Santé

Thérapeutique Knight commercialise des médicaments pour les patients «oubliés»

La petite société cotée en Bourse obtient les droits de licences pour commercialiser des médicaments au Canada et en Amérique latine.

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Thérapeutique Knight se spécialise dans la commercialisation de médicaments pour les petits marchés négligés. Sa présidente et chef de la direction, Samira Sakhia, photographiée au siège social à Montréal le mercredi 19 août 2026. LAPRESSECANADIENNE/... La présidente et chef de la direction de Thérapeutique Knight, Samira Sakhia, photographiée au siège social à Montréal le mercredi 19 août 2026. (Christinne Muschi/La Presse canadienne)

Les patients canadiens sont parfois «oubliés» par les sociétés pharmaceutiques qui développent de nouveaux traitements. Méconnue du grand public, l’entreprise montréalaise Thérapeutique Knight se spécialise dans la commercialisation de médicaments pour les petits marchés négligés.

La petite société cotée en Bourse obtient les droits de licences pour commercialiser des médicaments au Canada et en Amérique latine. Elle compte 147 employés au Canada, dont 97 sont établis au Québec.

«Il y a beaucoup d’entreprises qui sont intéressées à la commercialisation dans les grands marchés, comme l’Europe ou les États-Unis, mais plusieurs des petits marchés se font oublier», explique sa présidente et chef de la direction, Samira Sakhia, en entrevue au siège social de l’entreprise à Montréal.

Son équipe connaît bien ses marchés au Canada et en Amérique latine ainsi que leur complexe processus d’approbation, affirme la dirigeante. Cette expertise permet à Thérapeutique Knight de se démarquer auprès des sociétés qui cherchent un partenaire pour commercialiser leurs médicaments dans des pays ayant moins de patients potentiels, selon elle.

«Les entreprises, comme nous, sont capables d’amener ces produits innovants à des endroits où ils ne seraient pas disponibles autrement», enchaîne-t-elle.

Mme Sakhia donne en exemple un médicament dans son portefeuille qui permet de réduire les nausées provoquées par la chimiothérapie.

«J’ai des employés dans notre équipe qui ont reçu des traitements contre le cancer qui l’ont pris, raconte-t-elle. Ça a changé leur vie parce qu’ils peuvent retourner à leur quotidien, mais ça améliore aussi la qualité des soins, car ils sont assez en forme pour le prochain traitement.»

Thérapeutique Knight se concentre sur des médicaments spécialisés, qui sont prescrits par un petit nombre de médecins. Son portefeuille touche notamment à l’oncologie, l’hématologie, l’Alzheimer et le Parkinson.

«Les antidépresseurs, par exemple, ce n’est pas quelque chose qui nous intéresse, explique Mme Sakhia. Les médecins généralistes peuvent les prescrire. Ça demanderait une équipe de vente de centaines de personnes.

«Si vous prenez en exemple l’Alzheimer ou le Parkinson, c’est un petit nombre de spécialistes qui prescrivent ces produits, ajoute-t-elle. C’est vraiment dans ce segment thérapeutique que nous investissons.»

Un modèle déjà éprouvé

La croissance de Thérapeutique Knight est alimentée par l’obtention de nouvelles licences ou l’acquisition d’autres sociétés pharmaceutiques.

Fondée en 2014, l’entreprise a repris ainsi la recette de Laboratoires Paladin. Avec une valeur de 1 million $ en 1995, la société a grandi pour être vendue à un prix de 3,2 milliards $ en 2014.

Peu après la conclusion de la transaction, le fondateur Jonathan Goodman s’est relancé en affaires en adoptant le même modèle avec Thérapeutique Knight. Mme Sakhia a d’ailleurs travaillé pour les deux entreprises montréalaises.

Pour boucler la boucle l’an dernier, Thérapeutique Knight a d’ailleurs racheté les actifs de Paladin pour une transaction d’entre 120 millions $ et 135 millions $, selon l’atteinte de certains seuils de vente.

Un pilulier à renouveler continuellement

Le pilulier de Thérapeutique Knight doit sans cesse être renouvelé, car la valeur des médicaments innovateurs s’évapore à la fin de la période d’exclusivité commerciale. La version générique rafle ainsi la grande majorité des parts de marché.

«Au Canada, lorsqu’un générique entre dans le marché, vous perdez presque 90 % de vos parts de marché en un an», illustre-t-elle.

Le défi est plus grand pour Knight que pour Paladin, croit l’analyste Douglas Miehm, de RBC Marchés des capitaux. «L’environnement d’affaires est plus concurrentiel pour la conclusion d’entente dans l’industrie pharmaceutique spécialisée que dans les 10 à 15 dernières années de Paladin» comme société indépendante, prévient-il.

L’analyste souligne que l’entreprise en est encore à ses débuts. Il pense qu’elle pourrait enrichir «significativement» ses actionnaires à long terme alors qu’elle reproduit la stratégie de Paladin. Cela pourrait toutefois prendre «un certain temps», nuance-t-il.

Dans l’industrie depuis 25 ans, Mme Sakhia reconnaît qu’il y a plus d’entreprises qui jouent sur le même terrain de jeu, mais ne s’en inquiète pas. «Nous avons fait très bien dans nos marchés pour l’approbation, les remboursements et la tarification», répond-elle.

«Près d’une quinzaine» de lancements de médicament ont récemment été effectués ou sont sur le point de l’être. La société a également les moyens financiers de faire d’autres acquisitions, affirme la dirigeante.

Entreprise dans cette dépêche: (TSX:GUD)

Stéphane Rolland

Stéphane Rolland

Journaliste