En pleine guerre commerciale entre le Canada et les États-Unis, le ton monte entre le chef libéral Charles Milliard et sa rivale caquiste, Christine Fréchette. Le capitaine des rouges l’accuse d’avoir «menti» en affirmant qu’Ottawa avait «ajusté le tir» sur sa riposte tarifaire après des discussions avec Québec.
Or, Ottawa aurait nié avoir ajusté sa réponse face aux États-Unis dans les derniers jours, selon ce que plusieurs médias ont rapporté lundi en citant des sources fédérales.
«C’est vraiment disgracieux et indigne de la fonction de premier ministre. À ceux qui pensent que Christine Fréchette a le leadership nécessaire pour sortir le Québec de la crise, bien, elle vous a menti. Alors, tirez vos propres conclusions», a tonné le chef libéral en mêlée de presse lundi à Montréal.
«Et à ceux qui pensent que Mark Carney souhaite la réélection de Christine Fréchette, eh bien le gouvernement fédéral aujourd’hui est sorti publiquement pendant une campagne électorale pour la contredire», a renchéri Charles Milliard.
Le chef libéral compte malgré tout participer à une rencontre avec la première ministre et les autres chefs lundi en soirée pour parler de la guerre tarifaire.
«Je veux que les Québécois sentent que, comme futur premier ministre, je veux collaborer avec les autres forces démocratiques. Mais honnêtement, j’ai autant envie d’aller là que de me faire arracher une dent», a-t-il lancé.
Christine Fréchette a convoqué son conseil des ministres lundi à 18 h pour prendre une série de décisions concernant les nouvelles mesures tarifaires du fédéral qui doivent entrer en vigueur à minuit.
Le chef libéral a qualifié cette rencontre de «pièce de théâtre» et accuse sa rivale caquiste de n’avoir rien fait pour préparer les entreprises québécoises à la guerre tarifaire.
Rappelons que les négociations entre le Canada et les États-Unis ont avorté il y a quelques semaines. Le premier ministre canadien, Mark Carney, a ensuite annoncé une riposte canadienne «dollar pour dollar» aux droits de douane américains.
«J’ai envie de me battre pour Bombardier»
Le président américain Donald Trump a menacé lundi de ne plus vendre les produits de l’entreprise canadienne Bombardier aux États-Unis, soutenant qu’ils ne sont «pas assez bons».
Dans une publication sur son réseau social, M. Trump a dit que si Bombardier souhaite continuer de vendre aux États-Unis, l’entreprise devra construire ses produits dans le pays et «arrêter de traiter les États-Unis comme une tirelire».
«Bombardier fait partie de l’histoire économique du Québec et moi, j’ai envie de me battre pour Bombardier, j’ai envie de me battre pour les travailleurs et j’ai envie que ça continue d’être un grand leader mondial», a réagi Charles Milliard, qui a ajouté vouloir s’asseoir avec les dirigeants de l’entreprise.
«Cette agression économique m’enrage!»
La guerre tarifaire avec les États-Unis prend de plus en plus de place dans la campagne électorale québécoise. Dans un message aux Québécois – qui avait des allures d’une adresse à la nation – le capitaine des rouges a dit vouloir faire de cette «agression économique» le point de départ de la «croissance future» du Québec.
Il a appelé à la diversification des marchés, la réduction de la paperasse et à mettre au régime la réglementation de l’État.
«Cette agression économique m’enrage!» a lancé Charles Milliard
«Devant la crise tarifaire, on ne peut pas se permettre de confier les rênes de notre économie à ceux qui, par manque de vision, ont fragilisé le Québec au moment où le vent se levait, ni à ceux qui proposent l’instabilité économique au nom de leur option politique», a-t-il ajouté dans la vidéo diffusée sur les réseaux sociaux lundi.
Le chef libéral affirme qu’«une crise comme celle que nous vivons, ce n’est pas uniquement une épreuve à surmonter, ça doit être un point de départ vers un meilleur futur».
«Le Québec a traversé plusieurs crises économiques dans son histoire. C’est toujours le Parti libéral qui a su protéger les intérêts des Québécois», a soutenu Charles Milliard.
«Le Québec a traversé plusieurs crises économiques dans son histoire. C’est toujours le Parti libéral qui a su protéger les intérêts des Québécois.»
— Déclaration de Charles Milliard, extraite d’un discours enregistré
À la reconquête de Laval
De passage à Laval plus tôt lundi, Charles Milliard a promis de prioriser l’agrandissement et la modernisation de la Cité-de-la-Santé s’il est porté au pouvoir.
«La Cité-de-la-Santé est le seul hôpital de Laval et dessert aujourd’hui plus de 460 000 personnes. Pourtant, alors que la population lavalloise a connu une forte croissance au cours des dernières décennies, la capacité de son hôpital n’a pas suivi au même rythme», affirme le Parti libéral du Québec (PLQ) dans son communiqué.
On indique que cet agrandissement «permettra d’offrir davantage de capacité pour accueillir et hospitaliser les patients, de réduire la pression sur l’urgence et d’améliorer les conditions dans lesquelles les soins sont donnés».
La semaine dernière, le chef libéral a annoncé vouloir mettre sur pied une plateforme de télésanté pour l’ensemble des Québécois.
Les six comtés de Laval sont historiquement très rouges. Or, quatre d’entre eux – Fabre, Laval-des-Rapides, Sainte-Rose, Vimont – ont été gagnés par la Coalition avenir Québec aux dernières élections. Les libéraux espèrent donc reconquérir Laval le 5 octobre prochain..
