La position de Christine Fréchette sur la souveraineté du Québec s’est invitée dans la campagne électorale au cours des derniers jours, ses adversaires politiques la pressant de clarifier son orientation. La première ministre sortante a à nouveau essuyé une salve de questions à ce sujet vendredi et a affirmé se trouver dans le camp des autonomistes.
«Je suis autonomiste, on est tous autonomistes», a insisté la cheffe de la Coalition avenir Québec (CAQ), refusant de révéler si des indépendantistes se trouvaient ou non au sein de son parti.
DOSSIER | ÉLECTIONS QUÉBEC 2026
«On a des gens qui sont plus de l’école économique et d’autres qui sont plus de l’école nationaliste. Je rassemble ces deux axes», a affirmé Mme Fréchette. «À la Coalition avenir Québec (CAQ), on travaille à défendre et à assurer la prospérité du Québec dans le cadre canadien. On travaille à défendre la culture, à faire rayonner son identité et ses valeurs dans le cadre canadien.»
À savoir si elle voterait «non» à un éventuel référendum, la première ministre sortante s’est contentée de répondre qu’elle travaillait à ce qu’un tel exercice ne se produise pas. «Je travaille à assurer la prospérité du Québec dans le contexte canadien», a-t-elle martelé.
La position de Christine Fréchette sur la question de la souveraineté l’a rattrapée cette semaine. La première ministre sortante a d’ailleurs publié une vidéo sur les réseaux sociaux jeudi où elle s’est défendue d’être souverainiste.
«Je ne vais pas renier le passé. J’ai cheminé. Ce qui est clair, c’est que le Québec est une nation unique, pour qui c’est légitime de se poser ces questions. Ce que je constate, c’est que 70% n’en veulent pas, de démarche référendaire», a-t-elle affirmé dans l’enregistrement.
Démentie par Jean-François Lisée
Christine Fréchette a soutenu dernièrement que du temps où elle était au cabinet du ministre des Relations internationales du gouvernement Marois, «l’essentiel des décisions était analysé sous l’angle: est-ce que cela va aider ou non le référendum»?
Or celui qui était ministre à l’époque, Jean-François Lisée, a tenu à démentir cette affirmation de Mme Fréchette.
«Bien respectueusement, c’est complètement faux», a-t-il écrit sur le réseau X.
«J’étais ministre de la Métropole, des Relations internationales et du Commerce extérieur dans un gouvernement qui ne s’était pas engagé à faire un référendum dans le mandat», a-t-il rappelé.
«Nous étions, elle et moi, des indépendantistes (je le suis toujours — j’espère qu’elle l’est aussi) et nous en faisions état avec nos interlocuteurs étrangers, mais pour l’essentiel nous faisions avancer nos dossiers dans l’intérêt du Québec d’abord», a poursuivi M. Lisée.
Il a souligné qu’il avait des alliés issus de la famille politique libérale et fédéraliste: à la mairie de Montréal, «notre interlocuteur était Denis Coderre avec lequel nous avions d’excellentes relations, et à Ottawa, le ministre John Baird, avec lequel nous avons mené une bataille victorieuse pour garder l’IATA (Association du transport aérien international) à Montréal».
Le référendum s’invite dans la campagne
La question nationale n’a pas été aussi présente dans une campagne électorale québécoise depuis le scrutin de 2014, en raison de l’engagement du chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon de tenir un référendum dans un éventuel premier mandat.
Les adversaires de Mme Fréchette ont critiqué l’absence de réponse claire de sa part jeudi.
«Je trouve ça honteux», a semoncé le chef libéral Charles Milliard. «Si on veut être le joueur au centre de la glace, on ne laisse pas ses convictions au vestiaire.»
«Qu’elle ne soit pas capable de le dire qu’elle est fédéraliste, puisque c’est ce qu’elle est, parce que son parti l’est, c’est quand même étonnant», a pour sa part lancé Ruba Ghazal, de Québec solidaire.
«Moi, au Parti québécois, je ne cache pas mon bilan, je ne cache pas que je suis indépendantiste, et je ne cache pas le nom de mon parti sur mes pancartes», a réagi Paul St-Pierre Plamondon. «Je pense que c’est un enjeu de transparence et d’honnêteté.»
La CAQ s’est toujours réclamée de la troisième voie, ni fédéraliste, ni souverainiste, en se disant plutôt un parti nationaliste qui rassemble à la fois des partisans des deux options.
Mme Fréchette se limite pour sa part à affirmer que ce serait le pire moment pour tenir un référendum sur l’indépendance, mais elle a déjà travaillé dans un cabinet péquiste.
Prothèses auditives
Par ailleurs, la CAQ a dévoilé un engagement vendredi, concernant les personnes malentendantes.
Actuellement, le Programme d’aides auditives couvre en général une seule prothèse par personne et la CAQ s’engage, si elle est reportée au pouvoir, à couvrir deux prothèses par personne admissible.
Le coût de cette mesure s’élèverait à 40 millions $ par an.
Avec de l’information de Patrice Bergeron pour La Presse canadienne
