Santé

Les risques des boissons énergisantes sur les enfants inquiètent des médecins

«Les jeunes vont désormais voir ces boissons énergisantes promues par les universités et les athlètes qu’ils admirent et qu’ils souhaitent imiter.»

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ARCHIVES - Un joueur de Texas Tech arbore un écusson Monster/Big 12 sur son chandail lors d'un match de football universitaire NCAA contre Sam Houston State, le 26 septembre 2026 à Lubbock, au Texas. (Photo AP/Chase Seabolt, archives) ARCHIVES - Un joueur de Texas Tech arbore un écusson Monster/Big 12 sur son chandail lors d'un match de football universitaire NCAA contre Sam Houston State, le 26 septembre 2026 à Lubbock, au Texas. AP (Chase Seabolt)

Sean et Heidi Cripe n’oublieront jamais l’appel qu’ils ont reçu de l’école secondaire de leur fils, leur annonçant que Davis était emmené aux urgences.

«Il a bu d’un trait une boisson énergisante — juste pour faire le malin», a raconté Sean Cripe, se remémorant cette journée survenue il y a près de dix ans.

Le cœur de l’adolescent s’est rapidement déréglé et il est décédé. Bien que de tels décès soient rares, les médecins de tout le pays alertent depuis des années sur le fait que les boissons énergisantes contiennent des taux élevés de caféine pouvant nuire gravement aux enfants, provoquant des troubles, tels que des battements cardiaques anormaux, une accélération du rythme cardiaque, des troubles du sommeil, une déshydratation, de l’agitation, de l’hypertension artérielle et des convulsions.

Une coalition de médecins récemment formée met en avant ces risques à la suite d’un accord de parrainage conclu entre Monster Energy et la Big 12 Conference, une organisation sportive universitaire. Le groupe a demandé aux dirigeants de la conférence de suspendre ce parrainage et à la NCAA de réexaminer la mise en marché des boissons énergisantes auprès des jeunes en général, en citant les décès de 3 enfants, dont Davis, un adolescent de 16 ans originaire de Caroline du Sud.

Projet de loi pour interdire les boissons énergisantes aux moins de 16 ans La ministre de la Santé, Sonia Bélanger, a présenté un projet de loi pour interdire les boissons énergisantes aux moins de 16 ans.

Les médecins soulignent qu’ils ne s’inquiètent pas uniquement au sujet de Monster, mais de toutes les boissons énergisantes et de tout partenariat similaire.

«Les jeunes vont désormais voir ces boissons énergisantes promues par les universités et les athlètes qu’ils admirent et qu’ils souhaitent imiter, a expliqué le Dr Matthew Nelson, un cardiologue de l’Idaho impliqué dans cette initiative. Ils vont les considérer comme des boissons pour sportifs, ce qu’elles ne sont pas.»

Divers groupes médicaux, dont l’Académie américaine de pédiatrie, affirment que les enfants et les adolescents devraient éviter complètement les boissons énergisantes. Pourtant, beaucoup ne le font pas. Selon les derniers résultats de l’enquête «Monitoring the Future», financée par le gouvernement fédéral et menée par l’université du Michigan, 23% des élèves de terminale, 20% des élèves de seconde et 18% des élèves de quatrième ont déclaré consommer quotidiennement des boissons énergisantes.

Selon le produit, la teneur en caféine peut varier de 80 à 300 mg par portion. À titre de comparaison, une tasse de café classique de 8 onces contient environ 80 à 100 mg, et certains sodas en contiennent 50 mg ou moins. De manière générale, l’Académie de pédiatrie recommande aux enfants âgés de 12 à 18 ans de limiter leur consommation de caféine à 100 mg par jour. Il est déconseillé aux enfants plus jeunes de consommer de la caféine.

La caféine et d’autres stimulants augmentent la fréquence cardiaque et la réactivité du système nerveux – en somme, «la vitesse à laquelle les processus se déroulent dans l’organisme, ce qui peut entraîner une surcharge du système», a expliqué la Dre Tamara Hannon, pédiatre dans l’Indiana et présidente du comité de nutrition de l’Académie.

Elle a comparé ce phénomène au fait de faire fonctionner un mixeur jusqu’à ce que le moteur surchauffe.

«La même chose peut se produire lorsque l’on administre des stimulants à des personnes, a-t-elle dit. Le cœur peut s’épuiser, le système nerveux peut se dérégler et cela peut avoir des conséquences très graves.»

Si ces risques cardiovasculaires sont bien réels, les experts de la Harvard Medical School affirment qu’il n’existe aucune preuve scientifiquement valable étayant la croyance répandue selon laquelle la caféine pourrait freiner la croissance d’une personne.