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La victoire est à la portée de la CAQ, croit Fréchette

Christine Fréchette tenait son premier grand rassemblement de la campagne dimanche.

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Fréchette 13 sept La cheffe de la Coalition avenir Québec, Christine Fréchette, lors d'un rassemblement militant à Kingsey Falls le 13 septembre 2026 (Radio-Canada via pool)

«Cette victoire est à notre portée», a lancé la cheffe caquiste Christine Fréchette à ses militants enthousiastes dimanche, faisant miroiter un troisième mandat de la Coalition avenir Québec (CAQ).  

«En 2026, notre nouvelle victoire va ouvrir un nouveau chapitre de cette grande Histoire», a-t-elle également déclaré devant environ 400 sympathisants qui scandaient «Christine!», lors de son premier grand rassemblement de la campagne, à Kingsey Falls, dans la circonscription de Drummond-Bois-Francs (Centre-du-Québec). 

Pas moins de 88 des 127 candidats caquistes de la CAQ étaient présents à ce rassemblement.

Après quelques jours à avoir tenté d’expliquer devant les journalistes quelles étaient ses convictions sur l’avenir du Québec et avoir refusé de dire où elle logeait, Mme Fréchette a justifié abondamment son option autonomiste, qu’elle favorise plutôt que l’indépendance ou le fédéralisme.

«La troisième voie, ce n’est pas un compromis entre les deux vieux partis, a-t-elle argué. Oui, c’est plus ambitieux et plus exigeant, mais ça nous permet d’agir ici et maintenant.»

La CAQ est «la coalition de ceux qui croient que le Québec peut prendre sa place dans le Canada sans jamais renoncer à son identité», a ajouté la cheffe caquiste.

Elle a soutenu que grâce à sa position autonomiste, «on est écouté, on est respecté, on peut négocier d’égal à égal».

L’autonomie politique du Québec repose sur «l’autonomie économique», a-t-elle fait valoir.

«Une économie forte (...), ça augmente notre rapport de force dans le Canada, puis dans le monde. Un Québec économiquement plus faible devient plus vulnérable. Un Québec économique plus fort devient plus libre de ses choix.»

D’ailleurs, dans une rare référence au contexte économique actuel dans son discours de dimanche, Mme Fréchette a affirmé que «ce qu’on a bâti est menacé par la guerre commerciale avec Donald Trump».

Réforme constitutionnelle

Celui qui l’avait précédée sur la scène, son candidat dans Richmond, le constitutionnaliste Guillaume Rousseau, a quant à lui laissé entrevoir l’espoir d’une réforme de la constitution canadienne à l’avantage du Québec - ce qui ne s’est pas tenté depuis les accords du Lac Meech et de Charlottetown en 1990 et en 1992. 

Il a même estimé qu’un jour le fédéral sera ouvert pour une réforme constitutionnelle et pour que le Québec réintègre ainsi la Constitution de 1982 – le rapatriement de la Constitution imposé au Québec, que le gouvernement Levesque avait refusé de signer.

«On est dans le camp du Oui à la réforme constitutionnelle, plus que jamais», a-t-il affirmé, alors que, sous François Legault, la CAQ n’avait jamais osé lancer l’idée d’une ronde de négociations constitutionnelles. 

«Je suis confiant qu’à moyen terme, il y aura une occasion où le Québec pourra faire triompher ses revendications traditionnelles», a-t-il assuré.

Ce discours pourrait à la fois séduire des électeurs péquistes qui ne sont pas prêts à lancer une démarche référendaire vers l’indépendance, mais aussi des libéraux qui avaient mis de côté l’espoir de réformer la fédération que cultivait autrefois leur parti. 

Mme Fréchette ne s’est toutefois pas du tout avancée dans son discours sur une réforme de la constitution ou l’adhésion du Québec à la constitution de 1982. 

Un Québec «viable»

M. Rousseau a aussi fait référence à la controverse où sa cheffe a admis qu’un Québec indépendant serait viable, mais ce serait «difficile», selon le mot qu’elle avait choisi.

«Moi, un Québec qui est seulement viable financièrement, ça ne m’intéresse pas», a-t-il lancé, en disant qu’il préférait un «Québec prospère» dans un «marché commun» canadien. 

Semaine de débats

Après avoir descendu au plus bas dans les sondages au début de l’année 2026, la CAQ de Mme Fréchette a exécuté une remontée mais semble maintenant stagner. Les débats télévisés de cette semaine pourraient influencer le résultat de la campagne. 

Mme Fréchette est censée prendre une pause pour le reste de la journée ainsi que lundi afin de préparer les débats télévisés de TVA mardi soir et de Noovo mercredi soir.

Samedi, la cheffe caquiste avait notamment fait campagne en Estrie, ainsi que dans le Centre-du-Québec.

Patrice Bergeron

Patrice Bergeron

Journaliste