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Comment distinguer burn-out, anxiété et dépression en 2026

Environ un adulte sur 10 reçoit un diagnostic de trouble mental chaque année au Québec.

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Parler de santé mentale: comment surmonter le malaise Entrevue avec la psychologue Violaine Dasseville: comment surmonter le malaise de parler de santé mentale.

L’anxiété, l’épuisement (burn-out) ou la dépression font peut-être partie de votre réalité ou de celle d’un proche, alors que selon des données du gouvernement du Québec, environ un adulte sur 10 reçoit un diagnostic de trouble mental chaque année au Québec.

Dans le cadre de Bell Cause pour la cause 2026, Noovo Info a rencontré la psychologue Violaine Dasseville afin d’en savoir un peu plus sur ces maladies mentales et leurs effets.

Le burn-out

Si dans le langage commun on parle de burn-out ou d’épuisement, dans le jargon médical il est plutôt question de «trouble d’adaptation».

Selon la psychologue et thérapeute spécialisée en arts Violaine Dasseville, les symptômes du trouble d’adaptation incluent notamment l’irritabilité et une difficulté à se concentrer.

«On a l’impression qu’on perd un peu ses moyens face à la tâche et c’est souvent lié au travail», a expliqué à Noovo Info Mme Dasseville en précisant que le trouble d’adaptation peut aussi être lié une ambiance familiale «très demandante» ou à une relation amoureuse «extrêmement difficile», par exemple.

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«C’est un syndrome d’épuisement général. La personne ne se reconnait plus, se sent fatiguée tout le temps, ne se sent plus motivée», a souligné Violaine Dasseville précisant que le tout pouvait s’accompagner d’anxiété et d’humeur dépressive.

«En général l’épuisement est lié à une situation et lorsqu’on retire la personne de cette situation, après un mois, deux mois, la personne va beaucoup mieux», a déclaré la psychologue.

La dépression

L’état de dépression pour sa part touche toutes les sphères de la vie de la personne qui en souffre que ce soit la vie familiale, le travail, la vie personnelle, les loisirs, etc.

«C’est beaucoup plus étendu [que l’épuisement]. On peut mettre la personne en vacances, mais la personne va se retrouver en vacances à Cancún sur une plage et se dire “c’est terrible, c’est merveilleux, tout est beau, mais je n’arrive pas à le vivre. Je ne suis pas là”», a imagé Mme Dasseville.

La psychologue Violaine Dasseville en entrevue avec Noovo Info, mardi 20 janvier 2026.
Violaine Dasseville, psychologue La psychologue Violaine Dasseville en entrevue avec Noovo Info, mardi 20 janvier 2026. (Noovo Info)

La dépression peut avoir comme symptômes une perte de poids, une humeur triste et un sentiment d’avenir «bouché» qui perdure dans le temps.

Troubles anxieux

Les troubles anxieux surgissent de leur côté lorsqu’une personne se retrouve dans une ou des situations qui génèrent de l’anxiété pour «toutes sortes de raisons».

«Il y a beaucoup de catégories dans les troubles anxieux. Il y a ceux tournés vers l’angoisse de l’avenir où on a toujours l’impression que quelque chose de grave va arriver, on peut avoir un trouble anxieux de performance, donc on a l’impression d’être un imposteur ou de ne pas être à la hauteur de la tâche, on peut avoir de l’anxiété liée aux relations, etc.», a énuméré la psychologue.

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Mme Dasseville précise que l’anxiété de base est nécessaire dans la vie et c’est lorsqu’elle prend toute la place qu’il faut agir.

«Si on n’est pas un peu anxieux du tout, on ne se mobilise pour rien. Avoir un peu d’anxiété c’est correct. Mais, avoir une anxiété qui impacte la capacité de travail, la capacité d’être parent ou la capacité d’être en relation, là ça devient un peu plus problématique», a expliqué Mme Dasseville.

L’importance de bien fonctionner

Si être fatigué par la routine familiale ou le travail peut paraître normal – comme vivre un certain niveau d’anxiété – il faut rester à l’écoute de son corps et de ses émotions, selon Mme Dasseville afin de repérer le moment où il est important de consulter.

La psychologue estime qu’il faut avoir en tête sa capacité à fonctionner dans le quotidien et son niveau de souffrance – des critères qui peuvent être séparés ou conjoints.

«Il y a des gens qui se poussent dans la vie, qui sont très courageux et qui souffrent, et qui souffrent, et qui souffrent, et ça serait peut-être bien de se dire que souffrir tout le temps comme ça, ce n’est pas normal et qu’il faudrait peut-être consulter, comme le fait de ne plus être capable de fonctionner alors qu’on fonctionnait avant, ça aussi c’est un bon critère pour dire «peut-être que je devrais aller chercher un peu d’aide»», a-t-elle partagé.

Besoin d’aide?

Savoir être l’écoute

Bien que le sujet de la santé mentale soit de moins en moins tabou, il peut parfois être difficile d’aborder le sujet avec un proche.

Toutefois, de tendre la main, et surtout l’oreille, peut être bénéfique pour les personnes souffrant de burn-out, d’anxiété ou de dépression, entre autres.

Bien que ce soit du cas par cas, Mme Dasseville croit qu’il est important de nommer ce que l’on observe lorsque l’attitude ou le comportement d’un proche, qui nous fait confiance, change de façon importante.

«Tu aimais jouer au hockey avec tes amis je ne te vois plus faire ça, tu as l’air plus tristounet, etc. C’est important d’être un petit peu un miroir bienveillant, qui nomme quelque chose qui est observé parce que parfois les gens ne se rendent pas compte qu’ils sont sur une pente descendante et qu’ils ne vont pas bien», a-t-elle dit.

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Mais attention, il ne faut pas être envahissant.

«Il y a des gens qui ne supportent pas de se faire dire quoi que ce soit. Il faut avoir cette sensibilité. Nommer quelque chose c’est pour que ça serve. Si on sait que ça ne servira pas, vaut mieux ne rien dire», a estimé la psychologue.

Mme Dasseville souligne qu’une approche «jugeante» ou «dans les reproches» est à proscrire lorsqu’il est question de santé mentale.

Violaine Dasseville invite les gens qui souffriraient de problème de santé mentale comme l’anxiété, la dépression ou l’épuisement à ne pas hésiter à consulter s’ils en ressentent le besoin.

«C’est une façon de ne pas perdre des années et des années à être mal», a-t-elle souligné en précisant que dans certains cas, la médication peut s’avérer nécessaire.

Santé mentale et boulot

Selon un nouveau rapport de la Sun Life, la génération Z du Canada – soit les personnes nées après 1995 et avant 2010, donc âgées de moins de 30 ans – fait face notamment à des défis de santé mentale plus importants.

«Les enjeux de santé de cette génération, qui dominera la main-d’œuvre canadienne d’ici 2030, se répercutent sur tous les milieux de travail et toutes les collectivités.»

—  Extrait d’un rapport de la Sun Life

Le rapport de la Sun Life dévoile donc, entre autres, que plus de 50% des demandes de règlement invalidité de longue durée de la génération Z sont liées à des troubles mentaux, par rapport à 40% pour l’ensemble des participants et participantes.

Selon la vice-présidente principale de Sun Life Santé, Marie-Chantal Côté, il est essentiel à l’heure actuelle d’appuyer la génération Z pour bâtir des entreprises résilientes.

«Cette génération est composée de gens qui sont devenus ou deviennent des adultes dans un monde façonné par l’incertitude économique, l’écoanxiété et la surcharge numérique. Il est évident qu’ils ont besoin de plus qu’un simple chèque de paie», a commenté Mme Côté en invitant les dirigeants d’entreprises à bien expliquer à leurs employés les ressources existantes au sein de leur milieu travail – notamment par leur régime collectif – afin de leur venir en aide.

Bell Cause pour la cause

Mercredi marque la 16e Journée Bell Cause pour la cause, une journée dédiée à la sensibilisation, l’ouverture et l’action en matière de santé mentale. Le tout se déroule sous le thème «Prenons un moment pour la santé mentale».

Dossier spécial Noovo Info | Bell Cause

Dans ses efforts d’investissement avec Bell Cause pour la cause, Bell a d’ailleurs annoncé dans les derniers mois qu’elle fait un don de 10M$ en 2026 à des initiatives canadiennes en santé mentale.

Les investissements totaux dans Bell Cause pour la cause s’élèveront ainsi à 194 M$ depuis 2010.

Visitez le site Web Bell.ca/cause pour télécharger la trousse et les guides de conversation de Bell Cause pour la cause. Partagez également vos propres actions sur les réseaux sociaux en utilisant le mot-clic #BellCause.

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