L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait état mardi de deux cas confirmés d’hantavirus et de cinq autres suspectés en lien avec le foyer qui a déjà fait trois morts sur un bateau de croisière néerlandais bloqué au Cap-Vert, dans l’Atlantique.
Ce navire, le MV Hondius, reliait Ushuaïa, en Argentine, à l’archipel du Cap-Vert, et n’a plus que 147 personnes à bord, selon le bulletin d’information de l’OMS.
«Compte tenu de la durée de la période d’incubation du hantavirus, qui peut varier entre une et six semaines, nous supposons qu’ils ont été infectés en dehors du navire», et «nous pensons qu’il pourrait y avoir une transmission interhumaine parmi les personnes en contact très étroit», a déclaré aux journalistes Maria Van Kerkhove, directrice par intérim du département de prévention et préparation aux épidémies et pandémies de l’OMS.
Le bateau ne sait toujours pas où accoster: refusé au port de Praia, la capitale du Cap-Vert, il pourrait se diriger vers l’archipel espagnol des Canaries, selon le croisiériste Oceanwide Expeditions.
L’OMS indique avoir été informée samedi que des passagers atteints d’une affection respiratoire grave se trouvaient à bord.
«Au 4 mai 2026, sept cas [deux cas confirmés en laboratoire d’hantavirus et cinq cas suspectés] ont été identifiés, dont trois décès, un patient dans un état critique [actuellement en soins intensifs à Johannesburg, en Afrique du Sud] et trois personnes», qui sont à bord, a détaillé l’OMS.
Le premier cas suspecté est celui d’un Néerlandais de 70 ans qui le 6 avril «a présenté des symptômes de fièvre, de maux de tête et de diarrhée légère à bord du navire», expliqué l’OMS. Le 11 avril, son état s’est aggravé et il est décédé le même jour. Aucun test microbiologique n’a été effectué.
L’opérateur du navire, Oceanwide Expeditions, a expliqué que son corps avait été débarqué sur l’île de Sainte-Hélène (Royaume-Uni) le 24 avril, accompagné par son épouse, âgée 69 ans, décédée depuis.
Cette Néerlandaise présentait «des symptômes gastro-intestinaux» et elle a rembarqué le lendemain par avion pour Johannesburg où elle a été hospitalisée avant son décès le 26 avril, a indiqué l’OMS.
Ce n’est que lundi que son infection à l’hantavirus a pu être confirmée.
Auparavant, un premier cas confirmé d’hantavirus, maladie généralement transmise à l’homme par les rongeurs, avait été attesté chez un passager britannique, également débarqué et placé en soins intensifs à Johannesburg.
«Des recherches ont été lancées pour retrouver les passagers» du vol Sainte-Hélène-Johannesburg emprunté par la Néerlandaise malade, a ajouté l’OMS.
Sur le bateau, des équipes médicales sont venues à bord pour examiner les personnes malades.
Les îles de Las Palmas et de Tenerife, dans l’archipel espagnol des Canaries, sont «envisagées» pour débarquer les passagers, a indiqué le croisiériste néerlandais Oceanwide Expeditions dans un communiqué lundi, précisant que «des mesures de précaution strictes» et d’«isolement» sont appliquées.
