Les promesses électorales du PQ

Le Parti québécois n’a pas d’exigences supplémentaires pour Glencore

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Le Parti québécois s’engage auprès des régions du Québec Le chef du Parti québécois Paul St-Pierre Plamondon a promis d’être au service des régions du Québec, comme l’Abitibi-Témiscamingue, qui ont «été laissées pour compte par la CAQ», selon lui.

Un gouvernement péquiste ne serait pas plus sévère à l’endroit de la multinationale Glencore, propriétaire de la Fonderie Horne à Rouyn-Noranda.

La caravane du Parti québécois (PQ) s’est arrêtée jeudi à Val-d’Or, où le chef Paul St-Pierre Plamondon a énoncé ses engagements pour la région.  

Interrogé en point de presse à savoir s’il forcerait Glencore à atteindre la norme québécoise d’émission d’arsenic, comme il l’avait promis en 2022, il a répondu par la négative.

Son plan, dit-il, est de respecter les ententes actuelles.

«Je ne pense pas que c’est le rôle d’un gouvernement du PQ qui succédera à celui de la CAQ de tout déchirer puis d’amener une instabilité chronique à la région», a-t-il plaidé.

«L’objet d’un gouvernement du PQ, c’est de protéger la population, mais ne pas non plus saboter les choses qui viennent d’être convenues en amenant une autre couche d’instabilité.»

En vertu de l’autorisation ministérielle signée en 2023, la fonderie devait atteindre une cible de 45 ng/m3 d’arsenic en 2024 et de 15 ng/m3 à partir de la fin de 2027.

Le gouvernement caquiste a cependant récemment conclu une entente avec Glencore, acceptant de repousser cette échéance à 2029-2030.

Depuis 2022, la fonderie a fait passer les émissions d’arsenic de 73 à 40,9 ng/m3.

Malgré les améliorations, la concentration d’arsenic dans l’air demeurait, en 2025, 13,6 fois plus élevée que la norme provinciale.

La norme annuelle fixée par le Règlement sur l’assainissement de l’atmosphère est de 3 ng/m3.

«Il faut tendre vers ça, mais dans la mesure de ce que la technologie pour cette usine-là nous permet», a déclaré PSPP, qui promet «un suivi serré» des cibles déjà fixées.

En 2022, le PQ promettait pourtant de forcer la Fonderie Horne à atteindre le seuil de 15 ng/m3 en 2023 et la norme québécoise en 2026.

Le parti excluait complètement une aide de l’État.

Un gouvernement péquiste accorderait-il des subventions à Glencore pour l’aider à atteindre ses cibles? «Je n’ai pas de position là-dessus», a répondu jeudi le chef péquiste. 

Sa candidate dans Rouyn-Noranda-Témiscamingue, l’ancienne mairesse de Rouyn-Noranda Diane Dallaire, est, elle aussi, restée prudente.

«Ce qui va être important, c’est un suivi serré des cibles», a-t-elle soutenu. Elle ne demande plus, comme elle le faisait jadis, qu’un administrateur d’État soit responsable de la qualité de l’air.

Redevances minières: 27 M$ pour l’Abitibi

Autre sujet sensible: les investissements de l’État dans la région. 

En 2025, une étude réalisée par la firme Aviseo concluait qu’à chaque année, l’Abitibi-Témiscamingue verse davantage au gouvernement qu’elle n’en reçoit en retour.

Ce déficit fiscal annuel pourrait atteindre 822 millions $, selon l’analyse. 

Reconnaissant le manque «d’équité», Paul St-Pierre Plamondon a annoncé jeudi son intention de transférer 10 % des redevances minières récoltées par l’État aux régions extractrices.

Pour l’Abitibi-Témiscamingue, cela représenterait un gain annuel de 27 millions $, pour la Côte-Nord, 14 millions $, et pour le Nord-du-Québec, 6 millions $, a-t-il énuméré.

«Ces nouvelles ressources financières permettront à ces régions d’augmenter leurs investissements pour les infrastructures, le logement et (...) les services à la population.»

Il a également promis que son gouvernement déposerait un nouveau régime forestier avant la fin de 2027, et que son conseil des ministres compterait un ministre issu de la région.

Immigration

Martin Lefebvre, préfet au Témiscamingue, a parcouru 250 kilomètres jeudi matin dans l’espoir de s’adresser au chef du PQ. Il n’a eu que quelques minutes avec lui.

Il a tenu à le sensibiliser à l’importance de l’immigration; M. St-Pierre Plamondon lui a soumis que les entreprises de la région pourront aussi «s’automatiser et se robotiser».

Rappelons que le PQ veut réduire les seuils d’immigration permanente à 35 000 nouveaux arrivants par année et couper de moitié l’immigration temporaire. 

Le parti promet de «tenir compte des particularités industrielles de chaque région».

Selon la préfète de la MRC de la Vallée-de-l’Or, Nathalie-Ann Pelchat, le PQ doit «certainement» revoir sa proposition en matière d’immigration.

«Il faut y aller avec la réalité terrain», a-t-elle fait valoir.

Concernant les redevances, Mme Pelchat croit par ailleurs que «ce n’est pas un petit 10 % qui va venir effacer le déficit en infrastructures, en investissements dans notre région».

À cela, M. St-Pierre Plamondon répond: «27 millions $, ça va avoir de l’impact dans la région, croyez-moi!»

Selon l’agrégateur de sondages Qc125, une chaude lutte se dessine en Abitibi-Témiscamingue entre le PQ et la Coalition avenir Québec (CAQ) de Christine Fréchette. 

En 2022, la CAQ avait balayé la région.

Dans un restaurant de Val-d’Or mercredi soir, et encore jeudi matin, M. St-Pierre Plamondon a accusé la CAQ d’avoir ignoré l’Abitibi pendant huit ans.

Caroline Plante

Caroline Plante

Journaliste