Les promesses électorales du PQ

Le Parti québécois promet 450 millions $ de plus en agriculture sur quatre ans

«Le ministère de l’Agriculture sera un ministère très important, majeur, (...) qui reconnaîtra enfin l’apport économique de nos producteurs.»

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Élections Québec 2026, jour 15: l’agriculture et le TGV au menu des chefs de parti Le thème de l’agriculture a occupé une bonne partie du début de la troisième semaine de la campagne électorale québécoise. Les chefs de parti ont passé tour à tour devant le conseil général de l’Union des producteurs agricoles (UPA), notamment pour exprimer leur position sur le projet de train à grande vitesse (TGV).

Un gouvernement du Parti québécois (PQ) investirait 450 millions $ de plus en agriculture sur quatre ans.

C’est ce qu’a annoncé jeudi le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon en point de presse à la ferme Valpierre, à Manseau, dans le Centre-du-Québec.

«Le ministère de l’Agriculture sera un ministère très important, majeur, (...) qui reconnaîtra enfin l’apport économique de nos producteurs», a-t-il déclaré.

M. St-Pierre Plamondon a dit vouloir agir sur cinq priorités:

  • protéger le territoire agricole;
  • aider la relève agricole;
  • stimuler la souveraineté alimentaire du Québec;
  • augmenter le revenu agricole;
  • réduire le fardeau administratif et réglementaire des entreprises. 

Il imposerait notamment aux institutions publiques une cible de 75 % d’approvisionnement en produits québécois.

Et il protégerait le territoire agricole, notamment en retirant le Québec du projet de train à grande vitesse (TGV) mené par la société fédérale Alto.

Tel qu’il est conçu, ce TGV permettrait de relier Montréal et Toronto en trois heures ainsi que Montréal et Ottawa en moins d’une heure.

Il relierait Québec, Trois-Rivières, Laval, Montréal, Ottawa, Peterborough et Toronto. Le coût estimé de la construction puis de l’entretien pendant 40 ans est de 150 milliards $.

Le chef du PQ a rencontré l’Union des producteurs agricoles (UPA) jeudi après-midi à Longueuil. Il était en terrain ami, l’UPA étant farouchement contre le projet de TGV.

L’organisation estime que le TGV représente une menace directe à l’intégrité du territoire agricole, à la sécurité alimentaire et à l’avenir des fermes.

«Du point de vue de l’agriculture, c’est inacceptable», a acquiescé M. St-Pierre Plamondon.

«Et du point de vue de l’utilisation judicieuse des fonds publics, le 150 milliards $ peut être utilisé pour des projets beaucoup plus urgents au Québec», a-t-il insisté.

Selon lui, les écoles, les hôpitaux et les routes au Québec «tombent en ruine».

Immigration: une proposition «dangereuse»?

Jeudi, M. St-Pierre Plamondon a également répliqué au chef libéral Charles Milliard, qui, la veille, l’accusait de faire des propositions «dangereuses» en immigration.

Rappelons que le PQ souhaite ramener le seuil d’immigration permanente à 35 000 et couper de moitié le nombre d’immigrants temporaires sur le territoire.

Il miserait par ailleurs sur l’automatisation et la robotisation.

Or, depuis le début de la campagne, M. St-Pierre Plamondon a dû s’expliquer plusieurs fois sur le sujet, particulièrement en région, où les besoins de main-d’oeuvre sont criants.

Il rejette les accusations de «Québec solidaire, du Parti libéral et de la Coalition avenir Québec», qui «tiennent tous un discours alarmiste par rapport au PQ», selon lui.

Le plan du PQ en immigration est «parfaitement raisonnable», a-t-il plaidé, se disant sensible aux demandes des régions.

«On a d’ailleurs souvent mentionné qu’en agriculture, on ferait attention, parce qu’on sait que la transition vers l’automatisation (...) ne peut pas se faire du jour au lendemain», a-t-il dit.

Rassembler et convaincre les indécis

Pour la première fois de la campagne, Paul St-Pierre Plamondon a lancé un appel aux indécis dans l’espoir de gonfler ses appuis.

Il est revenu sur sa déclaration de la veille, à l’effet qu’il souhaite «faire plus que le résultat en ce moment dans les sondages».

Selon le plus récent Léger, le PQ récolterait 29 % des appuis, ce qui le placerait en eaux minoritaires. Environ 40 % des électeurs seraient encore indécis.

L’appui à la souveraineté, lui, stagne depuis des années autour de 30 %.

Il y a quelques jours, M. St-Pierre Plamondon avait dit espérer avoir «les coudées franches» au lendemain des élections. Il a précisé sa pensée jeudi.

«Pour être honnête, je me suis peut-être mal exprimé quand j’ai utilisé l’expression “les coudées franches”», a-t-il confié en point de presse.

«Ce que je voulais dire, c’est que j’aimerais pouvoir démontrer qu’en politique, on peut prendre des promesses réfléchies et toutes les tenir.

«On a bien travaillé, il n’y a rien qu’on sort sur un coin de table et un gouvernement majoritaire permet cela.

«Pour ça, il faut que le PQ rassemble et convainque des indécis de se joindre à l’équipe du changement», a-t-il expliqué.

Caroline Plante

Caroline Plante

Journaliste