Politique

Le corps médical appuie l'interdiction de boissons énergisantes aux jeunes

«Une telle limitation enverrait un message clair au reste de la population que la consommation de ces boissons doit être réfléchie.»

Mis à jour le 

Publié le 

«Il est temps qu’on adopte le projet de loi Zachary Miron» : QS presse Québec d’encadrer la vente de boissons énergisantes Québec solidaire demande à la CAQ de prendre des mesures concrètes pour encadrer la vente et la distribution de boissons énergisantes chez les moins de 16 ans.

Après les organisations sportives, le milieu scolaire et l’Ordre des pharmaciens du Québec, voilà que le corps médical se joint au Mouvement Zachary Miron, qui vise à interdire la vente de boissons énergisantes aux mineurs. 

Dans un communiqué diffusé jeudi, la Fédération des médecins spécialistes du Québec, l’Association québécoise des médecins du sport et de l’exercice (AQMSE), l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ), l’Ordre des hygiénistes dentaires (OHDQ) et la Fédération médicale étudiante du Québec se sont dits en faveur d’une loi qui interdirait la vente de boissons énergisantes aux moins de 18 ans. 

Zachary Miron est décédé en 2024 à l’âge de 15 ans alors qu’il était en ski avec sa classe. Il a subi une arythmie ayant entraîné sa mort, causée par l’interférence entre la boisson Red Bull qu’il avait bue et son médicament pour le TDAH. 

Les parents de Zachary, David Miron et Veronica Martinez, veulent empêcher qu’un autre décès ne survienne. Ils mènent un combat pour faire interdire la vente de ces boissons aux moins de 18 ans, et même aux moins de 16 ans. Leur pétition déposée à l’Assemblée nationale par le député Guillaume Cliche-Rivard, de Québec solidaire, a récolté quelque 35 000 signatures. 

Les parlementaires ont par ailleurs adopté à l’unanimité une motion demandant à l’Assemblée nationale de reconnaître les risques potentiels pour la santé des boissons énergisantes. La motion demande également de «prendre des mesures concrètes rapidement afin de mieux protéger les jeunes de moins de 16 ans, notamment en encadrant la vente et la distribution de boissons énergisantes».

«Il nous apparaît essentiel d’appuyer le large consensus social qui se dessine afin de demander un encadrement législatif concret permettant d’empêcher leur consommation aux mineurs. En outre, une telle limitation enverrait un message clair au reste de la population que la consommation de ces boissons doit être réfléchie», a commenté dans un communiqué Luc Mathieu, président de l’OIIQ. 

Terminées, les boissons énergisantes dans les succursales Jean Coutu de Jonquière Les succursales Jean Coutu de Jonquière prennent la balle au bond en retirant elles aussi les boissons énergisantes de leurs tablettes. La décision est effective depuis ce lundi 11 mai, alors que depuis plusieurs mois déjà, on assiste à une véritable levée de boucliers contre l'accès trop facile aux boissons énergisantes pour les jeunes.

Le Dr Luc De Garie, président de l’AQMSE, a rappelé que son association réclame depuis 2019 un meilleur encadrement des boissons énergisantes. «Les données et les observations sur le terrain continuent de démontrer des risques réels, particulièrement lorsqu’elles sont consommées dans un contexte d’activité physique ou combinées à l’alcool, sans oublier leurs effets préoccupants sur la santé et le développement des jeunes», écrit-il. 

Le président de l’OHDQJean-François Lortie, a réitéré que ces breuvages sont contre-indiqués avec la prise de certains médicaments, mais ils sont également nocifs pour les dents parce qu’ils sont «très acides et la plupart contiennent beaucoup de sucre».  

La ministre de la Santé, Sonia Bélanger, s’est montrée à l’écoute des préoccupations qui ont été partagées sur les enjeux des boissons énergisantes chez les jeunes. Pour l’instant, il n’y a pas de projet de loi qui a été déposé. 

Dans une déclaration écrite, M. Cliche-Rivard s’est réjoui de voir les appuis au Mouvement Zachary Miron s’accumuler. «Le gouvernement n’a plus le choix d’écouter le consensus, dit-il. Il faut légiférer dès maintenant pour protéger les moins de 16 ans. Protéger la santé des jeunes, ce n’est pas compliqué: ça prend du courage politique et j’ai espoir qu’on peut se mettre tous ensemble pour faire ce pas important.»

Katrine Desautels

Katrine Desautels

Journaliste