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Fréchette accuse PSPP de ne pas parler de référendum

«S’il y en a un qui veut cacher quelque chose, c’est bien M. St-Pierre Plamondon. Il ne nous parle plus de référendum.»

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Christine Fréchette veut créer 25 000 places en garderie Christine Fréchette a annoncé samedi l'engagement de la Coalition avenir Québec d'investir 750 M$ afin de créer 25 000 places à prix réduit dans les services de garde.

La cheffe caquiste Christine Fréchette accuse Paul St-Pierre Plamondon de cacher son engagement de tenir un référendum et tous ses adversaires de ne pas assez parler de la menace de Donald Trump.

En conférence de presse samedi matin à Lorraine, dans la circonscription de Blainville, elle a reproché au chef du Parti québécois (PQ) de ne pas avoir parlé de référendum à son grand rassemblement à Québec vendredi soir, alors qu’il en a pourtant parlé.

«S’il y en a un qui veut cacher quelque chose, c’est bien M. St-Pierre Plamondon, il ne nous parle plus de référendum», a-t-elle déclaré, dans un registre qui a été maintes fois celui des chefs du Parti libéral au cours des dernières décennies.

«Hier (vendredi), il a réuni ses militants. Il n’a pas une seule fois prononcé le mot référendum. Ça, c’est cacher les choses aux Québécois.»

Elle-même issue d’un cabinet péquiste en 2012-2014, la cheffe caquiste a reconnu que le référendum fait pourtant partie clairement du programme du PQ, mais elle dit constater que le mot «consultation» semble plus «pratique» pour les péquistes, «plus soft».

«Je l’ai prononcé des fois, j’utilise consultation populaire, référendum, a riposté M. St-Pierre Plamondon en point de presse à Québec.

«Ça fait des années qu’on fait ça et que je fais ça. Donc, consultation et référendum veut dire exactement la même chose. Je pense qu’il faut respecter l’intelligence des gens et qu’ils comprennent ce que ça veut dire.»

Rappelons que la législation qui encadre les référendums au Québec s’appelle officiellement «Loi sur les consultations populaires». 

Mme Fréchette a assuré qu’elle n’enlève rien à la «validité du processus référendaire», mais qu’il s’agit du pire moment pour en tenir un et que ce n’est pas la volonté des Québécois.

Trump

La cheffe de la CAQ a balayé les accusations de ses adversaires, qui la soupçonnent d’alimenter un climat d’anxiété et de peur en parlant constamment du conflit commercial avec les États-Unis pour mousser sa popularité et son option politique.

Elle considère plutôt que ses rivaux n’en parlent pas assez. 

«J’entends très peu les chefs des autres partis parler des droits de douane de Trump. C’est même étonnant, on est dans une situation de guerre économique avec notre principal partenaire et pour les autres partis, c’est comme si c’était un fait divers.»

D’ailleurs, elle n’a pas manqué d’en reparler dans son 10e jour de campagne samedi.

Mme Fréchette est de nouveau retournée en après-midi dans une résidence pour personnes aînées (RPA), à Blainville, une circonscription que la CAQ souhaite conserver. 

C’était sa troisième visite en RPA et cette fois un arrêt qui n’était pas prévu à l’horaire.

C’est Francine Cassivi qui a vu la caravane de campagne de la cheffe caquiste à l’hôtel voisin et qui a demandé, à la dernière minute, une visite impromptue.

Quelques dizaines de résidants ont réservé un accueil chaleureux à la cheffe de la CAQ dans le hall d’entrée de l’immeuble.

Mme Cassivi votera-t-elle pour Mme Fréchette?

«Bien sûr», a-t-elle répondu.

«Je ne m’en cacherai pas, j’ai déjà été Parti québécois, mais j’ai écouté, j’ai encore écouté, et ce qui m’a rejoint, c’est ce qui se passe avec les États-Unis et Mme Fréchette répond à ce qui se passe», a-t-elle confié aux journalistes.

Dans son allocution, la cheffe de la CAQ a évoqué le nom du président Trump et on a entendu des «oh» et des «ah» dans l’assistance. Une des femmes a même lâché: «Il fait peur, lui!»

Mme Fréchette a renchéri en accusant ses rivaux du PQ et du Parti conservateur du Québec de ne plus vouloir accorder d’aide financière aux entreprises: «ils veulent couper ça complètement», a-t-elle lancé aux aînés.

Robots

En milieu d’après-midi, la leader caquiste a visité une entreprise qui conçoit et assemble des robots à Boisbriand, dans Groulx, la circonscription du ministre des Finances, Eric Girard.

Kinova Robotics vend des bras qui servent à la fois d’outil chirurgical ou encore d’assistant pour les personnes handicapées.

Deux personnes en fauteuil roulant étaient présentes pour démontrer les fonctionnalités de ces robots, dont un des employés de l’entreprise qui travaille à la programmation.  

«Quel est le prochain défi» dans ce domaine de la robotique?, a demandé Mme Fréchette.

 «Le financement», a répondu le travailleur, alors que le ministre des Finances était juste à côté.  

Mme Fréchette a reconnu que c’était bien lancé.

En début de soirée elle a fait un petit crochet pour rencontrer quelques candidats à Joliette, une circonscription qui a été longtemps péquiste mais que la CAQ détient depuis 2022.

Au pub où avait lieu l’activité, elle s’est risquée à remplir des verres de bière en fût, avec un beau col de mousse. 

Dimanche, la caravane caquiste prend une pause. Mme Fréchette est censée se préparer pour la série de débats à venir.

Places en garderie

La Coalition avenir Québec s’est engagée samedi à créer 25 000 places à prix réduit de plus dans les services de garde... sauf que la plupart de ces places ont déjà été annoncées.

Au net, la CAQ annonce seulement 5000 nouvelles places additionnelles par rapport à ses engagements précédents.

Le coût total de cet engagement s’élèverait à 750 millions $ sur quatre ans.

En fait, la CAQ compte 10 000 places déjà annoncées qui sont actuellement en cours de réalisation, et également la conversion en cours de 5000 places non subventionnées en places subventionnées.

Si on enlève ces 15 000 places, il y aura donc en réalité un ajout de 5000 nouvelles places subventionnées, et également, une conversion supplémentaire de 5000 places non subventionnées en places subventionnées, au terme d’un éventuel troisième mandat de la CAQ en 2030.

Considérant que la conversion touche des places déjà existantes, il s’agit donc au bout du compte d’un ajout réel de 5000 nouvelles places.

Sur le cumul de 25 000 places dévoilé samedi, il y aurait 13 500 places en Centres de la petite enfance (CPE). 

Par ailleurs, la CAQ veut résorber la pénurie de main-d’œuvre dans les services de garde éducatifs en offrant à chaque nouvelle diplômée une prime de 10 000 $, à condition qu’elle s’engage à travailler pendant au moins deux ans dans un CPE ou une garderie subventionnée.

Patrice Bergeron

Patrice Bergeron

Journaliste