Santé

Décès liés au hantavirus sur un navire de croisière: un rappel à la vigilance à l’approche de la saison des chalets

«L’apparition des symptômes peut être rapide, et le décès peut survenir en 24 à 36 heures.»

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Vue du navire de croisière « Hondius » amarré dans un port de Praia, au Cap-Vert, le lundi 4 mai 2026. Vue du navire de croisière « Hondius » amarré dans un port de Praia, au Cap-Vert, le lundi 4 mai 2026. (Arilson Almeida)

Alors que le drame se poursuit à bord d’un bateau de croisière confronté à une épidémie présumée de hantavirus, un expert canadien estime qu’une meilleure sensibilisation du public à ce virus est une bonne chose, même si le risque au Canada est très faible.

«J’encourage les gens à s’informer davantage sur ce virus, car il est présent et constitue une menace latente», a lancé David Safronetz, chef de l’unité des agents pathogènes spéciaux à l’Agence de la santé publique du Canada à Winnipeg.

Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.

Selon M. Safronetz, la première chose à comprendre est qu’il n’existe pas un seul hantavirus. Les hantavirus constituent une grande famille de virus apparentés pouvant provoquer deux maladies différentes chez l’homme: l’une touchant principalement les reins, que l’on trouve surtout en Europe et en Asie, et l’autre, présente surtout sur le continent américain, qui attaque les poumons.

«Elle est très mortelle», a-t-il dit à propos de la maladie pulmonaire. «Jusqu’à 40% des personnes infectées finissent par succomber à l’infection.»

David Safronetz est chef de l'unité des agents pathogènes spéciaux à l'Agence de la santé publique du Canada. (Faculté des sciences de l'Université du Manitoba) David Safronetz est chef de l'unité des agents pathogènes spéciaux à l'Agence de la santé publique du Canada. (Faculté des sciences de l'Université du Manitoba)

Connue sous le nom de syndrome pulmonaire à hantavirus, la maladie commence souvent par de la fièvre et des douleurs musculaires avant d’évoluer vers un essoufflement, une toux sèche et une accélération du rythme cardiaque

Trois personnes sont décédées et au moins trois autres sont tombées malades à bord du MV Hondius, un navire de croisière d’expédition battant pavillon néerlandais actuellement ancré au large de Praia, la capitale du Cap-Vert. Le navire a quitté Ushuaia, en Argentine, il y a plus d’un mois et a fait escale en Antarctique avant de mettre le cap vers le nord pour traverser l’Atlantique.

M. Safronetz explique que les regroupements de cas de hantavirus ne sont pas rares et surviennent plus fréquemment dans des régions comme l’Amérique du Sud, où de nombreux rongeurs vivent à proximité immédiate des humains.

Il précise qu’on ne sait pas encore clairement comment le virus s’est introduit à bord du Hondius.

«D’une manière ou d’une autre, le virus a été introduit à bord du navire de croisière», a-t-il dit, précisant qu’il pourrait s’agir d’une personne infectée avant l’embarquement qui l’aurait transmis à d’autres passagers, ou que des rongeurs auraient pu contaminer une source de nourriture.

«Le bateau de croisière lui-même étant un navire fermé, avec des espaces confinés, cela permet vraiment au virus de se transmettre un peu plus efficacement.»

—  David Safronetz, chef de l’unité des agents pathogènes spéciaux à l’Agence de la santé publique du Canada à Winnipeg

Il précise que les seuls hantavirus connus pour se transmettre d’humain à humain proviennent d’Amérique du Sud – plus précisément d’Argentine, d’où le paquebot a pris la mer.

«C’est ce qui rend cette épidémie un peu plus préoccupante, en raison de la possibilité qu’il s’agisse de l’une de ces souches de hantavirus», a rapporté M. Safronetz.

Selon lui, il n’existe aucun traitement ni vaccin spécifique contre cette maladie, ce qui rend le dépistage précoce essentiel.

«Une identification précoce et l’accès à des établissements médicaux appropriés sont vraiment essentiels», a-t-il prévenu.

Le virus se propage principalement par contact avec les excréments de rongeurs. Dans de rares cas, il peut se transmettre d’une personne à l’autre, mais les experts précisent que cela nécessite un contact extrêmement étroit. Il présente également une longue période d’incubation.

«Il peut s’écouler jusqu’à trois semaines avant qu’une personne infectée ne se rende compte qu’elle l’est», a mentionné l’expert. «À ce stade, elle pourrait théoriquement être contagieuse pour les autres.»

Et une fois les symptômes apparus, la maladie peut évoluer rapidement.

«L’apparition des symptômes peut être rapide, et le décès peut survenir en 24 à 36 heures. Il est donc crucial de consulter rapidement un médecin.»

—  David Safronetz, chef de l’unité des agents pathogènes spéciaux à l’Agence de la santé publique du Canada à Winnipeg

Le hantavirus a fait la une des journaux l’année dernière lorsque Betsy Arakawa, l’épouse de l’acteur Gene Hackman, est décédée des suites de l’infection.

Au Canada, les cas sont rares. Selon le Centre national de collaboration pour les maladies infectieuses, quatre à cinq nouveaux cas de hantavirus sont signalés en moyenne chaque année, la plupart dans les zones rurales des provinces de l’Ouest.

Une épidémie présumée d'hantavirus mortel entraîne la mise en quarantaine d'un bateau de croisière. Une épidémie présumée d'hantavirus mortel entraîne la mise en quarantaine d'un bateau de croisière.

En revanche, M. Safronetz précise que l’Europe et l’Asie enregistrent des dizaines de milliers de cas chaque année, bien que les cas touchant les reins ne soient pas aussi mortels.

Avec l’arrivée du printemps, M. Safronetz recommande aux Canadiens de prendre des précautions face aux rongeurs, en particulier lors de la réouverture des propriétés saisonnières.

«Surtout à cette période de l’année au Canada, lorsque vous ouvrez des bâtiments saisonniers comme des chalets, des maisons de campagne et des remises qui n’ont pas été occupés pendant l’hiver», a-t-il indiqué. «Les souris adorent s’introduire dans ces endroits, s’y reproduire et y rester jusqu’au retour des humains. Cela met les gens en danger.»