🗳️ Élections Québec 2026

La carapace électorale

«J’espère que chaque parti donne un guide explicatif précis sur comment se construire vite une carapace pour faire face à la mitraillette automatique qui tire des commentaires acides sans fin.»

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Chronique Alex Perron | «La carapace électorale» (Montage Noovo Info et image tirée de la banque Envato) Chronique Alex Perron | «La carapace électorale» (Montage Noovo Info et image tirée de la banque Envato) (Montage Noovo Info et Envato)

À moins d’être dans une grotte au fin fond des bois sans aucun contact avec la civilisation, tout le monde sait que, depuis la semaine dernière, nous sommes passés en mode électoral dans notre belle province qui se souvient à géométrie variable.

Terminez la bouffe sur le BBQ pour les candidats, c’est maintenant le temps de jaser avec le monde tout en flippant une bonne louche de sauce à spaghettis sur les des pâtes frettes dans un sous-sol de centre communautaire.

Rien de mieux que de parler des vrais enjeux de société avec un bout de feuille de laurier de coincé entre les deux palettes.

Bien entendu, toute course à la victoire commence par chacun des partis qui présente ses candidats dans chacune des circonscriptions du Québec. Des présentations parfois en grande pompe, d’autres, plus sobres et discrètes.

Mais peu importe le niveau d’exposition, chaque capitaine veut montrer sa gang et faire une bonne première impression. Tous partis confondus, je salue avec un immense respect toutes ces personnes qui décident de se lancer dans l’arène politique.

Parce que oui, ça peut vite ressembler à un match de boxe, sans arbitre ou presque où tous les coups sont pas mal (trop) permis.

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Et comme toujours, on en revient aux damnés réseaux sociaux. Cet outil fort utile, mais qui, trop souvent, vire au cauchemar pour bien des gens qui ont une vie publique.

Honnêtement, à chaque annonce du nom d’un candidat ou d’une candidate, je n’ai lu que du négatif. Ou presque. J’aimerais dire que j’exagère, mais malheureusement non. Même pas l’ombre d’une petite chance d’attendre d’entendre ce que cette personne propose.

On n’a pas le temps pour ça, le jugement sur les réseaux sociaux, il faut que ça arrive vite. Et fort. Pas le temps pour le niaisage et la dentelle.

J’espère que chaque parti donne un guide explicatif précis sur comment se construire vite une carapace pour faire face à la mitraillette automatique qui tire des commentaires acides sans fin. Cette bouillie d’insultes, trop souvent en bas de ceinture, a de quoi décourager même la personne la plus forte.

Je crois sincèrement qu’il faut avoir une envie gigantesque de changer les choses, travailler pour les autres et faire mieux pour sa société pour se lancer en politique. C’est s’exposer aux pires tornades avec seulement une feuille de journal pour se protéger.

Je me demande souvent combien de bons candidats et bonnes candidates on perd parce que les attaques constantes font peur et rebutent.

Parce que personne n’a vraiment envie de travailler à long terme sur l’amélioration d’une société en échange d’un char et d’une barge de bile à flots constants.

Je sais bien que les réseaux sociaux ne sont pas le reflet complet de notre Québec, mais on ne peut plus ignorer cette grogne. Parce qu’elle est propagée par de vrais humains. Même s’ils se cachent sous le nom de Cachou34 ou Vérité101.

On peut être en colère contre notre gouvernement. On peut être en désaccord avec des points de vue. On peut argumenter. On peut ne pas avoir d’affinité avec une personne politique. On peut ne pas croire aux idées d’un parti. On peut ne pas être d’accord avec les propos d’une personne.

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Mais les attaques sur le physique ou la personnalité d’un candidat ou d’une candidate, dans mon livre à moi, ce ne sont pas des arguments.

Je sais que je n’écris rien de nouveau en ce moment, mais je me dis que si on continue de se le rappeler, on va peut-être allumer. Argumentons dans la politesse. Soyons un peu smattes. Écoutons un peu avant de répondre.

En attendant, je souhaite une bonne campagne à chaque personne qui prend le risque de se lancer en politique. Parce que oui, c’est un risque.

Je leur souhaite d’avoir une carapace juste assez rigide pour faire face aux attaques, mais quand même assez molle pour rester à l’écoute des gens.

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