entrer dans les cliniques pour examiner des dossiers sensibles afin de s’assurer de leur conformité.

Le gouvernement provincial est toujours en négociation avec les dirigeants des deux principales fédérations représentant les médecins de famille et les médecins spécialistes avant l’entrée en vigueur de cette loi controversée au début de la nouvelle année.

Les deux groupes affirment que cette loi est intenable.

La pression est forte sur le gouvernement pour qu’il parvienne à un accord, car le dernier jour de session de l’Assemblée législative du Québec avant les vacances est vendredi.