Le Parti conservateur du Québec (PCQ) propose la création d’un registre régissant l’admissibilité des gestionnaires publiques à prendre des décisions concernant les dépenses de l’argent des contribuables.
Le RADIER, soit le Registre des administrateurs déclarés inaptes à exercer avec les ressources publiques, serait bâti à l’image du RENA - Registre des entreprises non admissibles aux contrats publics - et vise à rendre imputable les décideurs lorsqu’il est question d’argent public.
«L’imputabilité est une grosse dose de motivation pour bien faire son travail», a indiqué vendredi en point de presse le chef du PCQ, Éric Duhaime.
Selon le parti, le RADIER, qui serait administré par l’Autorité des marchés publics (AMP), permettra d’éviter le gaspillage de l’argent public en luttant, entre autres, contre les dépassements de coûts.
«Il y a presque toujours un dépassement de coûts au Québec. Il y a souvent plusieurs raisons, mais il y a aussi toujours un dénominateur commun: personne n’est vraiment responsable, personne ne subit vraiment les conséquences de ces actes», a fait savoir M. Duhaime.
«Ça suffit de prendre les contribuables pour des citrons que l’on peut presser sans fin.»
— Éric Duhaime, chef du Parti conservateur du Québec
Aux côtés de M. Duhaime, le candidat du PCQ dans Lotbinière-Frontenac Renaud Labrecque a précisé que le RADIÉ concernerait directement les personnes qui administrent l’argent des contribuables comme les députés, les ministres, les sous-ministres, les responsables de cabinet et les fonctionnaires.
«Je parle notamment de situation où des élus, des sous-ministres ou de hauts fonctionnaires auraient volontairement politisé un projet, dissimulé de l’information ou poursuivi une décision alors que les faits démontrent qu’ils connaissaient les fortes probabilités d’échec avec l’argent des contribuables», a-t-il ajouté.
Le PCQ explique que lorsqu’une instance indépendante conclurait, après analyse des faits, qu’une personne a commis une faute suffisamment grave dans l’administration des fonds publics, cette personne pourrait perdre de façon temporaire ou permanente le droit d’exercer une fonction la mettant en relation avec l’argent public.
«Je refuse l’idée qu’il n’y a aucun gras à couper dans l’État sans devoir démanteler les services publics, comme certains le prétendre pour vous faire peur. Mieux gérer, éliminer le gaspillage, exiger l’imputabilité ce n’est pas démanteler l’État, au contraire c’est respecter ceux qui le financent», a lancé M. Labrecque.
