Sur la souveraineté, «ma position personnelle n’a pas d’importance», a estimé jeudi la cheffe caquiste Christine Fréchette, qui a toutefois tenu à préciser sa pensée sur les réseaux sociaux, sans encore indiquer clairement de quel côté elle penchait.
Selon elle, il n’est pas important que les Québécois connaissant sa position, puisqu’elle s’oppose à un référendum sur la souveraineté.
«Ce n’est pas une donnée pertinente», a-t-elle insisté en conférence de presse en matinée devant une usine de composantes d’acier à Québec. Elle a précisé qu’elle avait renoncé à la souveraineté pendant la pandémie.
«Je ne veux pas renier le passé, j’ai cheminé», a-t-elle par la suite affirmé dans une vidéo filmée dans sa caravane de campagne en après-midi — rappelant ainsi à la fois son passé au Parti québécois, tout en laissant entendre qu’elle n’adhère plus à ces convictions, sans dire ni oui ni non à l’indépendance.
Cependant, elle a insisté sur le fait que son «équipe rassemble des gens qui veulent une voix forte dans le cadre canadien» — ce qui s’apparente à une posture fédéraliste.
La question nationale n’a pas été aussi présente dans une campagne électorale québécoise depuis le scrutin de 2014, en raison de l’engagement du chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon de tenir un référendum dans un éventuel premier mandat.
Les adversaires de Mme Fréchette ont sauté sur l’absence de réponse claire.
«Je trouve ça honteux, a semoncé le chef libéral Charles Milliard. Si on veut être le joueur au centre de la glace, on ne laisse pas ses convictions au vestiaire.»
«Qu’elle ne soit pas capable de le dire qu’elle est fédéraliste, puisque c’est ce qu’elle est, parce que son parti l’est, c’est quand même étonnant», a pour sa part lancé Ruba Ghazal, de Québec solidaire.
La Coalition avenir Québec (CAQ) s’est toujours réclamée de la troisième voie, ni fédéraliste, ni souverainiste, en se disant plutôt un parti nationaliste qui rassemble à la fois des partisans des deux options.
Mme Fréchette se limite pour sa part à affirmer que ce serait le pire moment pour tenir un référendum sur l’indépendance, mais elle a déjà travaillé dans un cabinet péquiste.
Démentie par Jean-François Lisée
Elle soutient que du temps où elle était au cabinet du ministre des Relations internationales du gouvernement Marois, «l’essentiel des décisions était analysé sous l’angle: est-ce que cela va aider ou non le référendum»?
Or celui qui était ministre à l’époque, Jean-François Lisée, a tenu à démentir cette affirmation de Mme Fréchette.
«Bien respectueusement, c’est complètement faux», a-t-il écrit sur le réseau X.
«J’étais ministre de la Métropole, des Relations internationales et du Commerce extérieur dans un gouvernement qui ne s’était pas engagé à faire un référendum dans le mandat», a-t-il rappelé.
«Nous étions, elle et moi, des indépendantistes (je le suis toujours — j’espère qu’elle l’est aussi) et nous en faisions état avec nos interlocuteurs étrangers, mais pour l’essentiel nous faisions avancer nos dossiers dans l’intérêt du Québec d’abord», a poursuivi M. Lisée.
Il a souligné qu’il avait des alliés issus de la famille politique libérale et fédéraliste: à la mairie de Montréal, «notre interlocuteur était Denis Coderre avec lequel nous avions d’excellentes relations, et à Ottawa, le ministre John Baird, avec lequel nous avons mené une bataille victorieuse pour garder l’IATA (Association du transport aérien international) à Montréal».
